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February

Direct : la révolte libyenne reprimée dans le sang
Les évènements minute par minute
Les manifestation contre le régime du Colonel Mouammar Kadhafi sont violemment réprimées. Des témoins ont affirmé que l’aviation libyenne a bombardé la foule lundi. La Fédération internationale des Ligues de droits de l’Homme (FIDH) avance un bilan de 300 à 400 morts depuis le début de la contestation, le 17 février. La chaîne d’information Al-Jazira a annoncé plus de 500 victimes ce mardi. La communauté internationale a condamné les violences à l’encontre des manifestants. Plusieurs villes seraient tombées hier aux mains des protestataires, en raison de défections dans l’armée.

19h45 : Suspension de la participation de la Libye aux réunions de la Ligue arabe confirmée par l’organisation panarabe à l’issue d’une réunion convoquée en urgence.

19h15 : Un des trois avions français envoyés en Libye pour rapatrier les ressortissants n’a pas pu atterrir à Tripoli et a été détourné vers Malte.

19h10 : La Libye est suspendue de la ligue arabe, selon Al-jazira

18h50 : Des coups de feux ont retenti à Tripoli après l’allocution du guide libyen, selon Al-Jazira.

18h00 : Mouammar Kadhafi menace de "purger" la Libye maison par maison

17h58 : Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne, annonce que l’UE va suspendre les négociations en cours des accords commerciaux avec la Libye.

17h40 : Il menace les rebelles d’une riposte similaire à Tiananmen et Falloujah.

17h35 : Le leader libyen promet une "nouvelle administration et de nouveaux comités". Il demande "aux jeunes de former des comités de sécurité locale", ne voulant pas des "pourris" et d’une "minorité terroriste qui veut transformer la Libye en émirat". "Le pétrole libyen appartient au peuple", souligne-t-il.

17h25 : "Doivent être condamnés à mort, tous ceux qui touchent à l’unité du pays, ceux qui attaquent l’armée, les islamistes ou les personnes qui ne servent pas les intérêts du pays", ajoute t-il.

17h20 : Le dirigeant libyen lance un appel à ses partisans : "Que ceux qui m’aiment sortent dans les rues". Pour lui, les manifestants ne font qu’imiter ce qui s’est passé dans les autres pays arabes. Il agite la menace d’une guerre civile.

17h12 : "Nous n’avons pas encore utilisé la force", poursuit le chef d’Etat qui demande aux Libyens de ne pas s’en prendre à l’armée.

16h57 : Le guide libyen ne compte pas se retirer "comme l’ont fait d’autres présidents". Il estime que "la révolution est un sacrifice à vie jusqu’à la fin", estimant que lui et ses proches ont "créé ce pays", quitte à "mourir en martyre".

16h52 : Début de l’allocution télévisée de Mouammar Kadhafi.

15h40 : L’ambassadeur de Libye en France affirme qu’il est du côté du "peuple" contre la "machine d’oppression". Une position que partage l’ambassadeur libyen à l’UNESCO.

15h22 : La réunion du Conseil de sécurité des Nations Unis (l’ONU) débute à New-York.

15h10 : 15h10. Mouammar Kadhafi va s’adresser au peuple, selon la télévision libyenne.

14h55 : Selon le président russe, Dimitri Medvedev, les troubles qui ébranlent le monde arabe, risquent de se solder par l’arrivée au pouvoir de "fanatiques" et de provoquer la désintégration de certains de ces Etats "en petits morceaux".

14h40 : Une centaine de personnes manifestent à Paris, près de l’ambassade libyenne.

14h20 : L’Union Européenne discute d’éventuels sanctions à l’égard du régime Libyen, en raison de la violente répression menée contre les manifestations

14h10 : Les pays-Bas annonce l’envoi d’un avion militaire pour évacuer leurs ressortisants.

14h00 : L’Allemagne a envoyé un nouvel avion pour rapatrier ses ressortissants.

13h05 : Mouammar Kadhafi ne quittera pas la libye et tentent de dialoguer avec les chefs tribaux pour calmer la situation.

12h35 : La France envoie trois avions à Tripoli pour évacuer ses ressortissants.

12h25 : Les troubles en Libye ébranlent les Bourses asiatiques et européennes.

12h08 : Silvio Berlusconi, le président du Conseil italien, craint une arrivée massive de clandestins.

11h42 : Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan demande à la Libye de ne pas commettre l’erreur d’ignorer les revendications du peuple

11h26 : Selon des témoins, le centre de Tripoli serait bouclé par les forces fidèles au régime. A Tarhouna, deux unités de l’armée se sont ralliées à la révolte, d’après le quotidien d’information britannique, ¨The Guardian.

11h04 : Selon Navi Pillay, la haut commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, "les attaques systématiques contre la population civile pourraient être assimilées à des crimes contre l’humanité".

10h59 : La Tunisie attend le feu vert des autorités de Tripoli pour poursuivre le rapatriement des ses expatriés. Six centsTunisiens, sur 3 600, ont déjà regagné leur pays, faisant état d’actes hostiles envers eux en Libye.

10h38 : L’ONU demande l’ouverture d’une "enquête internationale indépendante" et demande "l’arrêt immédiat des graves violations des droits de l’Homme commises par les autorités libyennes".

10h29 : Les rapatriements continuent. Une centaine d’Italiens se trouvant à Benghazi, la zone la plus touchée par les violences en Libye, vont être prochainement rapatriés par un avion militaire.

10h19 : Les Libyens expatriés s’attaquant aux symboles. Une centaine de personnes ont pénétré de force au consulat de Libye à Dubaï, arrachant et brisant les portraits de Kadhafi et en appelant à la chute du régime. "Il n’y a de Dieu que Dieu, Kadhafi est l’ennemi de Dieu", scandent les manifestants, en majorité de nationalité libyenne.

10h16 : Le prix du pétrole atteint un niveau très élevé : à 100,59 dollars le baril. Il franchit la barre des 100 dollars pour la première fois en deux ans et demi.

10h13 : L’Organisation de la conférence islamique (OCI) condamne l’usage de la force "excessive" par les organes de sécurité et dénonce "une catastrophe humaine contraire aux valeurs de l’islam et de l’humanité".

10h09 : Les pistes de l’aéroport de Benghazi auraient été bombardées et détruites, selon la BBC, citant le ministre égyptien des affaires étrangères.

10h05 : La situation est plutôt calme dans plusieurs quartiers de la capitale, dont Tajoura qui a été le théâtre lundi de violents affrontements, avec des tirs à balles réelles et l’utilisation d’hélicoptères, selon des témoins.

 

 

Répression sanglante en Libye, Kaddafi assure être à Tripoli

Une répression meurtrière s'est abattue sur la Libye, à mesure que la contestation gagnait du terrain. Plusieurs villes, dont Benghazi, sont aux mains des opposants. Mouammar Kaddafi, qui a démenti les rumeurs le disant parti au Venezuela, est-il au crépuscule de son règne ?

Répression sanglante en Libye, Kaddafi assure être à Tripoli
Rien ne va plus en Libye, mais les jeux ne sont pas encore faits pour Mouammar Kaddafi, qui s'est exprimé lors d'une interview surréaliste à la télévision d'Etat libyenne, lundi soir. On attendait un long discours, comme ceux dont il a le secret, mais le « Guide » libyen a juste démenti les rumeurs le disant en fuite. « Je vais voir les jeunes sur la place verte. C'est juste pour prouver que je suis à Tripoli et non au Venezuela et démentir les télévisions, ces chiens », s'est-il contenté d'affirmer, vêtu d'un manteau et s'apprêtant à monter dans une voiture, alors qu'il tenait un parapluie pour se protéger de la pluie, devant sa maison dans la résidence-caserne de Bab Al-Aziziya.

Quelques heures avant, le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, avait passé le même message après avoir parlé à son homologue libyen, Moussa Koussa. Selon lui, Kaddafi se trouvait à Tripoli où il continuait à « exercer ses pouvoirs » et à « faire face à la situation ». Une information qui contredisait celle donnée par le chef de la diplomatie du Royaume-Uni, William Hague, qui avait déclaré plus tôt en marge d'une réunion à Bruxelles que Kaddafi pouvait avoir fui son pays et être en route vers le Venezuela.

Quel que soit le lieu de résidence de Kaddafi, il n'en reste pas moins le pouvoir de Tripoli vacille, comme le démontre l'ampleur de la répression meurtrière qui s'abat sur les manifestants. Une opération a été lancée lundi par les forces de sécurité contre les « saboteurs et (ceux qui sèment) la terreur », faisant de nombreux morts, a indiqué la télévision d'État. Lundi matin, l'organisation Human Rights Watch évoquait un bilan de 233 morts depuis le début de la contestation, mais le bilan s'alourdit d'heure en heure. La Fédération internationale des Ligues de droits de l'Homme (FIDH) a avancé de son côté un bilan de « 300 à 400 morts ».

"Massacre" à Tripoli

La contestation a pris de l'ampleur dimanche en s'étendant à la capitale, où divers lieux du pouvoir, dont des postes de police, ainsi que la « salle du peuple » qui accueille des réunions officielles ou encore le ministère de l'Intérieur ont été incendiés. Des affrontements ont eu lieu lundi dans les quartiers Fachloum et Tajoura, de la banlieue de Tripoli, des témoins parlant de « massacre ». « Des hommes armés tirent sans distinction. Il y a même des femmes qui sont mortes », explique l'un d'eux, tandis qu'un autre affirme que des hélicoptères ont déposé des mercenaires africains armés, qui ont tiré sur tous les passants à Fachoum, faisant de nombreux morts.

Ailleurs dans le pays, plusieurs villes sont tombées aux mains des opposants – comme Benghazi - ou ont sombré dans le chaos, comme Zaouia (à 60 km à l'ouest de Tripoli). « Depuis hier, tous les magasins sont fermés, une maison de Kaddafi a été brûlée, des gens ont volé les voitures de policiers, il y a des braquages sur les routes », explique un Tunisien qui a fui la ville.Le pouvoir se délite

Le pouvoir de Kaddafi est aussi diminué par les défections de plusieurs dirigeants libyens. Le ministre de la Justice Moustapha Abdel Jalil a démissionné « pour protester contre l'usage excessif de la force » contre les manifestants, comme plusieurs diplomates en poste à l'étranger, notamment l'ambassadeur en Inde. Sur la BBC et CNN, l'ambassadeur adjoint de la Libye à l'ONU, Ibrahim Dabbashi Kadhafi, a même accusé Kaddafi d'être coupable de « génocide. (...) Je pense que nous assistons à la fin du colonel Kaddafi, ce n'est qu'une question de jours. Soit il démissionne, soit le peuple libyen se débarrasse de lui », a-t-il estimé.

Autre défection : les pilotes de deux Mirage F1, qui ont atterri à Malte, ont affirmé avoir déserté après avoir reçu l'ordre de tirer sur les manifestants à Benghazi, deuxième ville du pays et centre de la révolte depuis le 15 février. Pis, des chefs de tribus prennent leur distances avec Kaddafi, comme celui de la tribu Al Zouaya, implantée dans l'est du pays, qui a menacé sur la chaîne de télévision panarabe Al Djazira de couper les exportations de pétrole de sa région vers les pays occidentaux dans un délai de 24 heures si les autorités ne mettaient pas fin à « l'oppression ». Sur la même chaîne, Akram al Warfalli, chef de la tribu Al Warfalla, l'une des plus importantes de Libye, a pour sa part, réclamé le départ du pays de Kaddafi, qui « n'est plus un frère ».

Les religieux contre Kaddafi

En outre, de nombreux responsables religieux ont, eux aussi, lâché le « Guide ».Une coalition d'oulémas a décrété qu'il était du « devoir sacré » pour chaque fidèle libyen de se soulever contre un régime autocratique au pouvoir depuis plus de 41 ans, en raison de ses « crimes sanglants contre l'humanité » et de « l'infidélité totale » de ses dirigeants.

Par aillleurs, le très influent théologien qatari d'origine égyptienne cheikh Youssef Al-Qardaoui, véritable mentor des Frères musulmans, a émis lundi une fatwa sur la chaîne Al-Jazira appelant l'armée libyenne à assassiner Mouammar Kaddafi – rien de moins - pour « en débarrasser la Libye ». « Que quiconque de l'armée libyenne peut tirer une balle sur Mouammar Kadhafi pour en débarrasser la Libye, le fasse », a-t-il déclaré, tout en demandant à l'armée libyenne et aux diplomates « de ne pas obéir à celui qui lui ordonne de frapper son propre peuple ». et a appelé les ambassadeurs libyens à se dissocier du régime. Le 29 janvier, Youssef Al-Qardaoui avait appelé le président égyptien Hosni Moubarak à démissionner pour le bien de son pays. Et le 18 février, lors d'un prêche sur la place Tahrir au Caire devant des centaines de milliers d'Égyptiens, le cheikh avait appelé les leaders arabes à ne pas « arrêter l'Histoire » et à engager un « dialogue constructif » avec leur peuple.

Du coup, après avoir brandi dans la nuit de dimanche la menace « d'un bain de sang » et d'un risque de « guerre civile », le fils du leader libyen, Seif al-Islam Kaddafi, a annoncé lundi soir la création d'une commission d'enquête sur les violences, présidée par un juge libyen. Celle-ci, composée d' « organisations libyennes et étrangères de droits de l'Homme » devrait être chargée d' « enquêter sur les circonstances et les événements qui ont provoqué plusieurs victimes », a expliqué la télévision nationale. Pas sûr que ce changement de ton suffise à calmer la fureur des Libyens contre leur (ex ?) « Guide ». (Avec AFP)

source Jeune Afrique
 

 
Mardi 22 Février 2011

 

Introduction des langues nationales dans l’Education : Pourquoi l’expérience a tourné court

L’introduction des langues nationales dans le système éducatif, il y a bientôt six ans, n’a pas connu le succès attendu. C’est l’avis du ministre de l’Education Kalidou Diallo qui accuse les parents d’élèves.

Introduction des langues nationales dans l’Education : Pourquoi l’expérience a tourné court
En 2005, le Sénégal a initié une politique d’expérimentation de l’introduction des langues nationales dans les établissements dans quatre cents classes à travers tout le pays, du Ci au Ce2. Si dans l’ensemble, il y a eu de ‘bons résultats’, notamment au Cfee et à l’entrée en sixième chez les élèves issus de ces classes expérimentales, le fait marquant, d’après Kalidou Diallo, est que ‘beaucoup de parents d’élèves ont retiré leurs enfants dans ces classes en disant que cela va les retarder’. Il s’exprimait à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la langue maternelle, tenue au Centre national de ressources éducationnelles (Cnre). Pourtant, de l’avis du ministre, l’enfant qui commence sa scolarité en langue nationale peut raccourcir son cycle primaire. Pour lui, si les parents n’ont pas adhéré à cette initiative, c’est parce qu’ils n’ont pas été bien ‘sensibilisés’. En tout état de cause, avant la généralisation de l’introduction des langues nationales, il y a de nécessaires modifications à faire. ‘Ce n’est pas simple dans un pays où il y a le multilinguisme d’introduire à la fois toutes les langues. Cela pose un problème de choix des langues à introduire’, reconnaît-il. Le Sénégal est passé de six langues codifiées en 2000 à dix-neuf langues aujourd’hui.

Aux yeux du ministre, l’importance des langues nationales dans le développement n’est plus à démontrer. Il reste, d’après lui, à avoir une ‘planification linguistique consensuelle des langues au Sénégal’. A ce sujet, Kalidou Diallo a demandé aux experts de réfléchir sur les enjeux de la planification au Sénégal, la place des langues menacées de disparition, la place des sources orales dans l’entreprises de planification entre autres.

Quant à la directrice du Breda, Thérèse Ndong Jatta, qui a lu une déclaration de la directrice générale de l’Unesco, elle a fait remarquer que ‘les langues maternelles ont ceci de particulier : elles contiennent les éléments qui permettent de nommer le monde et constituent le prisme par lequel on le comprend’. Sous ce rapport, dira-t-elle, ‘les langues maternelles sont un facteur de développement et un puissant moyen de lutter contre la marginalisation des populations’ et ‘le multilinguisme est une opportunité pour la coopération et le dialogue’. Selon toujours les propos de la directrice générale de l’Unesco rapportés par Thérèse Ndong Jatta, ‘l’apprentissage de plusieurs langues doit être l’éducation pour le vingtième siècle, mais on doit faire un effort dans la traduction pour accéder à la diversité’. Cette année, le thème de la Journée internationale de la langue nationale est ‘les Tic au service de la diversité des langues’. Car, selon la directrice générale de l’Unesco, ‘les Tic ouvrent de nouveaux horizons pour la diversité des langues pour les faire accéder à un public mondial en ce qu’elles sont des sources de savoir et un vecteur de relations sociales’.

M. SARR
source Walfadjri
 

 
Mardi 22 Février 2011

 

L'Egypte demande le gel des avoirs de Moubarak à l'étranger

L'Egypte a demandé le gel des avoirs de l'ex-président Hosni Moubarak et de sa proche famille à l'étranger, a annoncé lundi le procureur général Abdel Méguid Mahmoud.


 
Outre le président qui a démissionné le 11 février, cette requête concerne son épouse Suzanne ainsi que ses deux fils, Alaa et Gamal, et leurs épouses, a déclaré le magistrat dans un communiqué.

L'Egypte avait déjà demandé le gel des avoirs d'anciens ministres ou responsables du régime, mais sans faire de démarche en ce sens pour l'ex-président et sa famille.

M. Moubarak se trouve dans la station égyptienne de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge, depuis son départ du pouvoir, selon le gouvernement.

Son "représentant légal" a "catégoriquement démenti" dimanche auprès de l'agence officielle Mena "les rumeurs infondées" sur sa fortune, qui ont récemment circulé dans plusieurs médias.

Ce représentant a "catégoriquement démenti les informations fausses et mensongères et les rumeurs infondées publiées (. . . ) par certains médias à l'intérieur (du pays) et à l'étranger ces dernières semaines sur le montant de sa fortune ou l'existence d'avoirs ou de toutes propriétés à l'étranger".

source AFP via Jeune Afrique
 

 
Lundi 21 Février 2011

 

 

Moubarak refuse de partir mais délègue des pouvoirs (mis à jour)

Le président égyptien a annoncé qu'il ne partirait pas. Place Tahrir, au Caire, la colère des manifestants explose. Lire la suite l'article

Après dix-sept jours de manifestations en Egypte, Hosni Moubarak ne démissionne pas mais délègue « des » pouvoirs au vice-président récemment nommé, Omar Souleiman. Place Tahrir, au Caire, la colère des manifestants explose : ils crient « il doit partir » et jettent leurs chaussures en l'air.

Pour en savoir plus

Le live vidéo de la chaîne Al-Jazeera (en anglais)

Portrait d'Omar Souleiman, vice-président

Un peu plus tôt dans la journée Ahmed Chafiq, Premier ministre, avait annoncé qu'Hosni Moubarak pourrait démissionner ce jeudi soir, et que la situation serait « bientôt clarifiée ».

22h45. Pendant son intervention qui a suivi celle de Moubarak, Omar Souleiman a déclaré :

« Après que le Président m'a délégué les pouvoirs pour restaurer la paix et la sécurité, je demande à tous le monde de contribuer à atteindre ce but. »

« Je m'engage à faire tout ce qui est nécessaire pour assurer la transition du pouvoir et modifier les amendements. »

« N'écoutez pas les télévisions satellites, écoutez seulement votre cur. »

Il appelle tous les citoyens à regarder vers le futur pour qu'il soit brillant, avec la démocratie. « Prenons-nous la main ».

22h40. Omar Souleiman, vice-président qui vient de se voir déléguer « des pouvoirs », parle à la télévision nationale. Il exhorte les jeunes Egyptiens à retourner travailler, affirme que la porte est ouverte au dialogue. Il parle comme un Président :

« J'assume la responsabilité de la stabilité et de la sécurité du pays. »

Pendant que sur les réseaux sociaux, les manifestants appellent à marcher sur la palais présidentiel (#PresidentialPalace).

22h20. Corinne, Française vivant à Alexandrie, jointe par téléphone, raconte à Rue89 :

« Les Egyptiens restent sur leur faim. Ils sont complètement refroidis. Ils sont très déçus d'avoir attendu pour entendre ce discours-là. Ils s'apprêtent à sortir dans la rue. »

22h10. Moubarak a adressé un message aux Etats-Unis :

« Je ne me suis jamais soumis à des pressions extérieures. J'ai maintenu la paix pour la sécurité de l'Egypte. Je n'ai jamais cherché une popularité factice. »

22h05. Place Tahrir, au Caire, les manifestants hurlent « dehors » et « il doit partir », et jettent leurs ...

 

Egypte: Moubarak délègue ses pouvoirs au vice-président... mais reste

L'ESSENTIEL - De multiples sources, du Premier ministre égyptien à la CIA américaine, évoquaient le départ imminent du raïs... Lire la suite l'article

Dans un discours à la nation retransmis à la télé, ce soir, Moubarak a réaffirmé qu'il resterait à son poste jusqu'en septembre. Et a annoncé le transfert de ses pouvoirs au vice-président.

Le vice-président Omar Souleiman, qui a pris la parole dans la foulée, demande aux manifestants de rentrer chez eux.

Plus tôt dans la journée, l'armée a officiellement annoncé prendre les mesures pour "préserver la nation" et "soutenir les demandes légitimes du peuple".

Les manifestants, place Tahrir et dans d'autres villes du pays, crient leur colère et leur déception.

Dylan Martinez / Reuters

Minuit. Le prix de Nobel de la paix et leader de l'opposition Mohamed ElBaradei poste un court message sur Twitter: "L'Egypte va exploser. L'armée doit maintenant sauver le pays".

23h30. Nous clôturons ce heure par heure. Rendez-vous demain, journée qui promet d'être tendue. Les manifestants ont déjà pris date.

Pour continuer de suivre les événements jusqu'à la reprise de notre couverture, voici la liste Twitter que libé.fr a établie et, toujours, le live d'Al-Jazira en anglais.

23h15. Nicolas Sarkozy, lors de l'émission "Face aux Français": la mise en retrait de Moubarak était "inéluctable". Le Président a souhaité que l'Egypte trouve "le chemin de la démocratie" et non pas "d'une autre forme de dictature", "la dictature religieuse".

22h50. "Les gens se dirigent vers l'immeuble de la télé nationale", twitte @occupiedcairo. Plusieurs fils Twitter et des chaînes d'information relatent la même info. Ils seraient des milliers.

La télé d'Etat, qui a tu les révoltes et porté la voix du pouvoir, est depuis le début du soulèvement dans la ligne de mire des manifestants. Mais l'immeuble est bien gardé, par l'armée.

22h40. Barack Obama va réunir son équipe de sécurité nationale, ce... lire la suite de l'article sur Libération.fr

 

Cheikh Anta Diop, aux services du génie noir

Pour le vingt-cinquième anniversaire de la mort de Cheikh Anta Diop, jeuneafrique.com republie l'article de Jean-Pierre N’Diaye du J.A. n° 1316 (daté du 26 mars 1986), consacré à l'oeuvre de l'auteur de "Nations nègres et culture".
 

Cheikh Anta Diop, aux services du génie noir
En nous quittant, le Pr Cheikh Anta Diop a laissé à l'Afrique un héritage de libération sans précédent : la connaissance de son origine. Ce travail et son résultat sont le produit d'un effort gigantesque de reconstitution des fondements de l'architecture d'une civilisation qui était enfouie sous les décombres de l'oubli par les tenants de l'idéologie européenne dominante. Pour mieux évaluer la portée de ce combat, il est indispensable de situer le contexte.

Cheikh Anta Diop appartient aux générations des intellectuels africains de la Seconde Guerre mondiale. C'est le moment où vont éclater les contradictions de trois siècles de domination sous-tendue par une idéologie raciste qui condamne les peuples noirs comme race inférieure et les rejette de l'histoire universelle. L'idéologie esclavagiste et colonialiste, ici, va justifier la domination en niant à l'Autre toute existence historique intelligible. Le résultat en est un montage falsificateur de l'Histoire ayant pour postulat qu'un groupe de l'humanité - les peuples noirs d'Afrique - est privé d'assises historiques. En clair, ces peuples sont sans écriture. Ils n'ont inventé ni la poudre ni la boussole. Ils n'ont ni histoire ni Antiquité.

C'est donc la nuit « a-historique » qui va justifier les formes les plus atroces de domination et la « mission civilisatrice» du groupe dominant. Citons Cheikh Anta : « Le malaise venait du fait que la quasi-totalité des chercheurs semblait se refuser à tout jamais à rattacher la culture africaine à quelque souche ancienne que ce fût : elle était là, cette culture, suspendue en l'air, au-dessus du gouffre noir du passé, comme une ébauche avortée, étrangère au reste du monde. ».

Ainsi, en attribuant au concept de civilisation la notion de valeur absolue, l'Occident va se positionner lui-même comme l'évaluateur des civilisations. Or, dans le même temps, à la fin du XVIIIe siècle où la traite des Noirs bat son plein, au XlXe siècle où la colonisation se déchaîne, le besoin de sublimation qui accompagne toute domination lui fait rechercher fébrilement des domaines d'idéalisation capables d'équilibrer, de soutenir son vertigineux élan planétaire.

L'Occident décide que la civilisation égyptienne lui appartient

C'est, en particulier, l'émerveillement extraordinaire devant celle que les Européens eux-mêmes vont désigner comme la civilisation la plus prestigieuse : la civilisation de l'Égypte pharaonique qu'ils exhument des sables. C'est la résurrection de la Haute Antiquité égyptienne qui remonte à 6 000 ans avant J.-C. et qui témoigne de l'existence d'une écriture à travers laquelle les peuples de la vallée du Nil ont immortalisé leur mémoire.

Face au jaillissement éclatant de ce monde ancien, les énormes pressions idéologiques de l'époque entrent inévitablement en jeu. Les égyptologues européens commencent - avec l'appui des États - leur travail d'interprétation, de gommage, de suggestions, d'omissions, d'orientation, de fixation. L'Égypte antique entre dans une ligne clairement tracée : elle est l'un des fondements, avant la Grèce et avant Rome, de la civilisation européenne. On lui donne une origine blanche : indoeuropéenne, sémite ou inconnue.

La Seconde Guerre mondiale marque la brèche. Les contradictions enfouies arrivent en tempête à la surface et font exploser les certitudes. C'est, en effet, dans l'aire culturelle européenne que l'Allemagne nazie va porter à l'incandescence maximale les radiations mortelles du racisme européen. Partant des mêmes prémisses ethnico-raciales et leur affectant une valeur de civilisation hiérarchique, l'Allemagne d'Hitler se donne pour mission de régénérer l'Europe par la puissance génétique de la race aryenne, la race des Seigneurs. La mobilisation populaire autour du mythe racial déchaîne la dévastation. Les puissances de destruction que le racisme européen a lâchées sur le monde reviennent avec une violence inouïe vers leur terre d'origine, dans l'œil du cyclone.

À la fin de la guerre, tout change. En Afrique, le courant de l'éveil et de la conscience émancipatrice s'élargit. Les mouvements de revendications intensifient leur pression. La jeune intelligentsia nègre se lance à l'assaut des citadelles universitaires avec des objectifs précis. Elle va s'approprier les armes miraculeuses que recèlent les forteresses du savoir pour s'attaquer à l'infortune historique dans laquelle les peuples nègres sont engloutis. C'est là que Cheikh Anta surgit. Pour mener le combat pendant dix ans il choisit de s'immerger dans des études pluridisciplinaires : physique nucléaire, paléontologie, histoire, anthropologie et linguistique structurale (qui est devenue la science la plus efficiente pour des études anthropo-historiques).

En 1955 paraît son ouvrage de base Nations nègres et cultures (Présence africaine, Paris). C'est l'irruption d'un autre regard, soutenu par une méthodologie et des instruments scientifiques des plus rigoureux. L'édifice occidental de l’Histoire universelle est bousculé dans ses fondements. Cheikh Anta démontre et conclut que c'est de l'humus fécond de la préhistoire nègre qu'est née, sur les rives du Nil, la grande civilisation pharaonique. Et c'est auprès d'elle que viendront s’abreuver les civilisations postérieures, sémite, grecque, et romaine

Les auteurs grecs et romains sont unanimes

Pour étayer cette architecture révolutionnaire, Cheikh Anta fait parler les contemporains de l'Égypte pharaonique, c'est-à-dire les auteurs grecs et romains de l’Antiquité et en premier lieu, le père fondateur de la science historique, Hérodote, auquel s'ajoutent Diodore de Sicile, Strabon, Eschyle, Apollodore, Sénèque, Lucien. Tous sont unanimes : les Égyptiens sont noirs. Voici par exemple ce que dit Hérodote (Ve siècle avant JC.) : « Manifestement, les Colchidiens sont de race égyptienne... d'abord parce qu'ils ont la peau noire et les cheveux crépus, ensuite pour la raison que, seuls parmi tous les hommes, les Colchidiens, les Égyptiens et les Éthiopiens pratiquent la circoncision depuis l'origine. »

Cheikh Anta reprend également les récits de voyageurs européens du XVIIIe siècle qui, malgré les préjugés de la société esclavagiste, ont perçu comme une évidence l'origine nègre de l'Égypte ancienne, Volney entre autres. Il invite - photographies à l'appui - à porter un regard neuf, direct sur les sculptures et les fresques égyptiennes et à voir dans la pigmentation foncée des personnages, dans leur nez court et charnu, leurs lèvres épaisses, leur morphologie (épaules larges, buste court, hanches étroites, jambes longues et minces) un type humain intégralement nègre.

Le deuxième volet de l'étude met en évidence une étroite parenté entre l’Egypte ancienne et l'Afrique noire d'hier et d’aujourd'hui. Une gerbe de faits renforce l'argumentation de base linguistique : des comparaisons entre les coutumes vestimentaires, les coiffures, les bijoux (tels que les pectoraux royaux) ; des arguments ethnologiques - totémisme, circoncision transmise aux Sémites, conception vitaliste de la royauté, cosmogonie, système des castes, matriarcat, conception de la vie, de la mort…

En 1959, à la veille des indépendances, au deuxième Congrès des écrivains et artistes noirs qui se tient à Rome, au Capitole, les participants, qui constituent l'intelligentsia noire d'Afrique et d'Amérique décidèrent « de reconnaître la validité du travail du professeur Cheikh Anta Diop » et recommandent que cette première période de notre histoire soit « l’objet de l’étude future et systématique de nos chercheurs ». Déjà dans les sphères universitaires internationales, ses études sont reconnues entre autres par le Français G. Gurvitch et les Américains DuBois, Carter et Woodon.

En 1966, ce travail gigantesque est honoré au premier Festival mondial des arts nègres, à Dakar, où Cheikh Anta est désigné comme l'intellectuel noir qui a exercé sur le XXe siècle l'influence la plus féconde. Ses recherches novatrices ont incontestablement déclenché des forces et des énergies intellectuelles dans la jeunesse noire des deux côtés de l'Atlantique. L'éminent chercheur sénégalais de l'Égypte pharaonique ne s'arrête pas là. Son combat culturel aura naturellement un prolongement politique. Les deux s’imbriquent. Dans les années cinquante, Cheikh Anta est l'un des principaux animateurs de la Fédération des étudiants d'Afrique noire en France (FEANF) qui lance pour la première fois, en direction de l'Afrique, le mot d'ordre d' « indépendance immédiate » bousculant le calendrier et le programme politique des partis fédéraux africains.

En 1952 secrétaire général des étudiants du RDA (Rassemblement démocratique africain), il dirige les recherches théoriques de l’aile radicale et révolutionnaire de ce parti, représentée par Sékou Touré, Modibo Keïta, les Camerounais Ruben Um Nyobé et le Dr Félix Moumié. Houphouët-Boigny et Mamadou Konaté, fondateurs du RDA, le parti africain le plus puissant dans la lutte anticolonialiste commencent à avoir des problèmes, à la base et aux instances de direction. C'est le moment où la révolution algérienne quadrille, par ses structures clandestines, toute l'Algérie. Novembre 1954 ; les attentats de Sétif déclenchent la lutte de libération. Dans le même temps, Dien Bien Phu sanctionne au Vietnam la défaite de l'armée française devant les maquis de Giap. Le mythe de l'invulnérabilité de la puissance coloniale s'effondre et l'histoire bascule.

Mobilisation générale autour d'un projet salutaire

En 1960, le Sénégal recouvre sa souveraineté nationale. Nommé directeur du laboratoire Carbone 14 à l'IFAN (1), Cheikh Anta Diop s'adonne à des recherches sur l'énergie solaire et parachève l'élaboration théorique de sa vision politique qui s'identifie à celle de Nkrumah et la consolide. Il appelle, avec force démonstrations, à la mobilisation générale autour d'un vaste projet sans lequel, à ses yeux, il n'y a pas de salut.

En 1974, il pose les fondements culturels, techniques et industriels d'un futur État fédéral d'Afrique noire. Il fait l'inventaire des richesses naturelles et humaines du continent (énergie solaire, hydro-électricité, mines, etc.) ; lance des projets d'infrastructures, de développement de l'enseignement et des techniques, des grands projets pour lutter contre la sécheresse ; dessine une carte de l'industrialisation potentielle sur une grande échelle. Et cela dans un cadre fédéral qui doit assurer la sécurité du continent et son indépendance économique. Selon lui, il faut que la mobilisation atteigne l'intensité et la dimension de celle qui a mis debout l'URSS.

L'Afrique politiquement circonscrite et campée sur ses jambes, Cheikh Anta va encore plus loin. Débouchant sur la perspective de la résorption des contradictions mondiales, il prévoit l'époque de la conquête du système solaire dans la conclusion de son ouvrage l'Unité culturelle de l'Afrique noire. Les Africains, dira-t-il, ont leur place dans cette conquête spatiale. L'univers de demain, selon toute vraisemblance, sera imprégné de l'optimisme africain.

Aujourd'hui, la réhabilitation du patrimoine culturel nègre et de son apport central à la civilisation universelle de l'Antiquité - dans les sciences et les arts - est œuvre accomplie. La légitimité de notre identité dans la dignité est dorénavant à assumer par les générations présentes et futures. Il s'agit d'aller de l'avant, d'ouvrir des horizons sûrs, éprouvés ; de se saisir de l'esprit de création des bâtisseurs de l'Antiquité nègre. Pour innover, tracer des lignes de force de possibilités et de progrès à partir desquelles nos peuples puissent marcher, s'épanouir, construire.

Car, pour nos peuples qui ont connu toutes les tragédies multi-séculaires de l'histoire humaine et qui ont porté le joug jusqu'à connaître la tragique et vertigineuse rupture de leur conscience historique, il n'y aura point de salut tant que les héritiers responsables d'aujourd'hui, les dirigeants politiques, n'auront pas admis l'impératif devoir de leur accorder ce droit inaliénable que sont des espaces de liberté. Et là nous entrons de plein fouet dans la politique immédiate.

Si le culturel est un ferment, un stimulant vivifiant qui l'affermit et consolide l'identité des peuples, la politique, système et technique d'organisation du pouvoir qui régit les peuples dans leurs droits et devoirs, est toutefois seule capable de défendre et de préserver le présent et l'avenir de la nation. Ce sont les déséquilibres ethnico-sociaux multiformes et la dégénérescence politique de l'empire pharaonique centralisé à l'excès, ésotérique et divinatoire, qui ont causé son affaissement unique dans l'histoire, jusqu'à J'oubli de son écriture à partir du VIe siècle avant J.-C

Le flambeau des jeunes générations

C'est dans ce domaine crucial que les jeunes générations d'intellectuels doivent prendre la suite de celui qui a consacré sa vie à nous restituer notre passé.

Depuis la parution de Nations nègres et culture en 1955, de nouvelles données, d'une dimension insoupçonnée il y a encore un demi-siècle, ont surgi, prenant la place de l'ancienne cartographie du monde. Nous assistons à l'émergence fulgurante de deux hégémonies politico-militaires qui ont la particularité de posséder la haute maîtrise de la technologie moderne, des bases d'appui stratégiques et des États satellites à l'intérieur de chaque continent. De fait, nos peuples et nos États sont sous leur pression.

La puissance américaine, quant à elle, plus pénétrante par le moyen de ses multinationales a la particularité de détenir le monopole des banques de données, des circuits de distribution et d'échanges, des unités de transformation des matières premières. Ces facteurs structurels de l'ère post-industrielle ont introduit une dimension révolutionnaire et belliqueuse dans le marché mondial et dans le rapport entre les États. Notre souveraineté politique et culturelle se trouve ainsi en inadéquation avec notre pouvoir économique dans la mesure où nos États n'ont aucune prise sur le cours des marchés.

Dans cette nouvelle bataille, ce nouveau défi des temps modernes, des voies singulières et synchroniques sont à trouver. L'essentiel est que nous ne nous battions pas entre nous. L'audace et l'intuition du Pr Cheikh Anta Diop doit nous y aider.

source Jeune Afrique
 

 

 

Un autre monde est possible : Pourquoi et comment les alter mondialistes veulent y arriver

Les alter mondialistes se sont donnés rendez-vous à Dakar pour le 11e Forum social mondial (Fsm). Lors de leur gigantesque procession à travers les rues de Dakar, hier, syndicalistes, membres de la société civile, hommes politiques de gauche ont dit plus que jamais convaincus de leur slogan : ‘Un autre monde est possible’.

Un autre monde est possible : Pourquoi et comment les alter mondialistes veulent y arriver
Le mouvement alter mondialiste est très hétéroclite dans sa composition : syndicalistes, hommes politiques de toutes les gauches et membres de la société civile de tous les pays s'y côtoient dans une belle harmonie malgré leurs diversités. ‘Un autre monde est possible’ est le mot d'ordre pour lequel les alter mondialistes de tous les pays se battent. Une conviction chevillée au corps des milliers d'alter mondialistes qui ont battu le macadam des artères de Dakar, du rond-point de la Rts à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar en passant par l'avenue Blaise Diagne et celle baptisée Cheikh Anta Diop. Les marcheurs, qu'ils soient anonymes ou célèbres, sont tous convaincus qu'‘un autre monde est possible’. Pourquoi et comment ? A cette question, la première secrétaire du Parti socialiste français, Martine Aubry, qui a pris part à la marche marquant l’ouverture du Forum social mondial, répond par ‘la démocratie’, et le ‘partenariat pour un commerce très équitable’.

Membre du Comité catholique contre la faim et pour le développement en France, (une organisation qui se bat contre les ‘paradis fiscaux’), Christophe Morel pense qu'‘un autre monde est possible si l'on met fin aux évasions fiscales’. ‘C'est l'argent qui est confisqué par les riches et donc qui ne sert pas du tout à aider les pays pauvres ni pour l'investissement dans ces pays-là. C'est un argent qui va seulement servir à blanchir de l'argent’, fulmine-t-il. Ajoutant ‘qu'un autre monde est possible, si l'on est assez nombreux pour inverser les choses pour plus d'égalité et plus de respect des droits de l'homme’.

Pierre Villard, co-président du Mouvement de la paix France, qui en est à sa première manifestation, abandonne dans le même sens. Il argue que pour arriver à cet idéal, ‘il faut réduire les dépenses militaires et répondre à la satisfaction des besoins des hommes et femmes de cette planète comme l'accès à l'alimentation, à l'eau, à la démocratie’. Bien plus, note Villard, il faut une solidarité avec les peuples du sud. Parce que, signale-t-il, ‘si nous fabriquons des armes, ce sont les peuples du Sud qui sont les victimes’. Selon lui, 1 % des dépenses militaires mondiales suffirait à régler les problèmes du Programme des Nations unies pour le développement. ‘Oui on peut construire une planète solidaire, mais il faut d'abord s'attaquer aux budgets militaires’, insiste le co-président du Mouvement de la paix.

Coordonnateur de la Cosydep, une Ong sénégalaise qui s'active dans le secteur de l'éducation, Cheikh Mbow embouche la même trompette. ‘Ce n'est pas un rêve. Un autre monde fait de plus de justice et d'équité est possible. Ce n'est pas de l'utopie, ni un rêve. Nous avons vu la manière dont les gouvernants gèrent nos pays. Donc, nous savons effectivement qu'il y a des problèmes d'équité qui sont posés. Si nous prenons le domaine de l'éducation qui nous intéresse, nous nous rendons compte que ce nouveau monde doit être construit à partir de l'école qui peut nous permettre d'aller vers cela. Cela suppose d'abord et avant tout que tous les enfants soient scolarisés’, indique-t-il.

Quant à Fatou Bintou Yassa, responsable des femmes de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts) elle ne pense pas moins qu'un ‘monde meilleur est possible avec un travail décent’. ‘C'est possible avec des stratégies d'équilibrer le monde’, estime-t-elle.

Mamadou SARR
source wALFADJRI
 

 

Pourquoi la situation en Egypte ne pouvait qu’exploser ?
Une analise du Dr. Nouh El Harmouzi, enseignant-chercheur, éditeur du site arabophone de référence MinbarAlHurriyya.org
 
Après la révolte tunisienne, beaucoup se posaient la question sur la possibilité que d’autres pays arabes, notamment l’Egypte, connaissent le même sort. Dans une analyse incisive et sans concession, Nouh El Harmouzi, enseignant-Chercheur et éditeur du site arabophone de référence MinbarAlHurriyya.org, nous propose un éclairage sur les raisons qui expliquent le soulèvement actuel du peuple égyptien. Il explique dans cette contribution comment le parti au pouvoir, et à sa tête Hosni Moubarak, a accaparé les différentes rentes du pays et a verrouillé politiquement et économiquement le pays générant une grande frustration chez les Egyptiens.

A l’instar de plusieurs régimes sclérosés dans cette région, l’Egypte est, depuis des décennies, caractérisée par un environnement géopolitique explosif, une crise politique larvée, un retour de la violence islamiste et l’émergence de nombreux soulèvements et poches de résistance. Depuis l’assassinat de Sadate, l’état d’urgence n’a jamais été levé dans le pays. La « continuité dans la stabilité » politique est garantie en maintenant l’Etat d’exception et ce depuis 1981, ainsi qu’une vision monarchique de l’exercice et de la transmission du pouvoir par un président issu de la très redoutée junte militaire et disposant du soutien sans faille des barons et des apparatchiks de l’hégémonique Parti National. Comment en est-t-on arrivé là ?

Le verrouillage et la quadrillage de la société égyptienne et leur perpétuation sont permis d’une part grâce à l’héritage de la période nassérienne et l’alliance avec U.R.S.S, marquée par le choix d’un développement autocentré dans le cadre d’une stratégie de substitution des importations produisant des entreprises mégalomaniaques déficitaires et une bureaucratie administrative pléthorique. D’autre part, les quatre rentes dont dispose le régime sont aussi facteur expliquant l’émergence et le renforcement d’un tel système :

1- Le tourisme : il garantit des rentrées de devises constituant la première rente de l’Egypte. Les 5 millions de touristes et visiteurs étrangers ont rapporté 5 milliards de dollars en 2005 et créant plus de 2,6 millions d’emplois.

2- Le Canal de Suez : ce dernier constitue le passage entre la mer Rouge et la mer Méditerranée. Passage maritime artificiel entre Europe et Asie, le Canal est d’une importance majeure car il évite le contournement du continent africain par les navires. La traversée du canal de près de 40 navires quotidiennement assure un revenu d’environ 3,3 milliards de dollars par an.

3- La position stratégique : l’Egypte a pour voisin la Libye, le Soudan, Israël, la Jordanie, et l’Arabie Saoudite (séparés par le désert du Sinaï et la Mer Rouge). Il est de ce fait un pays central avec une position géographique pivot. Avec une parfaite ignorance de l’opposition de la rue égyptienne (et de la rue arabe en général) le gouvernement égyptien a été le premier gouvernement arabe à signer un traité de paix avec Israël (les accords de Camp David de 1979). En contrepartie, tous les ans depuis 1980, les Etats-Unis versent au gouvernement égyptien plus 2.1 milliards de dollars dont 1,3 en aide militaire. En défendant et en s’alignant sur les positions de ce qui est communément et quasi unanimement appelé dans cette région le « Grand Satan » et Israël, les dirigeants égyptiens s’engagent dans un grand écart de plus en plus difficile à gérer sur le plan interne car le divorce s’accentue chaque jour un peu plus entre la population et ses dirigeants. Ces dirigeants sont perçus comme apostats et collaborateurs trahissant les idéaux de l’arabisme Nassérien et abandonnant la cause du « frère » palestinien.

4- Les revenus des transferts et du pétrole : Les transferts en devises des travailleurs émigrés en Europe, aux Etats-Unis et dans les pays du golfe sont estimés à environ 4,3 milliards de dollars par an. Le pétrole quant à lui assure des rentrées de devises estimées à 1,2 milliards de dollars par an.

Ces rentes de situation captées par la coalition au pouvoir, fédérée par Jamal Moubarak (le fils du président) permettent de financer le système d’allégeance et de contrôler la société égyptienne. En s’appropriant à des fins personnelles les instruments de l’Etat (les medias, l’appareil de l’omniprésent parti (PND)), les syndicats, les services secrets et la police politique), en jouissant du silence complice et/ou du soutien des grandes puissances, le pouvoir égyptien a su construire de solides alliances, contrôler les systèmes d’allégeances et de ce fait s’assurer d’une position dominante.

L’abus de position dominante du pouvoir égyptien a complètement vidé le jeu « démocratique » de son sens en avortant de facto toute possibilité de transition pacifique du pouvoir. Les dernières élections « pluralistes » de septembre 2005 et celle d’octobre 2010 en sont la parfaite illustration et ont été porteuses d’une nouvelle déception et de changements qu’à la marge. En attribuant de larges pouvoirs au nouveau gouvernement trié sur le volet et dirigé de facto par le dauphin longtemps présumé, en maintenant les postes décisifs entre les mains des fidèles dont le ministre de la Défense et de l’intérieur.

Une précarité permanente et généralisée

De telles conditions politiques doublées d’une économie largement centralisée axée principalement sur la rente ont plongé la société Egyptienne dans une situation prérévolutionnaire et de précarité permanente et généralisée.

Le taux de chômage réel s’élèverait à 30%, 600 000 jeunes arrivent sur le marché du travail chaque année et 26 millions d’égyptiens ont moins de 15 ans, 44% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. L’Égypte occupe la 101ème place au classement du P.N.U.D avec un I.D.H de 0.62. Le pays des pharaons est devenu une société duale avec des inégalités insupportables suite (entre autres) à une privatisation mal engagée dans un contexte de corruption endémique (avec un indice de 3,1 de perception de corruption) et un climat des affaires malsain souvent dénoncé par les multiples rapports de Doing Business. Avec une dette publique totale du gouvernement central et local dépassant la barre du 100% du PIB, les finances publiques, déjà dégradées, ont plongé, et l’État égyptien a connu des problèmes de trésorerie qui se sont traduits par des retards de salaires dans la fonction publique. Le mécontentement et l’insatisfaction couvaient et gagnaient de plus en plus de terrain.

Les opposants irréductibles, les désespérés et les laissés-pour-compte finissent le plus souvent par grossir les rangs des mouvements les plus radicaux. Les Salafistes, les Wahhabistes et les branches les plus radicales des Frères Musulmans en sont (à défaut d’un pluralisme et d’une offre politique crédible) les principaux bénéficiaires ; la multiplication des attentats et le récent soulèvement en sont la principale (rationnelle) conséquence.

Ce soulèvement de la rue égyptienne constitue une étape décisive afin de briser l’immobilisme égyptien qui n’en finit pas depuis plusieurs décennies et qui plonge l’Egypte dans une crise de plus en plus multiforme… Personne ne peut prévoir avec précision quel tournant prendra cette crise et quel sera le prochain domino qui chutera dans une région assise sur un baril de poudre.

 

Vers la fin des successions dynastiques en Afrique ?
Les populations acceptent mal de voir les fils de présidents succéder à leurs pères
Gamal Moubarak, qui était pressenti pour succéder à son père Hosni, le président égyptien, pourrait bien devoir renoncer à ses ambition, eu égard à l’actualité mouvementée dans son pays. Au Sénégal, la possibilité d’une candidature de Karim, le fils du président Wade, suscite de fortes réactions d’hostilité. Un rejet qui pourrait s’étendre dans d’autres pays, dont le Congo et la Guinée Equatoriale. Depuis 2001, trois fils de présidents africains ont succédé à leur père.

Les événements actuels en Egypte, où la rue demande le départ d’Hosni Moubarak ont-il bousculé les plans du raïs, quant à l’attribution du pouvoir à son fils ? Selon de nombreux observateurs, le président contesté, aujourd’hui âgé de 81 ans, aurait souhaité céder sa place à son fils Gamal, au terme de son dernier mandat qui s’achève cette année. Hosni Moubarak a toujours nié cette éventualité, laissant dire à son entourage qu’il serait candidat à sa propre succession en dépit de son âge avancé. Cependant, de nombreux indices ont montré en fin d’année dernière un positionnement stratégique de Gamal, dans la conquête du pouvoir suprême. Agé de 46 ans, il a été propulsé Secrétaire général du Parti national démocrate (PND), le mouvement politique de papa. Rassemblés sous le slogan « Gamal, tu es le rêve des pauvres », ses partisans tentaient, en septembre de rassembler 5 millions de signatures pour sa candidature à la présidentielle, à coups de meetings très souvent improvisés, dans les rues du Caire et d’Alexandrie. De son côté, son père Hosni Moubarak s’activait à lui octroyer une stature d’homme politique internationale, notamment en l’associant aux négociations directes entre l’autorité palestinienne et Israël à Washington.

Karim Wade sur les traces de Gamal

L’Egypte n’est cependant pas le seul pays africain où un fils de président souhaiterait user strapontin paternel pour accéder au pouvoir. Le cas de Karim Wade, fils aîné du président sénégalais Abdoulaye Wade, et possible candidat à sa succession a fait couler beaucoup d’encre. Agé de 85 ans, le président arrive au bout de son deuxième mandat, ce qui ouvre droit à de nouvelles élections l’année prochaine. Il a toujours nié vouloir positionner son fils pour lui succéder à la tête de l’Etat. Cependant, dans la réalité, il n’a pas cessé de lui céder des parts importantes de pouvoir. Début octobre, il l’a ainsi hissé à la tête d’un hyper ministère, rassemblant la quasi-totalité des portefeuilles stratégiques : l’énergie, les transports aériens, les infrastructures et la coopération internationale. L’annonce en février 2009, de la candidature de Karim à l’élection municipale à la mairie de Dakar, la plus grosse du pays, avait été analysée comme un galop d’essai, dans sa course à la présidence de la République. « L’intronisation du prince [Karim Wade ; Ndlr] de la République passerait obligatoirement par la prise de contrôle de la mairie de Dakar. Cette étape sera la phase test du hold-up électoral que le pouvoir compte mettre en œuvre pour 2012 », analysait alors Sud Online, un journal sénégalais en ligne. Comme pour se préparer à cette échéance, Karim Meïssa Wade avait lancé dès novembre 2006 son mouvement baptisé « Génération du concret ».

Ces fils de présidents prétendants au trône

Dans d’autres chancelleries, les présidents s’activent à positionner leurs rejetons. En République du Congo, les médias présentent souvent Denis Christel Sassou Nguesso, l’un des deux fils du président Denis Sassou Nguesso, comme son probable successeur. Celui-ci s’est cependant jusqu’ici fait remarquer seulement par son train de vie luxueux et sa capacité à dilapider les ressources de son pays. En république Centrafricaine, François Bozizé a propulsé son fils Francis Bozizé au poste de ministre de la Défense. Au Cameroun, Paul Biya au pouvoir depuis 29 ans, a fait de son fils ainé et grand exploitant forestier, Franck son « conseiller particulier ». En Guinée Equatorial, le cœur d’Obiang Nguema, le président miné par la maladie balancerait entre deux de ses fils : Teodorin Nguema Obiang a acquis la réputation bien méritée de flambeur, accusé par le sénat américain dans un rapport de 2004 de mener des transactions douteuses avec une banque du cru. Gabriel Obiang Lima son frère et secrétaire d’Etat aux Mines, à l’Industrie et à l’Energie, aurait la préférence de sa famille et des compagnies pétrolières.

Les cas de succession effectifs

Exception faite des cas prévus par la constitution, comme dans les royaumes du Maroc, du Lesotho et du Swaziland, trois fils de chefs d’Etat ont accédé au pouvoir au cours de cette décennie. Toujours dans des conditions chaotiques. Un peu plus d’une semaine après l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila abattu par l’un de ses gardes du corps, son fils Joseph alors âgé de 29 ans lui a succédé. Début février 2005 au Togo, Faure Gnassingbé est porté au pouvoir dans la confusion qui suit la mort de son père Gnassingbé Eyadema. Deux mois plus tard, il consolide son pouvoir à l’issue d’élections fortement contestées et entachées d’une dure répression policière. En octobre 2009 au Gabon, Ali Bongo a été investi à la présidence laissée vacante par son père Omar décédé quelques semaines plus tôt, au terme d’un scrutin dont l’un des candidats, André Mba Obame, continue de contester la régularité.

Pour les futurs prétendants, la tâche ne sera pas moins ardue. La révolte actuelle des populations égyptiennes éprises de démocratie pourrait avoir définitivement compromis les chances de Gamal de succéder à son père. L’annonce de sa probable candidature l’année dernière avait d’ailleurs suscité un puissant mouvement d’hostilité chez ses adversaires. Lesquels, marchant sur les traces de ses partisans avaient défilé dans les rues du Caire et d’Alexandrie sous les mots d’ordre de « Nous ne voulons pas d’une gouvernance héréditaire ! » et de « non à Gamal ! ». Dans l’opinion sénégalaise, les soupçons quant à une éventuelle candidature de Karim Wade suscite les mêmes réactions hostiles. En Libye, Seif al-Islam, le fils Kadhafi le plus politiquement engagé et qui souhaite réformer son pays, doit faire face à une bruyante fronde des caciques du pouvoir. Des signes évidents de la fin de la transmission dynastique du pouvoir ?

 

Epître à Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, Président de la République de Côte d’Ivoire
Une tribune de Léandre Sahiri, Directeur de Publication du journal libre et indépendant Le Filament
 
 

Excellence, Monsieur le Président,

Je m’adresse à vous, par cette lettre ouverte offerte, comme qui dirait, à la curiosité du public, pour attirer votre bienveillante attention sur les faits ci-après. Je vous remercie par avance de me lire, avec attention, jusqu’au bout.

Excellence, comme vous le savez, depuis le 28 novembre dernier, nombre de nos compatriotes, dont des chefs de famille, des personnalités politiques, des cadres, des travailleurs compétents et autres, adultes ou jeunes, séjournent, contre leur volonté, depuis plus de 2 mois, à l’hôtel du Golfe. Selon des sources bien informées, ils sont entièrement dépendants de leurs ravisseurs. Leur existence est liée, directement et inexorablement, à ceux-ci, y compris pour chaque geste de la vie quotidienne : impossible de parler, de manger, de boire, de bouger, de satisfaire leurs besoins naturels sans autorisation préalable. Il s’agit ici d’une régression au stade infantile. Ainsi donc, pris par violence, ou par ruse, ou par surprise, ces compatriotes, privés de leur propre liberté, sont pris en otage.

Et, comme dans toute prise d’otage, ces compatriotes constituent, pour leurs ravisseurs, la garantie pour obtenir la satisfaction de leur revendication, du moins l’exécution de leur plan satanique de prise de pouvoir sans avoir acquis la victoire par la voie des urnes.

En effet, ces ravisseurs tiennent en laisse nos compatriotes et les utilisent comme moyen de pression vis-à-vis de l’opinion internationale, en vue d’astreindre et vous et le peuple ivoirien à céder à leur exigence. Par ailleurs, c’est aux fins d’éviter d’être attaqués ou bombardés, autrement dit, c’est pour se mettre à l’abri, que ces ravisseurs maintiennent, comme des boucliers humains, nos compatriotes à l’hôtel du Golfe.

Le choix du Golf Hôtel n’est pas gratuit

Dans toute prise d’otage, le choix du lieu et des victimes n’est jamais gratuit. En général, les preneurs d’otages choisissent des lieux jugés stratégiques et des personnes sensibles. Par exemple, la prise d’otages du 13 décembre 2010 à Besançon, en France, a eu lieu dans une école maternelle. Le choix de l’établissement n’est pas dû au hasard : le preneur d’otage était lui-même issu de ce quartier de la Planoise, au sud-ouest de Besançon, dont il avait fréquenté le collège et il s’en était pris à des enfants âgés de moins de 6 ans. La prise d’otages de Manille (Philippines) en août 2010 eut lieu dans un autobus transportant un groupe de touristes venus de Hong Kong. La prise d’otages de Moscou (850 personnes), perpétré en octobre 2002, par une cinquantaine de rebelles tchétchènes eut lieu au théâtre de la Doubrovka de Moscou, pendant la comédie musicale Nord-Ost, destinée à la jeunesse. La prise d’otages du 20 novembre 1979 par des fondamentalistes islamistes et opposants à la famille royale saoudienne, eut lieu à la grande mosquée Al-Masjid al-Haram, à La Mecque (Arabie saoudite), etc.

Dans le même ordre d’idées, le choix du Golf Hôtel n’est pas gratuit. Jadis surnommé « l’oasis dans la ville », le Golf Hôtel d’Abidjan, 5 étoiles, situé dans le quartier résidentiel de la Riviera, à une demi-heure de l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny et à 10 minutes du centre ville, est bâti sur un des plus beaux et reposants sites d’Abidjan. Il domine la lagune Ebrié et offre 306 chambres de luxe climatisées dont 11 suites et 3 appartements agréablement décorées, avec une vue sur la baie de Cocody ; ce qui ajoute un plus à son charme magique. Cet hôtel est devenu une forteresse jalousement gardée par les forces onusiennes et les rebelles. Ceux-ci, les rebelles, en ont fait, depuis 2002, leur quartier général. Tout le monde le sait et c’est, en connaissance de cause, que le président du RDR a déménagé de sa villa cossue, pourtant située à une centaine de mètres seulement de cet hôtel, pour y installer son Quartier Général, assuré d’être désormais sous la bonne garde des Casques bleus de l’ONU et des rebelles, assuré de consolider son prestige, assuré de rendre intouchable, inaccessible, inattaquable.

Excellence, c’est fort de cette « barricade », qu’il peut tenir des discours enflammés, brandir des menaces et des sanctions, lancer des mots d’ordre guerriers et des appels à la désobéissance, sans être pour le moins inquiété, et sans que nos compatriotes qui s’y trouvent, dans les conditions précaires au goût carcéral, ne puissent en sortir, malgré votre appel et en dépit des cris de détresse de leurs parents et amis.

Pourquoi Bédié et les autres ne peuvent sortir d’eux-mêmes du Golf Hôtel ?

Excellence, la réponse est toute simple. En général, les otages disposent de peu ou pas de moyens, ni de manœuvre pour fuir ou pour s’échapper. Et même, la fuite, lorsqu’elle s’avère possible n’est que rarement tentée, parce que la plupart des otages restent inhibés par la peur d’être éliminés, par le doute, et de surcroît, par la fascination pour leur situation dont ils désirent intensément connaître l’évolution ou dont ils espèrent ardemment une issue heureuse. Et puis, les otages sont parfois aussi coincés par la honte publique (ce que Pierre Amédée appelle le « Zéguiré zo »), tentés de se protéger des sanctions possibles à leur sortie (exécutions, exclusion, etc.), eu égard à leurs propres antécédents.

Par ailleurs, au cours de leur captivité, certains prisonniers développent ce qu’on appelle le « syndrome de Stockholm ». C’est le phénomène psychique qui, curieusement, incite des individus pris en otage à manifester une certaine sympathie vis-à-vis de leurs ravisseurs. Ce syndrome, décrit en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg auquel on doit cette dénomination, porte le nom de la capitale suédoise, parce qu’il a été observé pour la première fois, en août 1973, dans cette ville, chez plusieurs employés de banque du Crédit suédois. Bien qu’ils aient été, malgré eux, les victimes d’un hold-up manqué, ces employés avaient défendu leurs agresseurs qui les avaient pris en otage des heures durant ; et même, certains ont témoigné en leur faveur, lors du procès qui a suivi l’arrestation de ces preneurs d’otages. Qui plus est, une employée du Crédit suédois est allée même, par la suite, jusqu’à devenir la femme d’un des attaquants de la banque. Comme on le voit, le syndrome de Stockholm peut parfois être d’intensité si forte qu’il conduit certaines victimes à épouser la cause des ravisseurs ou des terroristes ou à participer à leurs actions, comme l’atteste la déclaration de M. Henri Konan Bédié du 21 décembre dernier. Il est même arrivé que le meurtre d’otages ou de policiers n’ait pas pu remettre en cause ce puissant courant d’empathie ou de sympathie. Ce fut, par exemple, le cas de Patricia Hearst, qui n’avait pas hésité à attaquer une banque avec ses anciens agresseurs devenus complices. Ce fut aussi le cas de certains passagers qui avaient également développé des sentiments positifs envers leurs ravisseurs, en décembre 1999, pendant le détournement de l’avion indien, qui avait connu de multiples escales imprévues entre New Delhi, Lahore et Dubaï...

C’est aujourd’hui le cas de nos compatriotes, pris en otages au Golf Hôtel qui, par honnêteté par rapport à leur propre inconscience, proclament, haut et fort, M. Ouattara vainqueur des élections, alors même qu’ils connaissent fort bien les subterfuges et les faux dont celui-ci a fait usage et qui, conséquemment, refuse le recomptage des bulletins de votes et la vérification des Procès-verbaux du scrutin du 28 novembre dernier.

Les preneurs d’otages

Excellence, en général, les preneurs d’otages sont des forcenés, c’est-à-dire des individus qui présentent des troubles de la personnalité et qui se comportent, d’abord et avant tout, comme des hors-la-loi, en un mot des bandits. Rappelons, entre autres exemples, que le preneur d’otages de Besançon était un dépressif, qui « n’avait pas pris son traitement ». Quant au preneur d’otages philippin, Roland Mendoza, c’était un ancien policier honoré en 1986 comme un des dix meilleurs officiers du pays, mais qui avait été renvoyé en 2008 de la police, étant accusé de vol, d’extorsion et d’infractions liées à la drogue...

Les troubles psychologiques, souvent importants, dont les preneurs d’otages souffrent ont un rapport direct avec leurs origines, leurs identités, leurs frustrations, leurs enfances, leurs déficits sociaux, sexuels et sanitaires au plan physique et psychologique, et autres ; c’est cela qui les amène, bien souvent, à prendre leurs rêves pour la réalité et à embarquer, dans leurs aventures suicidaires, des personnes innocentes et fragiles.

Ces troubles, qu’on nomme, en psychologie, paranoïa, appartiennent au groupe des psychoses et se caractérisent, entre autres, par un délire systématisé. Ces troubles n’affaiblissent généralement pas les capacités intellectuelles. Mais, ils donnent à l’orgueil une dimension si démesurée qu’on aboutit à une surestimation de soi-même. On parle alors d’« hypertrophie du moi », laquelle est mêlée de susceptibilité, d’angoisses de persécution, de jugement faux, de mensonges, de raisonnement apparemment logique mais reposant sur des postulats faux et parfois grossiers, de relents d’agressivité, de désir permanent de vengeance, etc.

Dans ce sens, une analyse psychocritique (méthode d’analyse inspirée par la psychanalyse et illustrée par Charles Mauron, à partir des thèses de Roger Fry) des discours et déclarations des occupants du Golf Hôtel, permet de relever des faits et des relations issus de leurs personnalités inconscientes, du moins de découvrir leurs motivations psychologiques inconscientes, ainsi que de comprendre les fondements ou les mobiles de l’obsession du pouvoir et des références permanentes à la violence, au mensonge, à la communauté internationale, etc.

Fins de prise d’otages

Excellence, dans la plupart des cas de prise d’otages, même les plus graves, comme ici, ce n’est pas la police qui intervient, mais une unité spécialisée de la police ou de l’armée. Cela permet, du fait que cette structure possède des techniques de pointe et des instruments appropriés, d’aboutir à des dénouements moins malheureux. Aux États-Unis, c’est le FBI ou le SWAT qui intervient dans la majorité des cas. En Russie, c’est généralement le FSB qui intervient. En France, c’est un Groupe d’intervention de la police nationale dit GIGN qui intervient, etc.

En effet, en France, à la prise d’otages du 13 décembre 2010 à Besançon, c’est le GIGN qui avait pu finalement intervenir, et le preneur d’otages avait, avec un tir de taser, été neutralisé, sans incident majeur. L’intervention du GIGN avait permis un dénouement heureux : les vingt enfants avaient été récupérés sains et saufs. Le forcené avait, lui, été interpellé, selon le ministre de l’Education, M. Luc Chatel, qui se trouvait sur place.

On se rappelle que, à l’issue de la prise d’otage, le gouvernement s’était félicité de cette heureuse fin. L’Elysée et la place Beauvau avaient aussitôt réagi. Le président Nicolas Sarkozy s’est réjoui, dans un communiqué officiel, de « l’heureux dénouement de la prise d’otage" et avait félicité les autorités « qui sont intervenues dans cette opération avec sang-froid, professionnalisme et détermination ». Le ministre de l’Intérieur, M. Brice Hortefeux, avait applaudi de la même façon et avait souligné, dans un communiqué, que « cette intervention, extrêmement professionnelle, démontre, une nouvelle fois, la remarquable efficacité des forces de sécurité pour désamorcer une situation aussi délicate et éviter, avant tout, que l’irréparable ne soit commis ».

Libérez et prenez en charge les otages du Golf Hôtel

Excellence, connaissant votre humanisme et votre bonne volonté, je vous interpelle de vive voix : entendez les pleurs et les cris de cœur des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants privés des leurs, et qui s’affalent, chaque jour un peu plus, au cachot du désespoir et de la consternation. Allez, s’il vous plaît, au-delà de la main tendue. Libérez nos compatriotes. Redonnez-leur vie et dignité. Et, qu’une prise en charge psychologique soit, quoi qu’il en soit, effectuée après leur libération, afin d’éviter un stress post-traumatique et en vue de tuer en eux les vilains sentiments. Cette aide psychologique leur permettra également de revenir dans la république et de reprendre plus facilement contact avec la nouvelle réalité qui les entoure. Je vous en remercie par avance.

Veuillez agréer, Excellence, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

Londres, le 29 janvier 2011


 

31e édition de la ziarra omarienne : Thierno Madani Tall prône l’unité des fidèles

La cérémonie officielle de la ziarra annuelle dédiée à Thierno Seydou Nourou Tall et à Thierno Mountaga Tall a eu lieu dimanche à la mosquée omarienne de Dakar.A cette occasion, le guide religieux, Thierno Madani Tall a invité les fidèles à promouvoir la religion musulmane afin de combattre les ennemis de l’Islam.

La cérémonie officielle de la 31e édition de la ziarra annuelle dédiée à Thierno Seydou Nourou Tall et, organisée par l’association des ahbabs (amis) de Cheikh Oumar Foutiyou, la Ligue islamique des oulémas du Sénégal (Rabita) et la communauté omarienne, s’est déroulée hier. Thierno Madani Tall a invité les musulmans à s’unir pour combattre les ennemis de l’Islam.

Il a demandé aux disciples de la famille omarienne, à tous les musulmans de ne s’entraider que dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété, et non dans le péché et la transgression. Le guide religieux de rappeler que les musulmans doivent être comme un corps humain : lorsqu’une partie souffre, l’ensemble des parties du corps se joint à elle et partage la souffrance. Car pour lui, cette union peut permettre aux héritiers du prophète Mohamed (Psl) de combattre les ennemies de l’Islam.

Sur un autre registre, Thierno Madani Tall a indiqué que Thierno Seydou Nourou Tall et Thierno Mountaga Tall ont marqué de leurs empreintes la vie sociale de notre pays et au-delà, en prônant la solidarité, le culte du travail, le respect de l’homme, la tolérance, la justice, le dialogue et la paix. ‘Ces valeurs, nous devons les revisiter dans un monde en crise, un monde en perte de valeurs, d’éthique et de morale pour instaurer plus de justice dans le respect des cultures, des religions, de solidarité pour un partage plus équitable des ressources dont Dieu nous a gratifié sur cette terre’, a-t-il recommandé.

Sa conviction est que les musulmans doivent revisiter les valeurs prônées par l’Islam au lieu de pêcher dans d’autres mares. ‘Relisons ce que nos guides nous ont enseigné pour promouvoir un monde plus juste, équitable et plein de piété’, a conseillé Thierno Madani Tall.

Pour le guide religieux, cette ziarra, qui réunit des milliers de fidèles musulmans chaque année, vise à rappeler ‘les valeurs sacrées de l’islam, à savoir la paix, la solidarité et la tolérance’.

Toutefois, il n’a pas manqué de magnifier la présence des représentants des familles religieuses du Sénégal.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur est revenu sur les œuvres des illustres disparus. ‘El Hadj Oumar Tall est un homme multidimensionnel, un serviteur infatigable de l’Islam. Son intelligence a été saluée aussi bien par ses contemporains que par ses adversaires’, a déclaré Ousmane Ngom, avant d’ajouter que sa seule préoccupation était la propagation et le rayonnement de la religion musulmane. Le ministre d’Etat demeure convaincu que l’œuvre d’El Hadj Oumar a été précieusement protégée par ses illustres successeurs, à savoir Thierno Seydou Nourou Tall et Thierno Mountaga Tall. ‘Ils étaient tous deux des régulateurs sociaux, des hommes de paix, de culture et de sagesse’, a rappelé le ministre de l’Intérieur qui a demandé au khalife de la famille omarienne de prier pour que la paix et la stabilité règnent au Sénégal, en Afrique et dans le monde.

Né en 1880, le guide Thierno Seydou Nourou Tall a été rappelé à Dieu le 25 janvier 1980 à Dakar. Thierno Seydou Nourou Tall est le fils de Nourou, lui-même fils de El Hadj Omar Tall, figure emblématique de la conquête islamique en Afrique de l'ouest. Il fait partie des grandes figures de la confrérie Tidiane, notamment au Mali et au Sénégal. Il a régné pendant près d'un demi-siècle sur la famille omarienne.

Paule Kadja TRAORE
source Walfadjri
Lundi 31 Janvier 2011

 
Egypte : l’après-Moubarak se met en place
Les Etats-Unis demandent une transition en bon ordre
 
Un pas important a été franchi en Égypte où les Etats-Unis, par la voix d’Hillary Clinton, viennent d’appeler à "une transition en bon ordre". Après la nomination d’Omar Souleimane au poste de vice-président, l’administration du pays est maintenant assurée aux yeux des Américains, et le départ de Moubarak est désormais possible.

Les Etats-Unis, par la voix d’Hillary Clinton, viennent de faire un nouveau pas dans la gestion de la crise égyptienne. La chef de la diplomatie américaine vient, en effet, de déclarer sur CBS : "Nous souhaitons voir une transition en bon ordre. Nous demandons instamment au gouvernement Moubarak, qui est toujours au pouvoir (...), de faire ce qui est nécessaire pour faciliter ce genre de transition" rapporte l’AFP. Considérant que les changements actuels sont très insuffisants, cette intervention d’Hillary Clinton sonne comme la fin définitive du soutien américain à Hosni Moubarak.

 

Déjà, le retour précipité des Etats-Unis mercredi dernier de Sami Anan, le chef d’état-major de l’armée égyptienne, pouvait laisser penser que les Américains lui avaient donné plusieurs instructions pour gérer la situation. Puis, la nomination d’Omar Souleimane au poste de vice-président a permis de mettre en place un homme qui aurait toutes les compétences pour reprendre rapidement la gestion du pays.

 

Vers un tadem Souleimane - ElBaradei ?

Chef des renseignements égyptiens, proche des Américains et connaissant bien la CIA, les services secrets américains, de par ses fonctions, il est en charge de la plupart des dossiers sensibles d’Egypte, à commencer par la gestion du conflit entre Israël et la Palestine. Un point crucial pour l’Amérique. Issu d’une famille bourgeoise, sa brillante carrière militaire et sa réputation d’homme intègre en font un parfait candidat pour gérer le pays. Un candidat accepté de l’intérieur et parfaitement à même de poursuivre la politique souhaitée par les américains dans la région.

Mais, pour que la solution soit satisfaisante pour tout le monde, il faudra sans doute aussi compter sur Mohamed El Baradei. Chargé par l’opposition, dont les Frères Musulmans, de négocier le départ de Moubarak, l’ancien prix Nobel de la Paix a déclaré aux manifestants près de la place Tahrir, au Caire : "Je vous demande de patienter, le changement va arriver dans les prochains jours".

Il est donc tout à fait possible qu’un gouvernement de consensus soit mis en place, donnant une place à l’opposition sous la présidence d’Omar Souleimane. Ce scénario relève aujourd’hui néanmoins de la fiction. Car faudrait-il encore qu’Hosni Moubarak accepte de quitter le pouvoir, la solution qui paraît la plus raisonnable. Autre alternative sinon : la répression pure et simple qui ouvrirait une période de violence et d’incertitude en Egypte.

 

January

Touba : La presse reçue par Serigne Sidi Mokhtar Mbacké

Une innovation de taille a eu lieu , cette année ,dans la cité religieuse de Touba , lors de magal de 2011. Le Khalife a reçu une forte délégation de journalistes venus lui témoigner leur estime et leur considération . Le groupe a été conduit chez le Patriarche de Gouye-Mbinde par Serigne Abô Mbacké . Face au marabout les reporters ,au nombre de 400 se sont réjouis des conditions d’hébergement et d’accueil . Le marabout avait donné , il faut le dire , des instructions dans ce sens .

Répondant à ses hôtes , le Khalife ,par la voix de Serigne Cheikh Thioro Mbacké a félicité ses invités , pour la qualité de leur travail non sans leur demander de davantage persévérer dans cette voie . Pour lui , le métier de journaliste est délicat et requiert de la part de celui qui l’exerce beaucoup de déontologie de et prudence .Il rappellera à la presse que son travail n’est guère de restituer tous les événements et n’importe comment . Il s’agira , fera-t-il comprendre , de distinguer le faux du vrai et de dire le vrai de la manière la plus instructive qui soit .

Amadou Moustapha Mbaye
source Lepuple-sn.com
Lundi 24 Janvier 2011

 

 

Programme rétablissement des liens familiaux (Cicr) : 303 enfants déjà retrouvés sur les 339 disparus

Pour assurer aux populations un bon Magal, le Comité international de la Croix-rouge (Cicr) est venu en appoint à la Croix-rouge nationale à travers un programme dénommé rétablissement des liens familiaux. Le programme consiste à aider les enfants ou autres personnes, séparés momentanément de leurs proches, à pouvoir les retrouver. Sur les 339 enfants disparus, selon les statistiques, 303 ont déjà été retournés à leurs familles.

Pour un bon déroulement de la 116e édition du grand Magal de Touba, l’action humanitaire n’est pas en reste. Le Comité international de la Croix-rouge (Cicr) est venu en appoint aux deux cents éléments déployés sur le terrain par la Croix-rouge sénégalaise à travers un programme dénommé rétablissement des liens familiaux. ‘Depuis vendredi dernier, date de notre installation, nous avons reçu 445 déclarants d’enfants disparus, 339 enregistrements physiques, majoritairement constitués d’enfants âgés de 8 à 14 ans. A la fin de l’opération, nous avons aidé 303 enfants à retrouver leurs familles et les 36 restant, ont été remis au juge pour enfants du tribunal de Diourbel’, livre Amadou Diop du Cicr, coordonnateur du dispositif qui s’occupe du rétablissement des liens familiaux. 36 enfants donc n’ont pu retrouver leurs familles et le juge du tribunal pour enfants de Diourbel jouera sa partition pour leur trouver une solution.

Amadou Diop d’informer que le programme de rétablissement des liens familiaux ‘consiste à aider les enfants ou autres personnes, séparés momentanément de leurs proches, à pouvoir les retrouver’.

Le Cicr qui marque ainsi son entrée dans cette importante fête religieuse auprès de l’antenne nationale compte apporter son soutien pour les besoins humanitaires de cet événement. Un dispositif qui travaille en collaboration avec la Commission de prise en charge des enfants en situation difficile du ministère de la Justice et l’Association Guindi du ministère de la Famille. Il poursuit que c’est une manière de mettre en synergie les forces pour remettre ensemble des personnes momentanément séparées. Et Dieu sait qu’elles sont nombreuses ces personnes qui se perdent autour de la grande mosquée de Touba en cette période de Magal.

Pour des raisons sécuritaires, la procédure de récupération d’un enfant n’est pas aussi simple. L’enfant séparé de ses proches implique une responsabilité juridique, selon Amadou Diop qui informe que les parents qui ont perdu leur proche remplissent un formulaire leur permettant de décliner leur identité, en plus de leur pièce d’identité nationale. ‘Si toutes ces conditions sont réunies, nous délivrons un document signé et le parent peut retourner avec son enfant’, ajoute le coordonnateur du programme rétablissement des liens familiaux. Ce dispositif fonctionne chaque jour jusqu’à 1 heure du matin. ‘Le vendredi, nous avons passé la nuit dans le centre et hier nous étions là jusqu’à 3 heures du matin pour accueillir les enfants perdus’, témoigne Amadou Diop qui montre du doigt un groupe d’enfants perdus attendant sous la tente dressée à l’occasion. Des enfants qui proviennent de différentes localités du pays. Le Cicr assure ce dispositif avec le soutien de 30 éléments de la Croix-rouge nationale qui a déployé en tout 200 volontaires répartis dans différentes tentes qui font le travail. En plus du travail de rétablissement des liens familiaux, il y a un travail d’appui conséquent aux volontaires et de secours aux blessés.

A. NDIAYE
source Walfadjri
 

 
Mardi 25 Janvier 2011

 

 

G8-G20 : une mission sur l'Afrique pour le PDG de Prudential Tidjane Thiam

Le patron du premier assureur britannique Prudential et ancien ministre ivoirien, Tidjane Thiam, a accepté une mission sur le développement de l'Afrique dans le cadre de la présidence française du G8-G20, a annoncé lundi le président français Nicolas Sarkozy.

G8-G20 : une mission sur l'Afrique pour le PDG de Prudential Tidjane Thiam
Lors d'une conférence de presse à l'Elysée, au cours de laquelle il a développé les priorités de sa présidence des forums des principales puissances, le chef de l'Etat a dit qu'il souhaitait que l'Afrique en soit une et a annoncé qu'une mission avait été confiée à ce Franco-Ivoirien de 48 ans.

"Nous ferons porter nos efforts sur le développement, sur les infrastructures", a-t-il dit à propos du continent africain.

Au sommet de Cannes (sud-est de la France) prévu en novembre "nous adopterons une liste de projets concrets, avec leurs financements, qui seront mis en chantier immédiatement", a ajouté Nicolas Sarkozy.

"Et le panel de haut niveau chargé de les identifier sera présidé par Tidjane Thiam, président du groupe mondial d'assurances Prudential, ancien ministre ivoirien du Plan et du Développement, je le remercie d'avoir accepté cette mission", a encore dit le président.

Ancien des prestigieuses Ecole polytechnique et Ecole des mines, passé par le cabinet de consultants américain McKinsey à Paris, Tidjane Thiam avait interrompu sa carrière dans les affaires lorsqu'en 1994 le président ivoirien d'alors Henri Konan Bédié l'avait appelé à ses côtés pour devenir ministre de la Planification.

Ce gouvernement avait été renversé en 1999 par un coup d'Etat militaire et il s'était retrouvé un temps assigné à résidence en Côte d'Ivoire avant de quitter le pays.

En 2002, il s'était exilé au Royaume-Uni avec sa femme avocate américaine et ses deux fils. Il a été dirigeant du groupe d'assurance britannique Aviva avant de prendre la présidence du groupe Prudential en 2009.

Chez Prudential il a été confronté en juin dernier à une fronde d'actionnaires après l'échec du rachat d'AIA, filiale asiatique de l'assureur-vie américain AIG.

source AFP via Jeune Afrique
 

 
Mardi 25 Janvier 2011

 

 

Côte d`Ivoire: une délégation de la Cédéao va rencontrer Obama et Ban Ki-moon

LAGOS - Une délégation de la Communauté économique des Etats d`Afrique de l`ouest (Cédéao), organisation menaçant le président sortant ivoirien Laurent Gbagbo d`une intervention armée, va rencontrer cette semaine le président américain Barack Obama, a indiqué mardi un ministre nigérian. Les émissaires de la Cédéao doivent aussi s`entretenir avec le secrétaire général de l`ONU Ban Ki-moon, a ajouté le ministre nigérian des Affaires étrangères Odein Ajumogobia, membre de la délégation, confirmant ainsi les
annonces des medias locaux sur ces rencontres.

Côte d`Ivoire: une délégation de la Cédéao va rencontrer Obama et Ban Ki-moon
"C`est vrai", a-t-il brièvement indiqué, refusant de donner plus de détails au moment d`embarquer dans un vol pour les Etats-Unis.

Selon les médias nigérians, le président sierra-léonais Ernest Koroma dirige la délégation qui comprend également le président de la Commission de la Cédéao James Victor Gbeho.

La délégation devrait rencontrer M. Obama mercredi et M. Ban jeudi. Lundi, M. Ajumogobia avait appelé le conseil de sécurité de l`ONU à autoriser une action militaire en Côte d`Ivoire, comme l`a fait la Cédéao, pour obliger Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir.

Il avait indiqué que la Cédéao (15 pays africains) "demande un soutien international sans équivoque par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies pour autoriser l`usage de la force".

Laurent Gbagbo refuse de céder le pouvoir depuis qu`il a été proclamé vainqueur de la présidentielle du 28 novembre par le Conseil constitutionnel alors que la Commission électorale a déclaré M. Ouattara élu.

source AFP vIA Abidjan.net
 

 

 

La Révolution s’avance ou Quand Henri Lopès balance à Paris
Le 14 décembre 2010, Henri Lopès, écrivain, ancien militant indépendantiste congolais et ambassadeur du Congo en France, participait à une table ronde organisée par l’Institut Pierre Mendès France, à Paris. A ses côtés, prenaient également part aux exposés Jean-Christophe Rufin, écrivain, ancien ambassadeur de France au Sénégal, Stéphane Gompertz, directeur Afrique et de Océan Indien au Ministère des Affaires étrangères, Vincent Hugeux, grand reporter à l’Express, Emmanuel Laurentin, producteur à France Culture et modérateur pour l’occasion.

Face à ces représentants du gratin politico-journalistico-intellectuel français, Henri Lopès déclara :

« (…) Je n’ai rien écrit, je ne voulais pas vous faire un exposé ex cathedra, étant donné que nous étions dans une table ronde. Je pensais que j’apporterais simplement quelques éléments de réflexion. (…) Je voudrais peut-être rappeler, donner un certain nombre d’éléments du contexte. Les indépendances, 1960 : que se passe-t-il en Afrique, que se passe-t-il dans le monde, que se passe-t-il en France, dans leurs relations avec les colonies françaises ?

Dans le monde, il y a bien sûr la guerre froide. Mais on y est tellement qu’on n’en a pas conscience de manière quotidienne. Et puis, il y a surtout la guerre d’Algérie, qui vient après les guerres d’Indochine. Et la France a des efforts à fournir de ce côté, et a un malaise qui se répercute jusqu’en France. Tout le débat politique français, dans l’époque où j’étais étudiant, était constamment émaillé de questions relatives à l’Algérie. Les manifestations qui avaient lieu chaque jour étaient surtout relatives à l’Algérie. C’est dans ce climat (…) que nous avons fait nos universités politiques. Et j’ai l’impression que, dans ce qui a été la politique de décolonisation de De Gaulle – et pour moi « décolonisation » est différent d’indépendance ; décolonisation est un processus, un processus continu – et dans cette politique, il y a, il ne faut pas être grand clerc en matière d’Histoire pour comprendre que le général de Gaulle avait conscience du fait qu’il fallait qu’il ne se crée pas, pour reprendre avant la lettre une formule que Che Guevara a mise dans sa fameuse Lettre d’espoir, créer « mille Vietnam », et (…) il fallait éviter de créer « mille Algérie »… Il y avait des parties de l’Afrique qui se trouvaient déjà en guerre. On l’a oublié. C’est essentiellement le Cameroun. Je ne parle pas de l’Afrique anglophone, avec le Kenya, la révolte des Mau-Mau. Tous ces éléments-là, je crois, ont été pris en compte, et je ne veux pas développer plus longuement des choses que vous connaissez tous, mais qui sont quelquefois perdues de vue dans le contexte.

Donc, de Gaulle a compris qu’il fallait éviter qu’il y ait d’autres foyers de guerre dans laquelle la France se trouverait impliquée avec ses colonies. Et puis alors, il y a dans les colonies des gens qui s’agitent. Il y a d’abord l’élite, ceux que, par exemple, en Afrique centrale, Afrique équatoriale française, on appelait les « évolués », dont la revendication était, au départ, simplement le désir d’avoir les mêmes droits que les citoyens français. Je pourrais développer longuement ce chapitre. Et c’est face à l’obstination de certains milieux français, surtout en rapport avec le milieu colonial, qui fait que de ce concept on passe à l’indépendance. Et l’idée d’indépendance n’est pas tellement ancrée dans la population africaine. Nos parents nous crient « casse-cou ! » Elle est surtout le fait d’agitateurs – comme je l’étais, loin de l’Afrique, en France – qui retournions en vacances faire de l’agitation. Et cela va s’incarner dans le choix de la Guinée en 1958. Et je voudrais donc rappeler cela : les dirigeants africains de l’époque, je parle des anciennes colonies françaises – les choses sont complètement différentes dans les colonies anglaises – ne souhaitent pas l’indépendance : on les pousse à l’indépendance. (…) Les dirigeants [africains] sont emmenés, poussés en partie par les dirigeants français qui se rendent compte qu’on a intérêt à déminer la situation en allant à l’indépendance. D’où le projet de De Gaulle, la Communauté française, avec dans un premier temps une autonomie interne qui prend forme dès 1958 et, petit à petit, la marche vers l’indépendance. (…) Ce que je voudrais dire, c’est que ces dirigeants africains, je me mets à leur place – j’étais opposé à eux à l’époque – comment voient-ils l’indépendance… Qu’on leur impose... Ils se disent, bon, nous allons l’accepter, nous allons être indépendants (…). »

A partir de la minute 33’ :

Récapitulons : dirigeants africains « poussés » à l’indépendance ; indépendance « imposée » en 1960 par l’Etat français ; mieux encore, idée d’indépendance « pas tellement ancrée dans la population africaine » ; cerise sur le gâteau, indépendance surtout le fait d’une minorité « loin de l’Afrique », qui retournait en vacances « faire de l’agitation »…

Autant de confidences qui confirment ce que le blog Fusionnisme annonce depuis plusieurs mois : la grande thèse commune au Club Novation Franco-Africaine (CNFA) et au Mouvement Fusionniste – à savoir le mensonge planétaire qui travestit en triomphe du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ce qui fut, en réalité, il y a cinquante ans, le largage de l’Afrique par l’Etat français, au mépris des Africains, et à des fins inavouables, entre racisme, défiance civilisationnelle, déni d’égalité et appât du gain – cette thèse a triomphé en coulisses et n’est plus guère contestée dans les hautes sphères franco-africaines. Notons qu’ici, Henri Lopès va, sur certains points, encore plus loin que le CNFA…

D’ailleurs, que croyez-vous qu’il arriva ce jour-là, autour de la table ronde organisée par l’Institut Mendès France ?

Tout simplement, chacun fit semblant de ne rien avoir entendu de ce que disait Henri Lopès, écrivain, ancien militant indépendantiste congolais et ambassadeur du Congo en France.

Jean-Christophe Rufin, écrivain, ancien ambassadeur de France au Sénégal, Stéphane Gompertz, directeur Afrique et Océan Indien au Ministère des Affaires étrangères, Vincent Hugeux, grand reporter à l’Express, Emmanuel Laurentin, producteur à France Culture et modérateur pour l’occasion, ne trouvèrent dans les propos d’Henri Lopès rien qui suscitât chez eux le moindre rebond…

Reconnaissons au modérateur, Emmanuel Laurentin, producteur et animateur à France Culture, le mérite de la cohérence. Il n’a jamais invité aucun membre du Club Novation Franco-Africaine dans ses émissions. Les écrivains Claude Garrier, Samuel Mbajum, Simon Mougnol, et tant d’autres membres du CNFA, n’ont jamais eu les honneurs de France Culture. Il est vrai que pour ce qui est de Radio France, radio d’Etat française, seule RFI, au fil des années, a reçu au compte-gouttes certains d’entre nous. Mais ni France Culture, ni France Inter, ni France Info n’ont jamais rien dit de nos travaux, ni accordé le moindre micro à nos idées. Il n’y a donc guère matière à s’étonner qu’Emmanuel Laurentin n’ait pas relevé l’incongruité des propos d’Henri Lopès, pas plus que les autres intervenants, ou même le public.

Car ce qu’a osé dire Henri Lopès fait partie de ce qu’il faut obligatoirement taire, puisque c’est la vérité, et que cette vérité est l’inverse de l’histoire officielle à laquelle tout le monde est tenu, depuis cinquante ans, sous peine de mort sociale, d’adhérer. Le secret recouvre tant de scandales incommensurables, et sert tant d’intérêts… Alors « on joue le jeu », « le système joue le jeu », encore et toujours…

Par-delà ceux qu’on tient à l’écart, par-delà les dialogues de sourds et malgré les silences, les esquives si confortables, tandis que la Côte d’Ivoire, la Tunisie, l’Algérie sont en ébullition, la parole avance à Paris, malgré tout. En dépit des élites politico-journalistico-intellectuelles ultra-hypocrites. Et, faut-il s’en étonner, grâce à une vieille voix africaine…

source:

 

L’islam bafoué par les terroristes
un appel de 60 citoyens français de foi, de tradition ou de culture musulmane
À l’initiative de Respect Mag, un Appel intitulé « L’islam bafoué par les terroristes », publié ce mercredi 12 janvier dans le quotidien Libération, réunit 60 citoyens de foi, de tradition ou de culture musulmane (ou héritiers de ces références). Les signataires dénoncent « le rapt de leur identité par ceux qui tuent ‘’au nom de l’islam’’. « Ils clament haut et fort leur refus de l’intolérance et des violences commises, de par le monde, à l’encontre de minorités. Et plus fort encore lorsque certains bafouent leur foi ou leur identité en tuant au nom de l’islam. »

Dès les premières heures de l’année, 21 chrétiens étaient massacrés à la sortie de la messe, devant l’Église des Saints d’Alexandrie en Égypte. Deux mois auparavant, veille de la Toussaint, des terroristes assassinaient 45 chrétiens dans la cathédrale de Bagdad. Des atrocités commises « au nom de l’islam ».

Nous rappelons, haut et fort, que ces meurtriers ne sont pas l’islam, et qu’ils ne représentent en rien les musulmans. Nous voulons signifier par cet Appel notre refus de ce rapt de nous-mêmes : celui dont on usurpe l’identité est plus à même de démasquer le faussaire.

L’instrumentalisation de la religion est certes trop souvent, ici, le fait de certains médias ou politiques. Elle reste, de par le monde, la terrible arme des extrémistes. Et ce sont eux qui tuent, dans différents pays, des femmes, des hommes et des enfants de toutes confessions, dont de nombreux musulmans. Le meurtre de chrétiens, comme de tout être humain, est une horreur absolue. Et c’est aussi l’islam qu’on assassine en commettant ces crimes en son nom. Alors comment se taire quand on tue en votre nom ?

Depuis la France, les citoyens de foi, de tradition ou de culture musulmane - ou héritiers de ces références - veulent ici dire leur indignation devant ces crimes. Pour leurs voisins, pour leurs enfants et pour eux-mêmes, contre les amalgames destructeurs. Ils clament haut et fort leur refus de l’intolérance et des violences commises, de par le monde, à l’encontre de minorités. Et plus fort encore lorsque certains bafouent leur foi ou leur identité en tuant au nom de l’islam.

Construisons partout le vivre ensemble dans nos pays multiconfessionnels.

- Signer cet appel en ligne sur le site de Respect Magazine


LA LISTE DES SOIXANTE PREMIERS SIGNATAIRES : * Abd Al Malik, rappeur et écrivain. * Farid Abdelkrim, écrivain humoriste. * Younés Aberkane, président de la Fédération du Scoutisme Français. * Abdellah Aboulharjan, fondateur de La nouvelle Pme. * Zorah Ait-Maten, 1ère adjointe au maire du 7ème arrondissement de Lyon et conseillère communautaire. * Mehdi Thomas Allal, responsable Pôle anti-discrimination de la Fondation Terra Nova. * Amel Arfaoui, journaliste. * Bouchera Azzouz, présidente de République allant droit. * Mounir Benali, journaliste Beblack Tv. * Ibrahim Keita Sorel, BDM Tv. * Malika Bellaribi Le Moal, artiste Lyrique. * Cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel Tariqa Alawiya. * Yves Bernard, président des Scouts musulmans de France. * Mohamed Besseghir, étudiant en arabe. * Hamou Bouakkaz, adjoint au Maire de Paris. * Docteur Marouane Bouloudhnine, chirurgien orthopédiste. * Akram Belkaïd, journaliste. * Latifa Bennari, présidente de l’association L’Ange bleu. * Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix. * Dalil Boubakeur, recteur de l’Institut musulman de la Grande Mosquée de Paris. * Nedjma Boutlélis, gérante de société Nea Lead Coaching. * Marc Cheb Sun, fondateur et directeur de la rédaction de Respect Mag. * Magyd Cherfi, auteur, compositeur. * Farah Cherif, fonctionnaire. * Madani Cheurfa, secrétaire général du Centre de recherches politiques de * Sciences Po (CEVIPOF). * Mohamed Colin, directeur de la rédaction de Saphirnews et de Salamnews. * Doudou Diène, rapporteur spécial des Nations Unies sur les formes * contemporaines de racisme (2002_2008), Président du Conseil de Emisco. * Faycal Douhane, membre du Conseil National du Parti Socialiste, président * Zineb Doulfikar, directrice de l’association Chibanis Nice. * Hakim El Karoui, président de l’Institut des cultures d’islam, Ville de Paris. * Akrem El Mejri, employé. * Ezzedine El Mestiri, fondateur et directeur de la rédaction du Nouveau * Anne Esambert, fonctionnaire. * Vincent Geisser, président du CIEMI, chercheur au CNRS. * Eric Geoffroy, islamologue, écrivain. * Khalid Hamdani, consultant en ressources humaines. * Kamel Hamza, conseiller municipal UMP La Courneuve et président de * l’Association Nationale des élus locaux issus de la diversité. * Adil Jazouli, sociologue. * Bariza Khiari, sénatrice de Paris. * Saad Khiari, cinéaste-auteur * Djamel Klouche, architecte. * Betoule Fekkar-Lambiotte, fonctionnaire internationale. * Haroun Lunzaila, enseignant * Zahra Mabrouk, chargée de mission. * Fadila Mehal, présidente des Marianne de la diversité. * Naïma M’Faddel-Ntidam, présidente de la Maison d’Averroès. * Abdallah Marhlaoui, proviseur adjoint du lycée Gaston Berger (Lille). * Karim Miské, réalisateur. * Mohammed Moussaoui, président du Conseil Français du Culte Musulman. * Ousmane Ndiaye, journaliste Respect Mag. * Warda Sadoudi, présidente association Home, Fontenay-sous-Bois. * El Yamine Settoul, consultant chercheur Sciences-Po Paris. * Patricia Sonnino-Jezequel, journaliste. * Elyamine Soum, sociologue. * Tareq Oubrou, grand Imam de Bordeaux et recteur des Mosquées de l’Association des Musulmans de la Gironde. * Adama Paris Ndiaye, créatrice de mode. * Nasser Ramdane Ferradj, maire adjoint Noisy-le-Sec. * Véronique Rieffel, directrice Institut des cultures d’Islam, ville de Paris. * Yazid Sabeg, commissaire à la Diversité et à l’Égalité des chances. * Ben Salama, journaliste et auteur de documentaires. * Brahim Senouci, maître de conférences. * Faouzi Skali, fondateur du festival des musiques sacrées de Fès. * Karima Souid, directrice de projets tourisme d’affaires. * Jean-Claude Tchicaya, consultant éducatif, ex-maire adjoint. * Khaled Toumi, fonctionnaire. * Ludovic Lotfi Mohamed Zahed, fondateur et porte-parole de HM2F. * Karim Zeribi, conseiller municipal Europe Écologie de Marseille et président * de la RTM (régie des transports de Marseille). * Benhamed Ziani, éducateur.

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Veillée d’armes en Côte d’Ivoire ?
Ouattara en appelle de nouveau à l’utilisation de la force
Après les heurts qui ont éclaté en milieu de semaine à Abidjan, le chemin vers le conflit armé semble selon Alassane Ouattara bien tracé. Le président désigné par la Commission électorale indépendante, affirme gagner de plus en plus de soutiens au sein de l’armée et précise le calendrier d’une possible intervention militaire africaine. Une intervention à laquelle il s’est de nouveau déclaré favorable vendredi. L’Onu visée par une nouvelle attaque jeudi a annoncé la découverte d’un troisième charnier. Raila Odinga, le médiateur de l’Union africaine (UA) pour la Côte d’Ivoire sera à Abidjan dimanche.

Alassane Ouattara s’impatiente. « Je crois vraiment qu’il faut utiliser la force pour faire partir Laurent Gbagbo. Je pense qu’il est temps », a-t-il déclaré vendredi après-midi lors d’une vidéo conférence avec le Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS). Jeudi déjà, il a évoqué dans un entretien accordé au journal français l’Express, l’éventualité d’une intervention militaire de la Cedeao et précisé les prémices d’un calendrier. « Le 18, mardi prochain, les chefs d’état-major de la Cedeao se retrouvent à Bamako. L’étape suivante, ce sera leur venue à Bouaké [fief de l’ex-rébellion], pour les repérages de terrain », annonce-t-il. Alors que la Cedeao et l’Union africaine ont pour l’instant mis entre parenthèse cette option et que plusieurs pays, dont le Ghana et l’Angola se sont ouvertement opposés à cette idée, il reste persuadé que l’option militaire reste d’actualité. « Pour une intervention de cette nature, seuls comptent quelques pays clés », a-t-il indiqué. Son premier ministre, Guillaume Soro a dans le même temps estimé qu’ « une opération rapide et bien ciblée arrêtera les tueries et mettra fin au chaos ».

Alassane Ouattara en est persuadé, son adversaire Laurent Gbagbo s’affaiblit. Dans cet entretien, le candidat déclaré vainqueur par la Commission électorale indépendante affirme que les évènements des derniers jours, les attaques contre l’ONU ainsi que les heurts à Abobo, « témoignent clairement d’un affaiblissement » du président sortant. Alassane Ouattara s’est aussi dit confiant quant à l’issue de la lutte d’influence qui l’oppose au sein de l’armée ivoirienne à Laurent Gbagbo. « Dès la semaine prochaine, je serai en mesure d’annoncer les ralliements de plusieurs officiers généraux, officiers supérieurs et simples officiers », a-t-il annoncé

La veillée d’armes se précise donc dans les deux camps. Selon le bimensuel La Lettre du Continent (LC) daté de ce jeudi, Laurent Gbagbo solliciterait l’Angola, son principal allié sur le contient africain, pour se renforcer militairement. Selon les informations du journal en ligne, « un cargo dénommé Kuango et affrété par une société publique angolaise serait par ailleurs en partance de Luanda pour le Port Autonome d’Abidjan (PAA), avec à son bord du matériel de guerre et des pièces d’artillerie.

Les pressions économiques se poursuivent

S’il ce dit favorable à l’usage de la force, Alassane Ouattara, qui détient la signature de la Côte d’Ivoire auprès de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bceao), mais pas encore le chéquier ni la combinaison du coffre, s’efforce d’étendre son emprise économique. « Dans une semaine, on aura bien verrouillé le pétrole, le cacao, le café, mais aussi les impôts et taxes », a-t-il indiqué. Selon lui, « le clan Gbagbo a vidé les caisses de toutes les sociétés étatiques » afin de payer « les salaires du mois de décembre ». « La Petroci [pétrole] ou la Sir [raffinage] n’ont plus un sou vaillant », a-t-il affirmé.

Dans le même temps, les pressions économiques internationales s’accentuent. L’Union européenne (UE) a décidé vendredi le gel des avoirs en Europe de Laurent Gbagbo et de 84 proches de son clan, ainsi que de « 11 entités » économiques notamment dans le secteur portuaire et des médias. Ces 85 personnes sont en même temps interdites de visa dans toute l’UE, selon des diplomates. Ces sanctions s’ajoutent à la première liste de personnes frappées d’interdiction de visa dans l’Union européenne, sur laquelle figuraient déjà 59 personnes dont le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son épouse, adoptée fin décembre.

Le bilan des violences revu à la hausse

A Abidjan, et alors que le médiateur de l’Union africaine (UA) pour la crise ivoirienne, le Premier ministre kényan Raila Odinga, est attendu ce dimanche, le calme est quelque peu revenu. Mais après les derniers incidents qui ont eu lieu en milieu de semaine, un palier de plus vers la lutte armée semble avoir été dépassé. C’est à l’arme lourde que se sont affrontés les partisans d’Alassane Ouattara et les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) fidèlent à Laurent Gbagbo. Les FDS qui ont menacé les forces de l’Onu qui tentaient d’accéder à Abobo. Les Nations Unies qui ont été de nouveau prises pour cible jeudi par « les forces régulières et irrégulières fidèles à Laurent Gbagbo ». Son Secrétaire général, Ban Ki-moon, a exprimé jeudi sa « profonde inquiétude » après ces nouvelles attaques.

Des violences post-électorales qui, selon l’Onu, ont fait 247 morts et 49 disparus. Un bilan qui pourrait s’alourdir de manière significative. Navi Pillay, Haut commissaire aux droits de l’homme de l’Onu, a déclaré jeudi qu’un troisième charnier avait été découvert. Selon elle, les Nations unies s’étaient vu refuser l’accès aux trois sites, dont un qui contiendrait 80 corps. Le troisième charnier se trouverait à Issia, près de Daloa, mais l’Onu n’a pu vérifier son existence, a déclaré Rupert Colville, porte-parole de Pillay.

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December

Obama musulman ? Sa grand-mère en rêve
Sarah Obama, la grand-mère kényane du président américain Barack Obama, qui vient d’achever le pèlerinage à La Mecque, a déclaré souhaiter que son petit-fils se convertisse à l’islam, rapporte jeudi le Daily Nation. « J’ai prié pour que mon petit-fils Barack se convertisse à l’islam », s’est confiée l’aïeule, 88 ans, dans une interview au quotidien saoudien Al-Watan. Cette déclaration intervient après que la confession religieuse de Barack Obama a été au centre d’une vive polémique aux Etats-Unis. Un sondage d’opinion publié en août a révélé qu’un Américain sur cinq pense que M. Obama est musulman alors que la Maison Blanche a toujours assuré qu’il était chrétien.

 

LA DIPLOMATIE AMERICAINE AU COEUR DU SCANDALE APRES LES REVELATIONS WIKILEAKS : Comment les USA fichaient des dirigeants africains

LA DIPLOMATIE AMERICAINE AU COEUR DU SCANDALE APRES LES REVELATIONS WIKILEAKS : Comment les USA fichaient des dirigeants africains
…Une tempête médiatique

Alors des informations ont commencé à circuler grave partout dans le monde, renseignant sur ce qu’ont fait les «Kanas», comment, ils voient les dirigeants des autres pays. Et ni l’Afrique encore moins le Sunugaal ne sont épargnés dans ces notes et autres rapports explosifs. Nous suivons le coup. Mais d’ores et déjà, sachez que dans ce foisonnement de renseignements, les Etats-Unis voulaient obtenir de la part de leurs espions des scan(s) de rétines, des échantillons d’Adn, des empreintes digitales de politiques, de businessmen mais aussi de militaires de retour d’Irak ou encore d’Afghanistan. Selon le quotidien britannique «The Guardian» qui a exploité les données de Wikileaks, les services spéciaux yankees ne chôment pas en Afrique. Et c’est à la demande expresse de Madame Hillary Clinton qu’ils collectent les données biologiques de plusieurs milliers de ressortissants de ce continent.

Le Sénégal et l’Afrique concernés


Dans un document sous forme d’ordre, on peut apprendre que Washington a demandé à ses services d’espionnage de collecter les données biométriques depuis avril 2009 des principaux leaders africains, pas seulement ceux qui font de la politique, mais aussi les hommes d’affaires, les intellectuels, les chefs d’armée, les responsables religieux, les acteurs des groupes ethniques… Selon toujours la même source, les Américains ont porté une attention très particulière aux hommes qui revenaient d’Afghanistan ou encore d’Irak, et tout cela pour éviter toute naissance de réseau terroriste, notamment au Burkina Faso, Tchad, Mali, Mauritanie, Nigeria ou encore Sénégal.

Adn, empreintes, numéros…

Les espions devaient ainsi rapporter à Washington des scanners des rétines, des empreintes digitales, ou encore des échantillons d’Adn ! Les diplomates, pour leur part devaient collecter les numéros de téléphones, de fax, les e-mails, les listes de contacts, les numéros de cartes bancaires, les données biographiques, bref un véritable travail d’espions contre des personnalités. Selon toujours la même source, les Américains avaient bien des raisons de trembler devant les publications de Wikileaks, ils auront beau s’étouffer en arguant que ce site est illégal, mais comment seront-ils accueillis désormais, leurs activités secrètes, en quoi sont-elles légales ?

Rufin et son télégramme…

Restons avec cette catastrophe pire qu’un tsunami pour les States pour parler de Jean Christophe Rufin, la teigne de Sarko, Rimka et Njomboor réunis. Il n’a pas été insensible à cette pagaille qu’a semée Wikileaks. Interrogé par France24.com, il estime qu'«il s'agit d'un très gros coup, compte tenu de l'ampleur des révélations faites». Et il parle en connaissance de cause. «Je suis bien placé pour savoir que les fuites ne sont pas rares. Lorsque j'étais ambassadeur au (Sunugaal), l'un de mes télégrammes avait été publié dans le Canard enchaîné. La situation était très gênante, car je recommandais à Paris de ne pas accorder d'emprunt sans conditions au gouvernement (sunugaalien). Lorsque l'on voit son texte publié mot pour mot dans la presse, l'impression qui en ressort est toujours bizarre», rappelle-t-il. Et cela fait froid dans le dos quand il révèle : «Le télégramme qui a été publié lorsque j'étais au (Sunugaal), je ne l'avais envoyé qu'à neuf personnes. Ce sont des histoires de manipulation, d'agents doubles...». Brrr !!!

…Source de ses malheurs


Selon l’immortel et écrivain à succès, «quand ce genre de choses arrive, il y a un effet immédiat : les gens ne parlent plus». Et dans le cas de la tempête déclenchée par Wikileaks, il estime que les gens «vont réfléchir à deux fois avant d'aller dire quelque chose aux Américains. D'autre part, les ambassadeurs américains en poste vont certainement être soupçonnés d'être les auteurs des télégrammes. Au-delà de leur dimension politique, ces révélations les mettent dans une situation très embarrassante qui va être difficile à gérer». Il reparle de son fameux télégramme pour dire : «dans mon cas, j'étais identifié comme l'auteur du télégramme qui a été publié. Je n'ai jamais pu rattraper complètement les choses ; toutes les tensions et les problèmes que j'ai eus par la suite avec les autorités du pays étaient liés à cet épisode».


La rédaction
Source Le Populaire
 

 

La France va-t-elle expulser les étrangers malades du sida ?
Le projet de loi sur l’immigration inquiète
Ce mercredi, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, de nombreuses associations françaises de défense des droits des étrangers ont manifesté leur opposition à un amendement introduit dans le nouveau projet de loi sur l’immigration, qui prévoit de renvoyer dans leurs pays d’origine les malades du sida si les traitements y sont disponibles. Les associations expliquent que rien ne garantit leur accès aux soins une fois qu’ils sont expulsés. Privés de papiers, les malades pourraient sombrer dans la clandestinité, ce qui desservirait la lutte contre le sida.

C’est une affaire qui inquiète vivement les associations de défense des droits des étrangers malades en France. Si le nouveau projet de loi sur l’immigration, voté par l’Assemblée début octobre, est adopté en l’état par le Sénat qui doit l’observer en début d’année prochaine, des milliers d’étrangers malades du sida pourraient se voir priver des titres de séjour auxquels ils avaient droit jusque-là, pour rester en France et s’y faire soigner. Un amendement dit « étrangers malades » introduit dans le texte de loi par le député UMP Thierry Mariani prévoit en effet que le malade puisse être renvoyé dans son pays d’origine, si le traitement y est disponible. « Nous avons commencé à enregistrer les inquiétudes des malades qui viennent s’ajouter à celles des associations », indique Vincent Douris membre de Sidaction, une plateforme qui soutient financièrement les associations de défense des étrangers malades. Le problème, explique-t-il, est que l’amendement vise à remplacer le terme d’ « accessibilité » réelle aux soins tel qu’il figurait dans les dispositions légales antérieures, par celui de « disponibilité » des traitements.

Risque d’un triomphe de l’arbitraire dans les préfectures de police

L’article de loi actuel :

« La carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » est délivrée de plein droit : [...] 11° A l’étranger résidant habituellement en France dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve qu’il ne puisse effectivement bénéficier d’un traitement approprié dans le pays dont il est originaire »

Si l’amendement était adopté, il deviendrait :

« La carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » est délivrée de plein droit : [...] 11° A l’étranger résidant habituellement en France dont l’état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d’une exceptionnelle gravité, sous réserve de l’inexistence d’un traitement approprié dans le pays dont il est originaire »

Ce changement de terme, développe sa consœur Eve Plenel, de l’Observatoire du droit à la santé des étrangers, une plate-forme qui regroupe des associations comme Médecins du monde et l’association de lutte contre le sida et les hépatites virales, Aides, est lourd de conséquence : « jusque-là, l’accessibilité englobait toute la problématique liée à la maladie : la disponibilité du traitement, le temps du trajet jusqu’au centre de soin, l’isolement du malade par rapport à ce centre de soin, son accès à un médecin spécialiste de sa pathologie. Or, en prenant en compte uniquement la question de la disponibilité du traitement, un préfet pourrait refuser l’admission au titre de séjour ou son renouvellement, en faisant valoir qu’une pharmacie du pays concerné possède les médicaments », déplore-t-elle. D’autres associatifs pointent le fait que les malades pourraient préférer sombrer dans la clandestinité plutôt que d’être expulsés, ce qui naturellement les priverait de l’accès aux soins. Pour Vincent Douris, d’autres pourraient demander à leurs médecins de changer leurs protocoles de traitement, pour leur prescrire les médicaments de dernières génération, dites de troisième ligne. En principe, ceux-ci que les médecins ne prescrivent que lorsque les protocoles habituels se montrent inefficaces ne sont pas encore pas disponibles dans les pays pauvres. Pour l’ordre des médecins a récemment rappelé que le projet de loi allait à l’encontre de toute forme de déontologie médicale.

Ce mercredi à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, de nombreuses associations comme Aides qui publie un texte sur son portail Internet intitulé « Non, mourir n’est pas moins pénible au soleil ! » ont relancé la campagne contre l’amendement Mariani. Déjà en octobre, d’autres associations comme Tjenbé Rèd (association afro-caribéenne de lutte contre le racisme et l’homophobie avaient appelé à manifester à Paris. Tjenbé Rèd faisait alors valoir que cet amendement favoriserait ainsi l’épidémie de sida, renvoyant des PVVIH (personnes vivant avec le VIH ou le sida) mourir dans leur pays ou les enfonçant sinon dans la clandestinité en France, les éloignant du système de soins au détriment de la santé publique. » Les associations ne veulent pas baisser les bras. « Nous sommes très mobilisés. Nous avions déjà engagé des actions de lobbying et de plaidoyers auprès des députés, quand le projet de loi est passé à l’Assemblée. Nous avons entamé la même démarche auprès des sénateurs », explique Eve Plenel. Fin 2008, le nombre d’étrangers régularisés pour raison médicale était de 28 460 personnes.

 

REVELATIONS : Yaya offre au rebelle Salif Sadio un passeport diplomatique N° 02482069, délivré le 24 octobre 2003

Je reviens aujourd’hui pour éclairer la lanterne de l’opinion gambienne et internationale sur les véritables relations étroites entre le Président Yaya Jammeh et le Chef rebelle du MFDC, Salif Sadio.
Bien qu’ils soient ensemble, dés fois, le Chef de l’Etat gambien soupçonne le chef rebelle de certaines pratiques. D’ailleurs, Salif Sadio a été une fois convoqué puis averti suite à un soupçon qui pesait sur sa personne. C’était par rapport à des informations graves liées à son mot de passe diplomatique.



 
REVELATIONS : Yaya offre au rebelle Salif Sadio un passeport diplomatique N° 02482069, délivré le 24 octobre 2003
Nous vous promettions de revenir sur certaines informations qui concernent Salif. Le numéro de passeport diplomatique de ce chef rebelle Salif Sadio est : 02482069. Il a été délivré le 24 octobre 2003. Il y a quelques mois, Yahya Jammeh a voulu reprendre le passeport diplomatique de Salif Sadio.
Actuellement, le Gouvernement de la Gambie a ouvert une enquête pour déterminer les origines des fuites en provenance de la Gambie. Salif Sadio lui-même a été entendu sur cette affaire de fuites d'informations. En Gambie, les propres hommes de Salif Sadio ont des liens directs avec les civils gambiens qui connaissent ses relations avec le président Yahya Jammeh. Les hommes proches du rebelle sont devenus presque des citoyens gambiens.

Les rebelles de la Casamance sont représentés par un avocat Gambien du nom de Camara qui doit beaucoup surveiller ses arrières. Car Yaya peut à tout moment l’accuser d’organiser des fuites et l’assassiner impunément.

Voici les noms des personnes qui sont actuellement incarcérés depuis 2000, parce qu'ils étaient les émissaires entre Sadio et Yahya Jammeh. Ils sont tous sacrifiés. Il s’agit de Balla Nyassi. Il est chargé du transport du matériel et de la restauration pour les autres les rebelles de Kanilai.
Nos services de renseignement sont tombés sur le nom d'une personne appelée Major Sainey Bayo.
Ce dernier a fui la Gambie depuis fort longtemps.

Même si le Major Bayo réfute ces accusations, nous pouvons les authentifier avec les noms des gens qu'il connaît très bien. Il se rappellera du capitaine Yaya Darboe. Cela va certainement sonner comme une cloche dans son esprit. L'autre élément se nomme Tapha Bojang.

Nous n’avons pas oublié Aziz Tamba qui était chargé des fournitures pour les hommes de Salif Sadio. Aziz Tamba était venu en Gambie comme fraudeur. Il était agent du Comité National pour la Gestion de la Lutte (CNG). Tamba est bien sûr connu au Sénégal. Il a fui vers la Gambie, après avoir détourné des fonds au Sénégal. Il s’est refugié à Kanilai. Quand il est arrivé en Gambie, il s’occupait du verger de Yaya Jammeh à Kanilai. Petit à petit, il s’est approché du président Jammeh. Maintenant, cet ancien membre du CNG est devenu un rebelle.

Si le Gouvernement sénégalais veut authentifier ces révélations, il peut s’approcher de Kamoungué Jatta qui est une icône au sein du MFDC. Il est d’ailleurs le rival de Salif Sadio dans le maquis.
Il a été amené en Gambie par Musa Jammeh. Dès qu'il est venu à Banjul, il a été kidnappé puis arrêté par la police gambienne. Il a été par la suite libéré.

Si le président Jammeh est prêt, je suis prêt à le rencontrer dans un tribunal de Droit avec des témoins authentiques qui ont été en contact direct avec les rebelles eux-mêmes. Je dois montrer au monde entier que je ne pourrai jamais jouer avec les relations ancestrales entre le Sénégal et la Gambie.
Le commandant du camp de la base du MFDC dans le Darsilame, Nuha Jammeh est actuellement dans le groupe depuis 2000. Il collabore avec les combattants qui sont: Dawda Jatta et Abdoulie Sanneh surnommé (AMUNYA).

Un des ténors du groupe NIA appelé Kebba Secka est également arrêté. Il détient des informations sensibles sur ces mouvements rebelles et leur relation avec Yaya Jammeh. Il était détaché au TDA-développement du tourisme. En conséquence, il savait où est ce que les rebelles de Salif Sadio étaient d’habitude logés.

Des fois, il les logeait dans un motel appelé MATHUS MOTEL. Les rebelles proches de Salif Sadio qui sont entretenus par Yaya Jammeh sont logés dans ce complexe hôtelier situé à proximité du Centre commercial appelé SUNU KERR à Serekunda.
On se rappelle les deux rebelles sur les 11 rebelles qui tentaient de trahir Salif Sadio et qui ont été tués en 2000.

D’ailleurs, Kebba Secka a été accusé par les autorités gambiennes d’avoir vendu des armes et une moto à des rebelles. Ce qui était inexact. La vérité c’est qu’il a été sacrifié car la moto et les pistolets appartiennent au Gouvernement du président Yahya Jammeh.

Excellence ESSA BOKAAR SEY
ANCIEN DIPLOMATE GAMBIEN
WASHINGTON (USA)

Source Bitimrew.net
 

 

Côte d’Ivoire : Ouattara déclaré vainqueur dans la confusion
Le Conseil constitutionnel invalide la victoire du candidat du RHDP proclamée par la CEI
Le Conseil constitutionnel a invalidé jeudi la proclamation de la victoire d’Alassane Ouattara sur Laurent Gbagbo faite ce même jour par la Commission électorale indépendante (CEI) et largement relayée par la presse étrangère. L’annonce de la CEI était intervenue dans l’après-midi, quelques minutes après l’intervention sur la chaîne de télévision publique du président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’Dré, qui avait déclaré que son institution se trouvait saisie « pour vider le contentieux et proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle ». L’annonce des résultats et les déclarations du Conseil constitutionnel interviennent dans un climat tendu. Huit partisans d’Alassane Ouattara ont trouvé la mort mercredi.

Les résultats provisoires annoncés par la commission électorale ivoirienne et donnant Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle du 28 novembre ne sont pas valables, selon le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’dré. En fin d’après-midi, la Commission électorale indépendante (CEI), qui n’avait pas respecté le délai imparti de trois jours pour annoncer les chiffres du second tour, les avait proclamés par la voix de son président, Youssouf Bakayoko. La presse française, notamment France 24 et RFI, a alors annoncé que le président Youssouf Bakayoko avait indiqué qu’Alassane Ouattara avait remporté le scrutin avec 54,10% des suffrages, contre 45,9% pour le président sortant.

L’information délivrée par Youssouf Bakayoko, qui a été évacuée par les Casques bleus après son intervention selon Libération, a surpris les journalistes et les Ivoiriens qui ne l’avaient pas sur les médias nationaux. La télévision publique (RTI) diffusait alors la déclaration du président du Conseil constitutionnel Paul Yao N’Dré, nommé par le Président Laurent Gbagbo. Souhaitant « préciser » les rôles de la CEI et du Conseil constitutionnel dans le processus électoral, le responsable ivoirien a indiqué : « Dans le cas d’espèce, la CEI devait proclamer les résultats provisoires le mercredi 1er décembre 2010 à minuit au plus tard. Pour cause de divergence portant sur les résultats de certaines régions, le CEI n’a pu donner des résultats provisoires. Le Conseil constitutionnel, chargé du contentieux en matière d’élection présidentielle, se trouve saisi pour vider le contentieux et proclamer les résultats définitifs de l’élection présidentielle ». Le président du Conseil constitutionnel a également voulu rassurer « le peuple ivoirien et la communauté internationale » sur le fait « qu’il n’y a aucun vide juridique en la matière ». De même, il a indiqué que « les résultats définitifs de l’élection présidentielle » seraient proclamés « dans les délais légaux » et que « des requêtes en contestation avaient été introduites ».

Le Conseil constitutionnel examinera les réclamations

Le Conseil constitutionnel est en charge de l’examen des contentieux électoraux qui lui sont communiqués dans un délai de trois jours après les opérations de vote. « Le Conseil constitutionnel, après examen de la requête, statue dans les sept jours de sa saisine. Toutefois, il peut, sans instruction contradictoire préalable, rejeter les requêtes irrecevables ou ne contenant que des griefs manifestement sans influence sur l’élection contestée », précise le Code électoral ivoirien dans son article 61. « L’examen des réclamations éventuelles est effectué par le Conseil constitutionnel dans les sept jours à compter de la date de réception des procès-verbaux », poursuit-il dans l’article suivant (62).

Youssouf Bakayoko et Paul Yao N’Dré sont intervenus ce jeudi alors que la tension est montée d’un cran la veille avec la prorogation du couvre-feu jusqu’à dimanche et la mort de huit partisans du candidat Alassane Ouattara, président du Rassemblement des républicains et candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la paix (RHDP) dans le quartier de Yopougon. Les Forces de sécurité auraient riposté à des tirs d’armes automatiques aux environs de 22h après avoir reçu un appel anonyme leur demandant de se rendre sur les lieux, selon la version du chef d’Etat major des Forces armées ivoiriennes, le général Philippe Mangou. Il s’exprimait ce jeudi sur les antennes de la télévison publique ivoirienne. Il a reconnu que l’intervention avait fait quatre morts, 14 blessés et avait donné lieu à 9 interpellations. Une enquête a été ouverte a indiqué l’officier ivoirien. Ce jeudi matin, c’était au tour de la maison de La majorité présidentielle (LMP) du candidat Laurent Gbagbo d’être attaquée par des jeunes.

Des militants du RHDP tués

Toute la journée de mercredi, les Nations Unies avaient exhorté la CEI a publier les résultats. D’autant que dans la matinée, la Mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) avait annoncé la transmission au siège central de la CEI « l’intégralité des procès verbaux des 10 000 centres de vote, passés auparavant par les 326 commissions électorale locales, les 326 commissions sous-préfectorales, les 70 commissions départementales et les 19 commissions régionales », rapporte le centre des nouvelles des Nations unies. Après l’expiration à minuit du délai imparti à la CEI pour publier les résultats, le secrétaire général des Nations unies Ban-Ki Moon l’a de nouveau invité à proclamer les résultats « sans délai ». Le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Young-Jin Choi a rencontré ce jeudi, le Président du Conseil Constitutionnel Paul Yao N’Dré et le Ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro.

Quelques heures avant minuit, ce mercredi, Youssouf Bakayoko, le président de la CEI s’était exprimé sur les antennes publiques pour indiquer que le travail de consolidation des résultats se poursuivait. « Nous avons travaillé à faire en sorte que la paix revienne au sein de la Commission et nous continuons de faire ce travail. C’est pourquoi, je vous dis que nous sommes en train de poursuivre nos délibérations. Lesquelles délibérations vont être acquises par consensus », indiquait-il.

Déroulement « satisfaisant » du second tour

Le camp présidentiel, par la voix de Pascal Affi N’Guessan, avait déjà indiqué qu’il contestait le résultat des urnes, notamment dans la région CNO (Centre-Nord-Ouest). « Nous nous battrons jusqu’au bout pour que les résultats du vote dans la Vallée du Bandama, dans la région des Savanes, dans le Denguélé et dans le Worodougou soient invalidés, de manière à ce que le résultat reflète la volonté des Ivoiriens », a réitéré mercredi le porte-parole du Président Gbagbo. De son côté, le RHDP lançait un appel pour la publication immédiate des résultats. « Il est impératif que le président de la CEI (Commission électorale indépendante) proclame immédiatement les résultats provisoires », a affirmé Alassane Ouattara.

Pour les observateurs internationaux et de l’Union africaine, le second tour des présidentielles en Côte d’Ivoire s’est globalement bien déroulé. « La mission d’observation de l’Union africaine juge globalement satisfaisant le déroulement du second tour de l’élection du président de la République », a indiqué mardi Joseph Kokou Koffigoh, ancien Premier ministre togolais et responsable de la mission.

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November

Le rêve américain séduit toujours les Camerounais
La DV Lottery a plus de 10 ans d’existence
Cette année encore, du 15 septembre, jour du lancement officiel de la très prisée loterie américaine, au 3 novembre, date de sa fermeture, des milliers de Camerounais ont frappé aux portes des Etats-Unis d’Amérique. Ils voulaient tenter leur chance, comme des millions d’autres personnes dans le monde entier qui rêvent d’avoir la nationalité américaine et bénéficier de ses avantages.

De notre correspondante

A Yaoundé, un tour rapide de quelques quartiers nous fait voir la même image : presque toutes les rues arborent des banderoles annonçant la DV Lottery. Les cybercafés où l’inscription et autres renseignements s’obtiennent ne désemplissent pas non plus. L’effervescence est perceptible.

Nous nous rendons dans le cybercafé dénommé 100% à Ngoa Ekelle, un quartier estudiantin. L’accueil n’est pas très chaleureux. Le propriétaire Ghislain Banda nous confie après plusieurs négociations et beaucoup d’insistance qu’il effectue cette activité depuis plus de 10 ans. Et chaque année, le nombre de personnes qui sollicitent une inscription à la DV Lottery va croissant. Impossible cependant d’avoir un seul chiffre. Tout comme nous ne saurons pas combien de personnes se sont déjà inscrites cette année dans son cybercafé. On apprend tout de même qu’ici on joue le rôle de facilitation et d’encadrement des candidats à la « green card ». Ghislain Banda explique : « Quand nous recevons un client, nous lui expliquons la procédure. Nous lui faisons une photo, nous la traitons selon la norme requise, nous remplissons sa fiche nous mettons toutes ses informations en ligne. Pour ceux qui n’ont pas de boîte postale ou d’adresse électronique, nous mettons la nôtre à contribution. Mais ce qui est déterminant c’est la photo, quand la photo est bonne et remplit les conditions requises on a plus de chance de gagner la loterie américaine. »

A côté du cybercafé 100%, se trouve Volcanet Telecoms. Ici l’accueil est plus chaleureux. William Dietchou, le gérant nous confie que trois semaines après le début de la campagne d’inscription à la DV Lottery, son cybercafé a reçu 400 Camerounais, tous sexes confondus, qui rêvent de fouler le sol américain. Selon lui, la différence entre les hommes et les femmes n’est pas grande.

Joséphine Ngassam fait partie des nombreux candidats à la nationalité américaine. Elle est du corps de la Gendarmerie nationale camerounaise et nous livre ses motivations : « C’est juste parce que la vie est trop dure au pays. Il faut chercher ailleurs. » Elle a été encouragée dans sa démarche par le succès des personnes de son entourage. « J’ai une cousine qui a gagné cette loterie il y a trois ans. Elle est partie et ça se passe bien pour elle là-bas. J’ai également des collègues de service qui ont réussi à partir grâce à la loterie américaine », explique-t-elle. Quand on sous-entend qu’appartenir à un corps comme le sien et vouloir partir de cette manière c’est trahir son pays, elle se défend : « Ce n’est pas principalement pour moi que je vais jouer à la loterie américaine mais pour les enfants. Moi, ça ne me dérange pas de rester ici. »

Heurs et malheurs des candidats

L’an dernier à Volcanet Telecoms, 12 Camerounais sur 200 ont obtenu la nationalité américaine. Cependant 4 n’ont pas pu effectuer le voyage à cause des problèmes financiers.

Malgré l’engouement des Camerounais à jouer à la loterie américaine, de nombreuses arnaques existent et sont dénoncées. Par exemple, l’inscription est gratuite selon le site officiel. Mais certains intermédiaires prennent 1000 Francs CFA pour vous aider à vous inscrire, d’autres se font passer pour des mandataires de la DV lottery aux USA pour escroquer des personnes naïves. Leur tactique est simplement. Ils vous font croire qu’en passant par eux, vous avez plus de chance de réussir. Mais pour plus d’assurance, ils vous demandent de payer une somme parfois exorbitante pour bénéficier de leurs services.

Victor Onana est l’une des rares victimes qui acceptent de se confier. Il y a trois, il s’est inscrit dans un cybercafé de la place pour participer à la loterie américaine. Quelques temps après son inscription, il reçoit dans sa boîte électronique le message d’un soi-disant avocat américain qui serait mandaté pour être facilitateur pour le compte de la DV Loterie. Ce dernier le convainc du bien fondé de son action et l’emmène à lui verser 750 dollars pour qu’il suive son dossier et lui permette de multiplier ses chances de gagner à la loterie américaine. Une fois le transfert effectué, Victor n’est plus parvenu à rentrer en contact avec « l’avocat ». Des cas comme ceux-ci sont de plus en plus rares, et malgré les arnaques, les rêveurs d’une nationalité américaine sont chaque année plus nombreux.

 

 

Biens mal acquis : des ONG gabonaises appellent au boycott des intérêts français
Elles dénoncent la décision de la Cour de cassation française
Des associations gabonaises ont appelé ce jeudi les Gabonais et les Africains à boycotter les produits français, pour dénoncer la décision de la cour française de cassation d’autorisér la justice à enquêter sur le patrimoine en France des présidents Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale) et leurs proches.

De notre correspondant

Plusieurs associations gabonaises, entre autres le collectif des jeunes leaders, le Cashbo et le Mouvement Génération Omar Bongo Ondimba ont appelé les Gabonais et les Africains à boycotter à compter de ce 18 novembre et ce jusqu’au 25 du même mois, les produits français, particulièrement ceux de Total Gabon. Une action lancée en réponse à la décision de la cour française de cassation, qui a autorisé récemment la justice à enquêter sur le patrimoine en France de 3 présidents africains dont le défunt Omar Bongo Ondimba et ses proches dans l’affaire des biens mal acquis.

Parmi les produits de Total Gabon cités, il y a notamment le carburant, le pétrole, le gaz, les huiles et autres accessoires, ainsi que les lavages de voitures. Plusieurs banderoles appelant les Gabonais et les Africains à boycotter ces produits et les intérêts français de façon générale sont visibles dans la capitale gabonaise.

Lundi, ces mêmes associations ont porté plainte contre Transparency International auprès du tribunal de première instance de Libreville, pour avoir porté atteinte à la dignité de feu Omar Bongo Ondimba, lequel avait de son vivant « mis son savoir-faire et sa disponibilité au service de la paix et de la stabilité en Afrique et dans le monde ». « Pourquoi maculer sa mémoire ? Et pourquoi chercher à divertir un peuple qui est résolument engagé à faire table rase du passé et construire son avenir à l’unisson ? », s’est interrogé Gaston Mindoungani, président du Cashbo. Pour M. Moundoungani, Transparency International cherche sans doute à déstabiliser le Gabon. Il estime qu’au-delà de l’agitation judiciaire, cette ONG française serait manipulée dans l’ombre par des gens qui sont jaloux de la stabilité de son pays.

Des leaders de la société civile gabonaise, visiblement très remontés, ont demandé aux Occidentaux de commencer par balayer devant leurs portes avant de s’immiscer dans les affaires qui touchent la souveraineté d’autres peuples. C’est dans ce sens qu’ils ont demandé aux dirigeants français et d’autres pays du nord de restituer aux peuples africains les biens volés en Afrique pendant les années d’esclavage et de colonisation. Ils sont allés plus loin en affirmant que l’Afrique continue à être pillée de ses ressources, sans que cela n’attire l’attention des ces ONG qui disent travailler pourtant pour la justice et le bien universel des peuples.

Les autorités gabonaises elles mêmes sont restées muettes sur cette affaire jusqu’à ce jour. Seul le parti au pouvoir (PDG, Parti démocratique gabonais) s’est prononcé la semaine dernière en condamnant avec la dernière énergie la décision prise par la cour de cassation française qui a autorisé l’ouverture d’une enquête dans l’affaire des biens mal acquis.

 

Violences en Guinée : l’armée accusée d’attiser les tensions ethniques
Amnesty International et International Crisis Group dénoncent les violences
Des organisations internationales ont dénoncé vendredi le comportements des forces armées lors des violences meurtrières qui ont suivi l’élection d’Alpha Condé à la présidentielle en Guinée. Elles s’inquiètent du risque d’un embrasement des violences ethniques. Une réalité dont la classe politique semble avoir joué.

Le retour au calme n’a pas balayé les inquiétudes après les violences qui ont suivi l’élection d’Alpha Condé à la présidentielle en Guinée, et fait une dizaine de morts. Ce scrutin historique, qui a opposé un Peul à un Malinké, a été marqué par une cristallisation des tensions ethniques.

Des ONG internationales ont vivement dénoncé vendredi le comportement des forces de sécurité guinéennes. Dans un communiqué, l’organisation de défense des droits de l’homme, Amnesty International a exigé des autorités guinéennes de « mettre fin aux mauvais traitements, arrestations arbitraires et tortures contre les manifestants » qui protestaient à l’annonce des résultats provisoires donnant Alpha Condé gagnant avec 52% des voix, contre 48% pour Cellou Dalien Diallo.

Amnesty International cite le cas précis de cinq personnes victimes d’exécutions sommaires. L’organisation a demandé une enquête publique afin d’en établir les responsabilités. Selon Gaetan Mootoo d’Amnisty International, « il y a un risque que le pays soit plongé dans une situation qui peut mener à de sérieuses violations de droits de l’homme, à moins que le gouvernement ne mette fin aux exécutions extra judiciaires, arrestations arbitraires, et l’usage excessif de la forces par les militaires et la police ».

L’International Crisis Group (ICG) a de son côté fustigé les «  attaques systématiques  » menées par les forces de l’ordre, essentiellement composées de membres d’ethnies malinké, soussou et forestière, contre les militants, en majorité peuls, du parti de Diallo. Le cercle de réflexion craint qu’une « répression trop sévère menée par les forces de sécurité » n’entraîne le pays dans une spirale de violence qui pourrait échapper à tout contrôle.

Des tensions ethniques instrumentalisées  ?

«  Les dirigeants guinéens (...) doivent prendre des mesures urgentes pour mettre fin aux nombreuses attaques contre des civils sans défense et éviter que les tensions politiques ne dégénèrent en violences interethniques généralisées contribuant à l’instabilité régionale  », dit l’ICG, selon lequel l’armée «  frappe, moleste et tire sur des civils sans défense et saccage leurs biens  ». «  S’il n’y a pas plus de discipline dans les rangs des forces de défense et de sécurité, le pays pourrait sombrer rapidement dans le chaos (...), ce qui ruinerait le processus de transition », s’inquiète l’ONG.

Pour Moustapha Diop, enseignant-chercheur associé au Centre d’études des mondes africains (Cemaf), à Paris, «  toutes les conditions étaient réunies pour qu’on assiste à de telles violences ». Les deux candidats en lice au second tour de l’élection ont, selon lui, exacerbé la dimension ethnique.

Si Alpha Condé a joué de la carte communautaire à des fins électorales, «  la stratégie de victimisation mise en place par les partisans de l’UFDG  » a renforcé la mauvaise image dont jouissent les Peuls en Guinée, et a entraîné la création d’un front électoral «  anti-peuls  », soutient le chercheur. Pour lui, la division ethnique est une réalité sociale qui a été extrêmement politisée. Cette division «  est profonde, mais elle est prise en otage et instrumentalisée par les élites politiques  », estime M. Diop.

Au jour le jour, les populations, elles, « cohabitent et se marient ensemble ». «  Nous vivons ensemble, nous mangeons ensemble, nous dormons ensemble mais c’est la politique qui nous divise  », déclarait vendredi un habitant de Conakry à l’AFP.

Alpha Condé a rappelé, hier, qu’il voulait constituer un gouvernement d’union nationale. Rassembler et servir tous les Guinéens, quelle que soit leur ethnie, sera l’un des défis majeurs auquel le nouveau président de la République devra faire face.  

 

Côte d’Ivoire : Bédié, l’autre arbitre de la présidentielle
Il a appelé à voter Alassane Ouattara au second tour
L’ancien Président ivoirien Henri Konan Bédié ne présidera plus aux destinées de la Côte d’Ivoire. Il est arrivé troisième lors du premier tour du scrutin présidentiel du 31 octobre dernier. La défaite est contestée par ses partisans mais le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) contribuera peut-être à faire élire un nouveau Président pour son pays. Il a officiellement appelé ses militants à reporter leurs voix sur Alassane Ouattara, arrivé second, son allié au sein du Rassemblement des houphouétistes pour la paix (RHDP).

Henri Konan Bédié votera Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle ivoirienne qui aura lieu le 28 novembre prochain. « Les présidents du PDCI (Parti démocratique de Côte d’Ivoire), de l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) et du Mouvement des forces d’avenir (MFA) soutiennent le candidat Alassane Ouattara, candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) », a déclaré ce dimanche le président du PDCI. Les résultats provisoires du premier tour des présidentielles du 31 octobre dernier l’ont crédité de 25,24% contre 38,3% pour le président sortant, Laurent Gbagbo et candidat de La majorité présidentielle (LMP), et 32,08% pour le chef du Rassemblement des républicains (RDR), Alassane Ouattara.

A 76 ans, Henri Konan Bédié frappé par la limite d’âge, que les accords de Pretoria [1] ont rendu caduque, a pu se présenter à ces élections historiques, les dernières de sa longue carrière politique marquée par le traumatisme du coup d’état de décembre 1999. Outre le fait de contester les résultats du premier tour, le responsable du PDCI n’a pas encore dit son dernier mot.

Faire fonctionner la machine du RHDP

Le "Sphinx de Daoukro" espérait une victoire le 31 octobre dernier, mais il est relégué au rang d’arbitre. Car au sein du RHDP, promu désormais au rang de parti, les dés sont jetés. « Dans les accords qui nous lient au sein du RHDP, nous avons décidé que chaque parti pourra présenter un candidat. […] Mais depuis longtemps aussi, nous avons décidé de travailler pour évoluer vers la transformation du RHDP en un parti unique pour tous les partis le composant. (…). Nous avons prévu d’aboutir au parti unique après ces élections », confiait le chef du PDCI sur les ondes de RFI en juin dernier. La formation politique, en gestation, s’est dotée d’un programme commun de gouvernement - "Gouverner ensemble" -, qui définit la part de chacun des alliés dans un gouvernement d’union en cas de victoire de l’un des leurs contre Laurent Gbagbo. Quarante pour cent au parti qui arrive en tête au premier tour, 35% pour le second, 10% pour l’UDPCI et 5% pour le MFA. La société civile se partageant le reste des postes.

L’alliance est opérationnelle depuis ce dimanche mais le ton avait été donné par Le Nouveau Réveil, quotidien proche du PDCI, qui titrait ce vendredi « Tous pour ADO s’impose au RHDP ». Si la consigne de vote est effective, encore faut-il qu’elle soit suivie pour confirmer une victoire arithmétique du RHDP. Henri Konan Bédié sera-t-il capable de mobiliser son électorat ? Rien n’est moins sûr. « On nous dit, en cas de deuxième tour à la présidentielle, un parti aide l’autre. (…) Vous croyez, parce que le RHDP existera qu’un militant du PDCI-RDA, ou un militant du RDR qui ne veut pas voter pour le PDCIi le fera ? (…) ! C’est une aberration, une hérésie politique. Au deuxième tour, tout le monde sera sur le marché politique y compris le parti qui sera en tête pour pêcher dans n’importe quel parti qui sera troisième. Je suis convaincu que les militants du PDCI-RDA qui ne veulent pas voter pour le RDR, si le RDR est au deuxième tour, ne voteront pas RDR », confiait le maire PDCI de Daloa, Chrystophe Séry Kossougro, en décembre 2009 au journal ivoirien Soir Info. Son opinion a peut-être évolué depuis mais la question soulevée reste d’actualité. Sur les 19 régions de la Côte d’Ivoire, six dans le Nord ont majoritairement voté pour Ouattara contre trois pour Bédié, dont deux dans le centre du pays. Le centre et le Nord sont respectivement les fiefs du PDCI et du RDR.

Dans l’ombre d’Houphouët

Le report des voix pro-Bédié vers Ouattara se fera si « on mène une campagne ensemble », avance Allomo Paulin, président du Comité scientifique pour la candidature unique au RHDP, dans un entretien du journal ivoirien Nord-Sud Quotidien publié ce mardi. « Il y a la sincérité qui va jouer entre les dirigeants, poursuit-il. Et puis, il ne faut pas oublier que les quatre dirigeants sont des houphouétistes. Ils s’estiment, ils se respectent. En plus de cela, c’est un combat de survie pour tout le monde. Nous ne pouvons pas nous amuser à perdre ».

L’houphouétisme semble être la garantie du succès politique. « Les idéaux du PDCI-RDA, dont nous avons tous été imprégnés, nous interdisent, selon les enseignements de Félix Houphouët-Boigny, les attitudes irraisonnées et aventureuses », déclarait en 2007 dans sa Lettre aux Ivoiriens, un discours-programme, Henri Konan Bédié. Et ce n’est pas la première fois que la formation trouve l’attirail du sauveur de la Côte d’Ivoire seyant. « Souvenons-nous, chers compatriotes, que le dialogue direct [2] engagé à la diligence bienveillante du Président (burkinabé) Blaise Compaoré, avait été proposé cinq ans plus tôt par nous », rappelait l’ancien Président. Le parti de Félix Houphouët-Boigny, à travers Henri Konan Bédié, tient encore entre ses mains le destin de la Côte d’Ivoire.

[1] Ces derniers garantissent la participation des principaux candidats à la présidentielle quelle que soit la date de tenue du scrutin

[2] Il a conduit à l’accord politique de Ouagadougou dans le cadre duquel le scrutin du 31 octobre dernier

SOURCE:

 

 
Guinée : second tour de la présidentielle
Cellou Dalein Diallo est arrivé en tête au premier tour
Les Guinéens choisissent ce dimanche leur Président, plusieurs mois après le premier tour du 27 juin dernier. Les résultats de ce scrutin, entaché par des irrégularités, avaient ravivé les tensions ethniques et remis en cause la neutralité de la Commission électorale nationale électorale (Ceni). Le second tour de la présidentielle devrait permettre à la Guinée de tourner la page de 52 ans de dictature si les Guinéens accueillent le verdict des urnes dans la sérénité. Les appels dans ce sens, relayés par la communauté internationale, se sont multipliés ces derniers jours dans le pays.

Plus de 4 millions d’électeurs guinéens votent ce dimanche dans le cadre du second tour de la présidentielle après plusieurs reports et cinquante-deux ans de dictature. Le 27 juin dernier, les Guinéens allaient élire démocratiquement leur Président pour la première fois depuis l’indépendance de leur pays. Cellou Dalein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), récoltait 43,69% des suffrages contre 18,25% pour le candidat Alpha Condé, le candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG). Mais, le résultat des urnes divise et fait ressurgir les tensions ethniques dans le pays. Notamment entre Peuls et Malinkés, communautés dont son issus respectivement l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo et l’opposant historique Alpha Condé.

Le second tour, prévu le 18 juillet dernier, doit être reporté à cause des irrégularités qui ont émaillé le premier et des suspicions autour de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). L’actuel président de la structure, le général malien Siaka Toumany Sangaré qui a prêté serment ce jeudi, fait l’objet d’un consensus qui a permis d’organiser les élections de ce dimanche.

Sérénité pendant et après le vote

Dans un souci d’apaisement, les candidats ont publié vendredi un communiqué commun. « Nous, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé (...) réitérons notre engagement à œuvrer pour un scrutin apaisé, libre et démocratique sur l’ensemble du territoire national, en conformité avec notre protocole d’entente de Ouagadougou du 3 septembre 2010 », indique le document. Ils ont également invité leurs compatriotes à voter « dans la paix, le calme, la sérénité » et à faire « de la période postélectorale, un moment historique de confraternité retrouvé. » Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé ont déploré aussi « tous les incidents qui ont menacé d’affecter les bases notre cohésion sociale ainsi que leurs conséquences humaines, matérielles et morales ».

Le président de la transition, le général Sékouba Konaté, qui a a déjà voté ce dimanche, a estimé la veille « que quelque soit l’issue de cette première élection libre et démocratique dans l’histoire de la Guinée, chaque Guinéen est en droit d’éprouver un sentiment légitime de fierté d’avoir contribué à une œuvre historique de libération de la Guinée ». La communauté internationale souhaite également voir s’achever le processus électoral en Guinée dans la sérénité. Dans un communiqué rendu public le 3 novembre, les Etats-Unis et l’Union européenne ont fait appel « au sens de responsabilité des candidats au second tour afin de mettre les exigences d’unité et de concorde nationales au dessus de leurs desseins partisans » et les ont invité à « rappeler à l’ordre les extrémistes dans leurs camps respectifs ». Les autorités américaines et européennes ont insisté sur le fait que la Ceni était seule habilitée à communiquer les résultats du vote.

Les bureaux de vote fermeront leurs portes ce dimanche à 18h (GMT, heure locale).

RENCONTRE RÉGIONALE SUR LE DIALOGUE SOCIAL AUTOUR DE LA PECHE : Sénégal, Mauritanie et Guinée-Bissau se donnent la main pour une gouvernance partagée du secteur

Les comités nationaux du Sénégal, de la Mauritanie et de la Guinée-Bissau sur le dialogue social ont tenu hier leur rencontre sur le secteur de la pêche, en présence de Pablo Xandri, Conseiller technique pêche au Bureau international du Travail (Bit), de Wagner Brandt, directeur de l'Organisation internationale du Travail (Oit). Les comités nationaux des trois pays se donnent la main pour une gouvernance partagée du secteur de la pêche afin de prévenir et régler à l'amiable les différends qui les opposent. Ce qui passe par une harmonisation des politiques pour prévenir et gérer les conflits entre les trois pays.



 
RENCONTRE RÉGIONALE SUR LE DIALOGUE SOCIAL AUTOUR DE LA PECHE : Sénégal, Mauritanie et Guinée-Bissau se donnent la main pour une gouvernance partagée du secteur
Dougoutigi Coulibaly, président du Comité dialogue social du Sénégal estime que «l'objectif est d'appuyer le développement rationnel et durable du secteur de la pêche et d'améliorer les conditions de travail et la situation sociale des travailleurs de la pêche dans les trois pays à savoir le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée-Bissau». Il souligne que plusieurs acteurs interviennent dans le secteur de la pêche et les intérêts entre travailleurs et employeurs sont très souvent divergents. Et c'est pour éviter des mésententes que le dialogue social entre le Sénégal, la Guinée-Bissau et la Mauritanie est nécessaire pour échanger, discuter sur les différentes pratiques et manières par lesquelles chaque pays a eu à aborder le problème dans un dialogue entre l’État, les travailleurs et les employeurs. Les problèmes, selon le président du comité dialogue social du Sénégal, se situent au niveau de l'environnement de la pêche parce que plusieurs acteurs y interviennent. La rencontre permettra de résoudre les problèmes qui pourraient naître entre les travailleurs et les employeurs pour éviter les grèves, la paralysie de l'entreprise, ou l’arrêt du bateau.

M Coulibaly indique que les ressources se raréfient de plus en plus et que le besoin est pressant. Cela est à l'origine des conflits entre les pêcheurs sénégalais, et les gardes côtes mauritaniennes et bissau-guinéennes. Il souligne que dans le secteur de la pêche, les problèmes se situent à différents niveaux : «problèmes au niveau de la ressource, au niveau des conditions d'exploitation et de commercialisation, que ce soit local ou extérieur».

Dans la même veine, Mamadou Diop Thioune, Chargé de la communication, estime que dans la convention N°188-2007, la dimension pêche artisanale a été prise en compte. Et ce qui permet aujourd'hui de reformuler les textes pour leur conformité au droit du travail.


Moustapha BA (Stagiaire)
Source Le Populaire
 

 
Samedi 6 Novembre 2010


 

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Abidjan accuse Dakar de « conspiration » et rappelle son ambassadeur, Moustapha Guirassy, porte-parole du gouvernement : « Le Sénégal prend acte et rejette les accusations »

Le conseiller diplomatique du président ivoirien Laurent Gbagbo a accusé, hier, le Sénégal de « conspiration » après une audience que le président Abdoulaye Wade aurait accordée à l’opposant Alassane Ouattara à Dakar, jeudi. L’ambassadeur de la Côte d’Ivoire à Dakar a été rappelé par son pays, selon la même source qui indique que l’ambassadeur du Sénégal en poste à Abidjan a été convoqué, hier, au ministère des Affaires étrangères et a reçu une lettre de protestation des autorités ivoiriennes. Le ministre sénégalais de la Communication, Porte-parole du gouvernement, Moustapha Guirassy, a réagi en parlant d’une « accusation très grave » tout en précisant que le Sénégal en prend acte.



 
PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : Abidjan accuse Dakar de « conspiration » et rappelle son ambassadeur, Moustapha Guirassy, porte-parole du gouvernement : « Le Sénégal prend acte et rejette les accusations »
Le Porte-parole du gouvernement sénégalais a déclaré, hier soir, que « la Côte d’Ivoire est un Etat souverain et indépendant qui a le droit de rappeler son ambassadeur quand elle veut. » Moustapha Guirassy a réagi, au téléphone, ainsi au rappel de l’ambassadeur ivoirien à Dakar, suite à des informations faisant état d’une audience que le président de la République sénégalais, Abdoulaye Wade, aurait accordée à Alassane Ouattara, opposant au régime au pouvoir en Côte d’Ivoire, devant faire face au président Laurent Gbagbo au second tour de l’élection présidentielle ivoirienne. Le Porte-parole du gouvernement a précisé que le Sénégal a « pris acte de cette décision souveraine d’un pays frère », tout en qualifiant les accusations d’ingérence dans les affaires intérieures de la Côte d’Ivoire de « non fondées ».

Moustapha Guirassy a fait remarquer que le Sénégal, à son tour, aurait pu s’offusquer de la présence sur le sol ivoirien, à coté du candidat Laurent Gbagbo, d’opposants farouches au régime du président Wade, comme Ousmane Tanor Dieng et Moustapha Niasse. Mais au contraire « en bon démocrate, le président sénégalais a considéré qu’ils (ces opposants) étaient en Côte d’Ivoire pour encourager le candidat Laurent Gbagbo et contribuer à l’apaisement du climat politique », a ajouté le Porte-parole du gouvernement du Sénégal. Interpellé sur l’effectivité de la venue d’Alassane Ouattara à Dakar, Moustapha Guirassy s’est voulu catégorique. « Je ne confirme pas cette information, » nous a-t-il lancé.

Mbaye S. DIAKHATE
Source Le Soleil
 
Samedi 6 Novembre 2010

 

SECOND TOUR : La Guinée face à son destin

CONAKRY -. Le palais présidentiel guinéen, situé en plein coeur de Conakry, sera, dimanche prochain, à l’issue du second tour, sous les commandes d’un chef d’Etat nouvellement élu. Deux candidats, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, iront, à cet effet, à la conquête des suffrages du corps électoral.



 
SECOND TOUR : La Guinée face à son destin
Après un premier tour, en juin dernier, à l’issue duquel ils ont obtenu, respectivement 43% et 18%, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, qui ont fini d’exposer leur projet de société, vont solliciter demain, pour la deuxième fois, le suffrage de leurs concitoyens. La présidentielle guinéenne, faut-il le rappeler, est placée sous le signe des alliances.

En effet, plusieurs partis politiques ont décidé de se mettre ensemble pour maximiser les chances de l’un ou l’autre candidat de leur camp. D’une part, l’Alliance « Arc-en-ciel » du Pr. Alpha Condé qui veut combler son retard du premier tour et, d’autre part, l’Alliance « Cellou Dalein Diallo président », déterminée à conserver, voire creuser son avance sur son adversaire. Ces alliances ont été créées au lendemain du premier scrutin du 27 juin dernier et autour de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg) de Cellou Dalein Diallo et du Rassemblement du peuple de Guinée (Rpg) du Pr. Alpha Condé. Pour en revenir aux enjeux de cette élection, rappelons que l’ancien Premier ministre, Cellou Dalein Diallo, s’est engagé à faire des efforts considérables dans les domaines essentiels que sont l’éducation, la santé, la décentralisation... En face de lui, il y a le Pr. Alpha Condé qui ne manque pas d’atouts. D’abord, sa valeur

intrinsèque, la qualité de ses souteneurs, sa volonté d’ériger la transparence en méthode de bonne gouvernance et son engagement à lutter contre la pauvreté.

Même si Cellou Dalein Diallo doit répondre du bilan controversé du président Lansana Conté dont il a été le Premier ministre, il apparaît comme le favori de cette élection. Cependant, il ne faudrait pas présumer des résultats du scrutin. Son adversaire politique a déjà tout mis en oeuvre pour lui barrer la route. Mais, le choix sera fait par les quatre (4) millions 200 mille électeurs qui, demain, se prononceront dans la première présidentielle libre de l’histoire de la Guinée.

S’agissant des préparatifs du scrutin, le président de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante), le général malien Siaka Sangaré, a laissé entendre : « Je peux assurer sans me tromper lourdement que les dispositions sont prises pour l’organisation d’une élection suffisamment fiable et crédible, le 7 novembre ». Voilà le souhait des différentes missions d’observateurs présentes en Guinée, mais aussi de ces fils du pays épris de paix et de justice, comme les chefs religieux qui, à la veille du scrutin, appellent leurs concitoyens à oublier les récents affrontements à caractère politico-ethnique qui ont eu lieu à Conakry et dans certaines villes de l’intérieur entre militants des deux alliances en compétition, entraînant mort d’homme.

Cheikh Aliou AMATH Envoyé spécial
Source Le soleil
 

Samedi 6 Novembre 2010

 

 

Présidentielle en Côte d’Ivoire : un premier tour dans le calme
14 candidats sont dans la course pour le fauteuil présidentiel
Plus de 5,7 millions d’Ivoiriens ont accompli ce dimanche 31 octobre le devoir civique. Le scrutin présidentiel, prévu il y a cinq ans, s’est globalement déroulé dans le calme. Le décompte des voix a démarré.

Les opérations de vote se sont déroulées globalement dans le calme ce dimanche 31 octobre. Plus de 5, 7 millions d’Ivoiriens étaient appelés à choisir le successeur de Laurent Gbagbo parmi 14 candidats en lice. Henri Konan Bédié, le président du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et le chef du Rassemblement des Républicains (RDR), Alassane Dramane Ouattara ont voté dans la matinée dans le bureau de vote abrité par le lycée Sainte-Marie, à Cocody, une des communes de la capitale économique Abidjan. Le président sortant, lui, a déposé son bulletin dans les urnes en début d’après-midi à la Riviera, une autre commune de la ville. Les trois favoris de ces élections, maintes fois reportées depuis 2005, ont lancé des appels au calme et au respect du résultat des urnes. Le Premier ministre Guillaume Soro a, quant à lui, voté dès 7h, à l’ouverture des bureaux, à Grand-Bassam, la première capitale de la Côte d’Ivoire.

Le décompte des voix a commencé

Le scrutin s’est déroulé sans incident majeur à Abidjan et dans le reste du pays. « C’est très encourageant, car tout se passe dans la paix et dans l’ordre », a indiqué ce dimanche, en début d’après-midi, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Y J Choi. Le responsable des Nations unies s’est rendu dans trois bureaux de vote dans les régions d’Abidjan et du Sud-Comoé (centre du pays). Cependant, certains bureaux ont enregistré du retard dans le démarrage des opérations de vote alors qu’en région parisienne, qui abrite le tiers de la diaspora ivoirienne dans le monde, cinq bureaux de vote ont été fermés à la suite d’échauffourées. « Mardi dernier, de manière unilatérale, le président de CEI (Commission électorale indépendante,ndlr) pour la France a modifié la répartition des bureaux de vote, regrette un membre de cette commission. (..). Mais les électeurs n’ont pas été prévenus », selon un membre de la CEI cité ce dimanche par Le Parisien.

En Côte d’Ivoire, Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, qui a voté aux environs de 16h (GMT, heure locale) a félicité « toute la CEI et ceux qui sont sur le terrain, qui organisent cette élection ainsi que tous nos compatriotes qui participent à ce vote en toute sérénité ». Les bureaux de vote ont fermé leurs portes à 17h (GMT, heure locale). Selon des sources consulaires, le comptage est en cours et les premiers résultats devraient être disponibles dès ce lundi 1er novembre.

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October

Rama Yade : "L'homme africain est le premier à être entré dans l'histoire"

La secrétaire d’État aux Sports est revenue sur le discours de Dakar, dans lequel Nicolas Sarkozy avait affirmé que « l’homme africain n’était pas entré dans l’histoire ». Selon elle c’est tout le contraire.

Rama Yade : "L'homme africain est le premier à être entré dans l'histoire"
A Nicolas Sarkozy, « je réponds par l’histoire », a déclaré Rama Yade au cours de l’enregistrement de En sol majeur, une émission diffusée prochainement sur RFI et consacrée aux personnalités revendiquant une double culture. Interrogée sur le « discours de Dakar » du président français prononcé en 2007, l’ancienne secrétaire d’État aux Droits de l’homme, comme à comme à son habitude, ne mâche pas ses mots. Mais n’entre pas vraiment en rébellion.

De ce discours tristement fameux, certains mots avaient provoqué la stupeur de beaucoup. « L’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire […] Jamais il ne s’élance vers l’avenir », avait dit Nicolas Sarkozy. Aujourd’hui, sa secrétaire d’État aux Sports lui répond l’inverse. « Sarkozy n'est pas un Africain. Moi je pense que non seulement l'homme africain est entré dans l'histoire mais qu'il a même été le premier à y entrer. Parce que j'en connais la culture », a déclaré cette native du Sénégal.

"Malentendu"

Mais Rama Yade, qui est toujours membre du gouvernement trois ans après son arrivée dans l’équipe de Nicolas Sarkozy, a aussi relativisé les propos de son « patron ». « On a fait longtemps un procès à Senghor [ancien président du Sénégal, un proche de sa famille, NDLR] parce qu'il avait prononcé une phrase où il parlait de la science pour l'Occident et de l'instinct pour l'Afrique », a-t-elle rappelé. « Il y avait eu un malentendu évidemment car il ne voulait pas dire que les Africains n'avaient pas d'intelligence. Alors même Senghor n'y a pas échappé », a-t-elle lancé.

Elle a affirmé ne jamais avoir eu l’intention de quitter le gouvernement, dans la mesure où elle ne se privait pas d’assumer ses opinions et de les exprimer. « À chaque fois que j'ai eu envie de dire quelque chose je l'ai dit, à ce moment-là, les fois précédentes, les fois d'après. J'ai plusieurs fois exprimé ce que je voulais dire sans que cela plaise à tout le monde. Alors pourquoi voulez-vous que je démissionne ? »

Rama Yade a néanmoins concédé qu’au moment du discours de Dakar, il lui avait été impossible de réagir ouvertement aux propos du président. « Je ne suis pas son professeur. Qu'est-ce-que vous voulez que je fasse, que je saute sur la tribune et que je gifle le président de la République ? J'y peux rien. C'est le président de la République, c'est le Président de tous les Français », a-t-elle justifié. (Avec AFP)

Source Jeune Afrique
 

 
Gabon : des Européens expulsés pour racisme envers des Noirs
Ils maltraitent des Noirs dans des entreprises pétrolières
Les autorités gabonaises ont récemment expulsé plusieurs Européens pour racisme contre des Noirs. Il s’agit essentiellement d’expatriés travaillant dans le secteur pétrolier, à Port-Gentil. Selon la presse locale, le phénomène raciste est très perceptible dans la capitale économique du Gabon.

Plusieurs Européens qui travaillent dans le secteur pétrolier à Port-Gentil, capitale économique du Gabon, ont été expulsés fin septembre/début octobre du territoire national pour racisme avéré, rapporte le journal l’Union dans sa livraison de jeudi.

Parmi ces expatriés reconduits aux frontières, le journal cite entre autres, Sharon Lyndah Bayliss, ex-directeur administratif et financier à la compagnie KCA Deutag, récidiviste car ayant déjà écopé d’une expulsion assortie d’une interdiction de séjour au Gabon. « Il se murmure que des complicités dans le milieu du pétrole et au sein des forces nationales de sécurité auraient facilité son retour au Gabon », rapporte le quotidien.

Autre expulsée, madame Corinne Fizz, directeur administratif et financier chez Weatherford , pour "racisme et discrimination à l’endroit des autres employés de la société".

On signale également que Vincent Perez qui exerce à SGSI, compagnie fondée par Perez père, aurait été expulsé pour "propos outrageants envers les autorités".

"Des sous-hommes"

Selon l’Union, le fléau raciste et la ségrégation sont très perceptibles dans la capitale économique du Gabon. "Certains snack-bars et des restaurants, dont les plus célèbres San Lorenzo et le Ranch , sont des milieux où l’entrée d’un Noir est considérée par les autres clients Blancs comme une intrusion", précise le journal.

Ce qui étonne les Gabonais dans cette histoire est que les expatriés, notamment les Européens, mènent une existence tranquille au pays. Ils sont acceptés et personne ne les dérange. "Mais malgré la proclamation de la fin de l’esclavage et de la colonisation, ils continuent à considérer les Noirs comme des sous-hommes" s’est indigné Arsène Sema, jeune gabonais.

Rappelons que lors de la dernière grève lancée par l’organisation nationale des employés du pétrole (Onep), il y a quelques mois, les responsables de cette structure syndicale avaient demandé au gouvernement de faire partir les expatriés des sociétés pétrolières, estimant que bon nombre d’entre eux (Blancs) travaillent dans l’illégalité. Et ce sont eux, selon les employés, qui occupent la plupart des postes à responsabilité.

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Sénégal : Dubaï Port va-t-il larguer les amarres ?
Bolloré aux aguets
 
Le Port Autonome de Dakar et les autres activités africaines de Dubaï Port pourraient être vendues pour permettre à son actionnaire majoritaire Dubaï World d’éponger sa dette colossale. Une opportunité à saisir pour le groupe français Bolloré qui pourrait ainsi relancer ses activités dans le port de Dakar.

En 2008, Dubaï Port (DP) avait réussi à prendre le contrôle de la gestion du Port Autonome de Dakar (PAD) pour 25 ans, en évinçant au passage le groupe français Vincent Bolloré pourtant fort de quatre-vingts ans de présence au Sénégal. Bolloré mauvais perdant avait d’ailleurs, en vain, introduit des recours auprès des autorités sénégalaises.

Depuis lors, de l’eau a coulé sous les ponts et DP a tenu toutes ses promesses. Après un investissement de 60 milliards de F CFA, il a réussi à doubler les rendements et à ramener à vingt minutes le temps de service moyen, faisant du PAD l’un des ports les plus performants d’Afrique. Puis DP a démarré les travaux du « Port du futur » qui vont mobiliser 250 milliards de F CFA (380 millions d’euros) et être livré en 2012. Autant dire qu’avec le recul, le choix de DB, pourtant décrié à l’époque par les partis d’opposition, est aujourd’hui unanimement reconnu comme l’une des grandes réussites de Me Wade. Et face à la crise mondiale, DP a plutôt bien résisté, avec un chiffre d’affaires en hausse de 10 % au premier semestre 2010 (1,2 milliard d’euros) et un profit net de 168 millions d’euros (+ 17 %).

Bolloré va-t-il revenir au Sénégal ?

Seulement voilà, une épée de Damoclès pend au dessus de DP. En effet, ce dernier appartient à 77% à Dubaï World, le fonds souverain de Dubaï, qui a une dette abyssale de 31 milliards d’euros. L’une des solutions envisagées pour éponger une partie de sa dette, est de vendre ses meilleurs actifs, dont fait partie DP, pour un montant global de 15,3 milliards d’euros. Et cela, même si début septembre Dubaï World affirmait avoir obtenu un accord avec 99% de ses créditeurs pour restructurer sa dette.

Bolloré tient la pole position pour reprendre les activités africaines de DP, qui concerne outre le Sénégal (Dakar), Djibouti, l’Égypte (Sokhna), le Mozambique (Maputo) et l’Algérie (Alger et Djen-Djen). Interrogé sur le sujet, Olivier de Noray, directeur ports et terminaux de Bolloré, nie pourtant tout contact entre le groupe Bolloré et DP, tout en précisant : « une telle discussion ne pourrait avoir lieu sans l’accord des pays concernés ». D’autres repreneurs sont également possibles, comme les compagnies maritimes Maersk ou MSC, mais leurs capacités d’investissement ont été lourdement entamées par la crise. Deux ans après son éviction, Bolloré pourrait donc revenir par la grande porte, et de nouveau jeter l’ancre dans les eaux sénégalaises.

 

Piraterie en Afrique : les Etats-Unis mobilisés
Conférence de presse sur la sécurité maritime de l’Afrique
Les Département d’Etat et de la Défense américains ont tenu aujourd’hui une conférence de presse sur la sécurité maritime de l’Afrique, à Stuttgart, en Allemagne. Les Etats-Unis ont réaffirmé leur volonté de former un partenariat avec l’Afrique afin de lutter contre la piraterie.

Les initiatives internationales, et les partenariats contre la piraterie se multiplient ces derniers temps. Après l’Union Européenne la semaine dernière, les Etats-Unis ont réaffirmé au cours d’une conférence de presse leur intention de travailler avec l’Afrique pour lutter contre ce maraudage maritime. Plusieurs officiels américains participaient à cette conférence [1]. Conscients que la piraterie rend « difficile le commerce international » dans cette région du monde, les Etats-Unis et l’Afrique ont « des intérêts communs » à voir ce fléau s’estomper. Dans le cadre de cette lutte à l’échelle internationale, le gouvernement américain ne jouera qu’un rôle « secondaire voire tertiaire » : « Le problème de la piraterie sur les côtes de l’Afrique doit être réglé de manière globale », a déclaré Johnnie Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines.

La piraterie à beau être un problème mondialisé, sa résolution en Afrique doit aussi être capable de répondre aux crises que traverse le continent. Le représentant de la Commission de l’Union Africaine, Erastus Mwencha l’a bien comprit, et a insisté sur les liens entre les difficultés rencontrées par les pays où la piraterie sévit, et la piraterie elle-même. Il a par exemple souligné la nécessité de s’afférer à résoudre les difficultés institutionnelles en Somalie afin de résorber cette question dans la Corne de l’Afrique.

Cette conférence de presse a eu lieu une semaine après que les pays de l’océan Indien et de l’Union européenne (UE) ont adopté jeudi à Maurice, au cours d’une conférence ministérielle, une "stratégie régionale" pour améliorer la lutte anti-piraterie. La conférence était organisée en collaboration avec l’UE, la Commission de l’océan Indien (COI) et le Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA), a rassemblé les représentants de l’UE, de Maurice, des Seychelles, des Comores, de Djibouti, de la Tanzanie, du Kenya, et de la Somalie

Dans le cadre de cette lutte, dix Somaliens qui s’étaient attaqués à un cargo allemand au large de la Corne de l’Afrique seront prochainement jugés pour piraterie par un tribunal de Hambourg, en Allemagne, a annoncé mardi le parquet de la ville portuaire. Les 10 hommes, arrêtés en avril par la marine néerlandaise, ont été inculpés d’attaque contre le trafic maritime et de rapt en vue d’obtenir une rançon, a indiqué le porte-parole du parquet Wilhelm Möllers. Ils risquent 15 ans de prison. Ce jugement est un événement. C’est le premier procès du genre depuis le 17e siècle. En effet, les pays ou les armateurs victimes de piraterie laissent le plus souvent ces attaques sans suite, ne portant que très rarement plainte. L’ambassadeur Johnnie Carson a invité les pays occidentaux victimes de piraterie à prendre leurs responsabilités et à porter plainte contre les pirates. Cette absence de réaction, véritable obstacle à la lutte contre la piraterie, laisse un certain nombre de questions en suspens.

L’ambassadeur Johnnie Carson, secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires africaines, son excellence Erastus Mwencha, membre de la Commission de l’Union Africaine, le Général Wiliam E. Ward, Commandant en chef d’Africom, ainsi que l’ambassadeur Vicki Huddleston, sous-secrétaire adjoint pour l’Afrique au Bureau du Secrétaire de la Défense

 

Elections en Guinée : Alpha Condé et Cellou Diallo tiendront-ils parole ?
Les deux candidats se disent favorables à un gouvernement d’union
Les deux candidats à l’élection présidentielle du 24 octobre en Guinée, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, à l’issue d’une rencontre à Conakry, ont promis de respecter le verdict des urnes et évoqué la possibilité de former un gouvernement d’union. Une promesse qui invite à la prudence quand on sait qu’ils ont déjà violé un « protocole d’entente pour un second tour apaisé », signé début septembre à Ouagadougou.

Une poignée de main qui a fait la Une de la presse guinéenne. Les deux candidats à l’élection présidentielle du 24 octobre en Guinée, Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo, se sont rencontrés mardi à Conakry et ont évoqué la possibilité de former un gouvernement d’union. « Nous avons décidé de lancer deux messages importants à nos militants et au peuple de Guinée. Le premier message, c’est que l’élection, ce n’est pas la guerre, nous allons mener une campagne civilisée et éviter tout affrontement », a déclaré, à l’issue de la rencontre Alpha Condé, qui avait recueilli 18% des voix au premier tour le 27 juin. « Le second message, c’est que quel soit le vainqueur, il s’engage à former un gouvernement d’union nationale, afin que tous les Guinéens se donnent la main pour construire ce pays. Ensuite, nous avons décidé de garder le contact entre nous », a-t-il ajouté. « Nous nous sommes engagés à lancer un appel à nos partisans afin qu’ils fassent preuve de retenue, de responsabilité, afin d’éviter tout débordement pour que la campagne se fasse dans de bonnes conditions », a renchéri Cellou Dalein Diallo, favori du scrutin avec 43% des voix au premier tour. « Nous avons aussi abordé la gestion du pays et avons tous les deux marqué notre disponibilité et pris l’engagement d’associer, quel que soit le gagnant, celui qui aura perdu dans la gestion du pays. Nous avons aussi décidé de maintenir le dialogue entre nous », a-t-il encore assuré.

L’amitié après l’élection ?

Les déclarations de bonnes intentions des deux candidats ont été accueillies avec soulagement par la presse guinéenne. Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo ont « reconnu devant la presse avoir pris l’engagement de s’inscrire dans une dynamique de paix, de sensibilisation pour une campagne apaisée, et de dialogue entre eux pour conserver le climat de fraternité et d’amitié après l’élection », s’est réjoui le quotidien électronique Guinée News. « La décision la plus importante issue de cet entretien, aura été que l’un et l’autre accepte les résultats sortis des urnes », note pour sa part [guineeconakry.info, qui prévient toutefois qu’« il ne leur (Alpha Condé et Cellou Dalein Diallo) suffit pas de proclamer de bonnes intentions. Ils doivent répercuter cette nouvelle donne au niveau de leurs états majors respectifs. Ils doivent, par les actes et les propos, garantir une campagne électorale pacifique et civilisée ».

Les deux candidats se livraient jusqu’ici une guéguerre sans trêve à travers la Commission électorale indépendante (CENI). La justice guinéenne examinait début octobre une plainte pour fraude, déposée par les alliés de Cellou Dalein Diallo, concernant la disparition de 109 procès verbaux au lendemain du premier tour de la présidentielle, le 27 juillet.

Les promesses d’un second tour apaisé martelées par les deux candidats ont un air de déjà entendu qui invite à la prudence. Après s’être mutuellement accusés de vouloir truquer les élections, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé avait signé, début septembre, un « protocole d’entente pour un second tour apaisé » qu’ils ont allègrement transgressé depuis…

 

 

Vers une nouvelle guerre entre Nord et Sud-Soudan ?
Les signes avant-coureurs d’un conflit s’accumulent
Trois mois avant l’ouverture du référendum d’autodétermination du Sud-Soudan, le président Omar El Béchir a affirmé son refus d’accepter toute partition du pays. Les retards accumulés dans l’organisation de la consultation font planer le doute sur sa tenue. Et les forces sudistes dénoncent des provocations de l’armée régulière qui, selon elles, voudrait mettre le feu aux poudres.

« La logique ne conduit le Sud que vers l’unité », a estimé mardi le président soudanais Omar El Béchir, à l’Assemblée nationale, alors qu’ont échoué des négociations à Addis Abbeba, sous l’égide de l’Ethiopie et des Etats-Unis, entre représentants du Nord et du Sud sur la région pétrolifère disputée d’Abyei. « Bien que nous soyons engagés par l’accord de paix global, nous n’accepterons pas d’alternative à l’unité », a déclaré M. El Béchir.

En septembre, le vice-président soudanais Ali Osmane Taha avait indiqué devant l’ONU, à New York, que son gouvernement privilégiait l’unité. Mais il avait néanmoins reconnu le droit « du peuple du Sud de choisir autrement ». En effet, selon l’accord de paix global de 2005, les Sud-Soudanais doivent se prononcer le 9 janvier sur le maintien de l’unité avec le nord du pays ou l’indépendance. Cependant, les ex-rebelles du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, sudistes) et le Parti du congrès national (NCP, nord) du président El Béchir revendiquent chacun au moins six secteurs contestés à la frontière. Une frontière, dont la démarcation est « un facteur décisif dans la conduite d’un référendum juste et libre », selon le président soudanais.

Un référendum qui pourrait bien être mort-né, puisque pour El Béchir il ne peut en aucun cas aboutir à la partition du pays… L’impossibilité de toute évolution exprimée par Khartoum est génératrice de tensions. Selon le Lieutenant général Kuol Deim Kuol, porte-parole du SPLM, des soldats de l’armée régulière soudanaise ont tiré des coups de feu lundi soir sur le marché d’Abyei, blessant un commerçant. Un acte que le porte-parole du SPLM a décrit à la BBC comme étant une « provocation » des forces du nord, qui cherchent « un prétexte pour déclencher la guerre ». Un communiqué de l’Armée du Sud-Soudan semi-autonome (SPLA) a interprété de la même manière l’événement et affirmé que la sécurité à Abyei et à la lisière du Nord et du Sud en général « se détérior(ait) ». « Selon nos informations, le but des forces armées soudanaises est d’envahir et d’occuper la région d’Abyei et une partie de l’Etat d’Unité », situé au Sud-Soudan, a assuré le SPLA. Selon Kuol Deim Kuol, les soldats sudistes, cantonnés dans leurs baraquements, se seraient contentés de répliquer en tirant des coups de feu en l’air, de 21h00 à 2h00 du matin. Des tirs qui auraient cessé après l’intervention pacifiques des forces de l’ONU.

Un conflit récurrent

Les relations entre les nordistes et les sudistes sont chaque jour plus mauvaises. Samedi, la police a dispersé à coups de bâton, à Khartoum, des manifestants favorables à l’indépendance du Sud-Soudan qui s’étaient opposés à des partisans de l’unité. Et le président du Sud-Soudan semi-autonome, Salva Kiir, a demandé à l’ONU de déployer des Casques bleus le long de la frontière, selon des diplomates. Abyei est l’un des plus important points de fixation du conflit entre nord et sud. Plus de 100 personnes ont été tuées et 50 000 se sont enfuies suite aux combats qui s’y sont déroulés il y a deux ans. La région abrite à la fois des Dinka, sédentaires en majorité favorables à la partition, et des Misseriya, nomades arabophones nordistes. Pour le SPLM, les Misseriya ne devraient pas participer au referendum parce qu’ils ne passent que quelques mois avec leurs troupeaux à Abyei. Les négociations d’Addis Abebba ont, entre autres, achoppé sur ce point hier. Les deux parties se sont données rendez-vous à la fin du mois pour poursuivre les pourparlers, en Ethiopie, sous les auspices de l’ONU. Quant aux préparatifs du référendum d’autodétermination du 9 janvier, ils ont pris un sérieux retard. Un retard qui a amené Salva Kiirde a annoncé, la semaine dernière, qu’il était prêt à organiser seul la consultation.

Plus de deux décennies de guerre civile entre le Nord et le Sud, entre 1983 et 2005, ont fait deux millions de morts – un conflit, qui avait succédé à un autre presqu’aussi long, de l’indépendance du pays, en 1955, à 1972. Nord et Sud Soudan, réunis par la colonisation britannique au XIXe siècle, ne sont jamais parvenus à faire bon ménage. Le Nord du pays est majoritairement peuplé d’arabophones et de musulmans, tandis que le Sud, négro-africain, est à dominante chrétienne et animiste. Ce clivage ethno-religieux et la succession des conflits depuis plus d’un demi-siècle auraient pu amener le Nord à faire preuve de compréhension face à la volonté sécessionniste du Sud. Toutefois, Khartoum peine à accepter l’idée de devoir se séparer de la partie méridionale de son territoire et, avec elle, d’importantes réserves pétrolières.

 

La FIFA suspend le Nigeria
La fédération nigérianne de football a été sanctionnée pour ingérence gouvernementale
Rien ne va plus pour le football au Nigeria : suspendu pour deux ans par leur gouvernement après leur piètre performance en Coupe du monde, les Super Eagles prennent encore un coup sur le bec. C’est la FIFA qui a sanctionné la fédération nigériane de football pour ingérence gouvernementale.

Coup de tonnerre à Lagos ! Le Comité d’Urgence de la FIFA a décidé, ce lundi, de suspendre avec effet immédiat la Fédération Nigériane de Football (NFF) pour ingérence gouvernementale.

"Cette décision fait suite à de récents événements relatifs à la NFF : actions en justice intentées à l’encontre de membres élus du comité exécutif de la NFF les empêchant d’exercer leurs fonctions et d’exécuter leurs tâches, démission du secrétaire général par intérim de la NFF à la demande de la Commission nationale des Sports, et enfin décision du ministre des Sports de faire débuter le championnat de première division sans tenir compte des relégations de la saison précédente, toutes ces ingérences empêchant le comité exécutif de la NFF de travailler convenablement, explique la FIFA dans un communiqué. La suspension sera maintenue jusqu’à ce que les actions en justice aient cessé et que le comité exécutif qui a été dûment élu à la tête de la NFF puisse travailler sans aucune interférence."

Quid des Super Eagles ?

Résultat, les Super Eagles, qui devaient affronter ce week-end la Guinée, à Conakry, dans le cadre des éliminatoires de la CAN 2012, sont dans l’incertitude. "Pendant toute la durée de la suspension, la NFF ne pourra être représentée dans aucune compétition régionale, continentale ou internationale, y compris dans les compétitions interclubs et lors de matches amicaux. Pendant cette durée, ni la NFF ni aucun de ses membres ou officiels ne peuvent bénéficier de programmes de développement, de cours ou de formations de la FIFA ou de la CAF", précise ledit communiqué.

Plusieurs hauts responsables du sport du pays ont été traînés devant les tribunaux par certains groupes d’intérêt que l’on croit être soutenus par le gouvernement, dont Amos Adamu, membre du comité exécutif de la FIFA, Aminu Maigari, président de la NFF, Mike Umeh, vice-président ainsi que le secrétaire-général de la NFF, Musa Amadu.

 

 

Attentats au Nigeria : sur la trace des commanditaires
Une faction dissidente du Mend soupçonnée
Neufs suspects ont été arrêté lundi par les autorités nigérianes, dans le cadre de l’enquête sur le double attentat qui a endeuillé le Nigeria vendredi dernier. Une faction dissidente du Mouvement pour l’Emancipation du Delta du Niger (MEND) pourrait être responsable du forfait.

Qui sont les auteurs des attentats à la bombe qui ont frappé le Nigeria en plein cœur vendredi, à Abuja, lors des célébrations du 50e anniversaire de l’indépendance du pays, faisant 12 victimes et 36 blessés ? Le doute est toujours permis après l’annonce ce matin par la police nigériane de l’arrestation de neufs suspects. Selon les services de renseignements nationaux, les neufs personnes interpellées ont toutes un lien avec Henry Okah, un ancien dirigeant du Mend arrêté samedi en Afrique du Sud, où il résidait depuis sa sortie de prison l’année dernière. Celui-ci, qui a comparu ce lundi devant le tribunal de Johannesburg, nie toute responsabilité. Les neufs suspects n’auraient en revanche aucun lien direct avec le mouvement terroriste.

Alors que les attaques avaient, dès ce week-end, été revendiquées par le Mend, l’Etat nigérian a fait savoir par le biais de son Président Goodluck Jonathan qu’il soupçonnait « un petit groupe terroriste basé à l’extérieur » du pays, et que les responsables des attentats se cachaient sous le « parapluie » du Mend.

Plusieurs éléments pourraient remettre en cause la revendication de ce mouvement. Tout d’abord, des membres dudit groupe auraient, selon le Président Jonathan, affirmé ne rien savoir de ces attaques, et de sa revendication : « Nous avons contacté d’autres membres du Mend et ils affirment ne rien savoir de tout ça », a t-il déclaré ce week-end.

Le gouvernement directement visé

Les motivations d’un groupe dont la plupart des leaders ont accepté l’accord d’amnistie proposé l’an dernier par le gouvernement nigérian, et dont les attaques ciblaient jusque-là les oléoducs et les bornes d’alimentation du sud du pays, sont aujourd’hui en question. L’an dernier, le gouvernement signait un accord de cessez le feu avec les rebelles du Delta, offrant argent et amnistie contre la fin des violences. Cet accord a entraîné une baisse significative de la violence et des enlèvements, même si de nombreuses voix s’étaient élevées pour dénoncer la lenteur avec laquelle le gouvernement remplissait sa part du contrat.

Peu de temps avant les explosions, un communiqué clamant s’exprimer au nom du Mend annonçait que des engins explosifs « avaient été placés avec succès dans et autour du site » des célébrations. Ils condamnent ainsi des célébrations qui n’avaient, selon les terroristes, pas lieu d’être. Ces derniers accusent les responsables du pays d’agir de manière irresponsable, et de piller la terre et les ressources du Delta du Niger. Le Mend affirme en effet se battre pour une plus juste répartition de l’énorme manne pétrolière que cette région génère.

Des divisions à l’origine d’une certaine confusion

L’identité des commanditaires est sans doute à chercher dans les récentes divisions au sein du mouvement terroriste. Celui-ci s’est fractionné en plusieurs factions dont certaines demeurent opposées à toute amnistie. Il apparaît donc possible qu’une de ces factions ait pris la liberté de revendiquer les attentats au nom du groupe tout entier. L’attaque soulève d’autres questions. En effet, l’absence des dignitaires britanniques invités aux célébrations, le représentant de la reine, le duc de Gloucester ainsi que l’ancien Premier Ministre Gordon Brown, jette le doute sur ce que les autorités nigérianes savaient vraiment de ces attaques. Le gouvernement aurait été alerté cinq jours auparavant par un message du groupe. Et, selon les services secrets, six attentats qui auraient dû avoir lieu mercredi, dans le quartier où se trouvent la résidence présidentielle, le parlement et la Cour suprême, ont pu être déjoués.

Le manque coordination entre le président Jonathan et le gouvernement fédéral est fortement pointé du doigt pour expliquer ce qui est ressenti comme un véritable manquement à la sécurité du pays.

 

Listen to the Banned : l’album des musiciens censurés
Six chanteurs africains sont présents sur le disque
L’album Listen to the banned, qui signifie "Ecoutez ceux qui sont interdits", présente les chansons d’artistes interdits de scène ou censurés dans leurs propres pays. Ces derniers révèlent sans tabou ni crainte la vérité sur les points obscurs de leurs nations. Démocratie, justice, corruption, sont au menu de leurs compositions. Le projet a été monté par Freemuse, une organisation internationale de défense de la libre expression musicale. Parmi les chanteurs sélectionnés, six africains : Lapiro de Mbanga , Chiwoniso Maraire , Abazar Hamid , Aziza Brahim, Tiken Jah Fakoly , Fadal Dey.

Listen to the Banned !, 14 titres, 14 chanteurs qui viennent de partout dans le monde : Afghanistan, Iran, Israël, Liban, Pakistan, Palestine, Turquie... Parmi eux, 6 artistes africains dont deux Ivoiriens, Tiken Jah Fakoly , Fadal Dey, le Camerounais Lapiro de Mbanga, la Zimbabwéenne Chiwoniso Maraire, le Soudanais Abazar Hamid et l’Algérienne Aziza Brahim. Des artistes qui ont été persécutés où poursuivis en justice à cause de leurs compositions.

La recherche de la liberté de diffusion

Pour tous ces chanteurs, l’objectif est de vivre dans un monde juste et pacifique. Pour avoir utilisé l’unique arme dont ils disposaient, la musique, ils ont été neutralisés par les gouvernements. Car toutes les vérités ne sont pas bonnes à entendre. Avec cet album, sorti en mars dernier, ils peuvent s’exprimer sans crainte d’être contraints au silence.

Sur les six artistes africains sélectionnés, quatre ont été censurés par leurs gouvernements. Ainsi, Lapiro de Mbanga, un chanteur camerounais populaire, a critiqué ouvertement le président Paul Biya sur des réformes sociales. La sanction a été immédiate. Le musicien a écopé de 3 ans de prison et d’une amende de 640 000 $. Autre artiste qui a subi la loi des autorités, la Zimbabwéenne Chiwoniso Maraire qui a exprimé le manque de compétence, la corruption et le manque de liberté de parole croissante imposé par le Président Robert Mugabe. Suite à ces révélations, elle a été interrogée par la police. Le Soudanais Abazar Hamid se retrouve dans le même lot que ses collègues, mais a subi une censure en douceur. Il a soumis au gouvernement ses musiques de paix et d’amour. Le pouvoir soudanais ne lui a accordé que l’amour. Quant à l’algérienne Aziza Brahim, elle évoque dans ses chansons l’exil, le droit à la liberté, les droits de l’homme et rappelle des faits gênants sur le conflit du Sahara occidental. Ses morceaux ont été censurés par les autorités marocaines et algériennes, deux pays concernés par ce contentieux.

La Côte d’Ivoire est représentée par deux artistes, Tiken Jah Fakoly et Fadal Dey, qui ont choisi l’exil pour chanter leurs vérités. Le plus célèbre d’entre eux, Tiken Jah Fakoly, évoque la corruption politiquedans son pays, avec la chanson « Quitte le pouvoir », et critique aussi le manque de démocratie du président sénégalais Abdoulaye Wade. Lors de la crise politique en Côte d’ivoire, Tiken Jah Fakoly a dû rejoindre le Mali en 2003 pour éviter la mort. Son collègue Fadal Dey, moins célèbre, demande plus de démocratie en Afrique et qu’avance la lutte contre la piraterie. Ces artistes utilisent la musique pour réveiller les consciences, détruire la corruption et la dictature.

Le projet a été monté par Freemuse, une organisation internationale de défense de la libre expression musicale, et Deeyah, une musicienne norvégienne d’origine pakistanaise. Cette dernière, après avoir connu des années de harcèlement pour avoir voulu faire de la musique son métier, se consacre désormais à faire avancer la liberté d’expression dans le monde. Grâce au site du projet, Youtube, Facebook, et Twitter, les informations et l’actualité des artistes mis en avant dans l’album Listen to the Banned sont disponibles en temps réel.

 

September

Mauritanie : à l’ombre des armes, le racisme d’Etat
Une tribune de Brahim Ould Bilal Ould Abeid et Ethmane Ould Bidiel
Les récentes incursions, en territoire malien, de quelques unités de l’armée mauritanienne engagée dans une opération militaire contre les Salafistes d’Al Qaïda au Maghreb Islamique ont mis le zoom des caméras sur les forces armées, dévoilant ainsi des réalités tout au moins révoltantes par leur gravité.

En effet, des séquences d’images largement relayées par les médias audiovisuels internationaux, ces derniers jours, ont permis de révéler, à l’opinion nationale et internationale les preuves d’autant plus scandaleuses que regrettables de la persistance, désormais, irréfutable de ségrégation raciale qui gangrène le corps de cette armée, après avoir rongé tous les niveaux de la vie publique de l’Etat.

Certes, la discrimination sur la base de naissance, dans les différents corps d’armées mauritaniennes, n’a jamais cependant, cessé de faire l’objet de très fortes et fermes dénonciations et condamnations, de la part de quelques défenseurs des droits de l’homme. Mais, les campagnes de dénégation et de scepticisme tambour battant menées par les laudateurs du pouvoir mus par une volonté farouche de pérenniser le système en vilipendant les honnêtes hommes ont hélas fort contribué à entretenir la confusion et la présomption de doute sur cette triste réalité.

Aujourd’hui, ces images, puisées dans les archives de quelques respectables chaînes, à l’instar d’Aljazeera et France 24, contribuent, chemin faisant, à faire tomber le masque et mettre l’ensemble des mauritaniens devant l’une de leurs plus amères réalités qu’incarne l’image d’une armée que divise les préjugés de la race et les préséances de naissance ; une armée sevrée de valeurs républicaines ; une armée dont les troupes sont quasiment noires et le commandement presque, ou, exclusivement blanc. Ainsi l’attestent les séquences diffusées et qui émanent fort heureusement de sources indépendantes. Défrayant la chronique, ces éléments corroborent les allégations et les accusations de quelques militants de droits de l’homme, naguère, montrés à la vindicte publique.

Pour une armée nationale représentative du peuple mauritanien

L’armée nationale dont le devoir se résume dans l’honorable mission de défendre l’intégrité territoriale, sécuriser les citoyens et leurs biens et garantir la cohésion nationale, se doit d’être à l’antipode de l’image que des forces réactionnaires et aigries s’évertuent vaille que vaille à lui donner en tenant à confiner des catégories de patriotes libres dans la subordination sur le critère de l’ethnie, la couleur de la peau ou la naissance pour en faire des chairs à canons. Car ces velléités fatales ayant prouvé leur ignominie et anachronisme sans commune mesure, de 1975 à 1978, lors de la guerre du Sahara doivent être bannies.

Il incombe alors à tout mauritanien soucieux des intérêts suprêmes de ce pays, lesquels passent par la défense de l’unité, la stabilité et le raffermissement de la cohésion nationale, de dénoncer et condamner avec la dernière énergie ce phénomène dont la persistance est de nature à mettre en péril l’unité et la cohésion nationale. Car c’est absurde de vouloir faire de l’inégalité et l’injustice, deux éléments naturellement préjudiciables aussi bien à l’Homme qu’à ses institutions, un principe fondateur d’une véritable armée nationale. Ceci est d’autant plus vrai que le spectre de la fin des années quatre vingt et début des années quatre-vingt-dix est toujours suspendu sur les casques comme une épée de Damoclès. Sans compter, par ailleurs, tirer les leçons embarrassantes, certes, des deux kamikazes, exclusivement haratines, pour autant riche d’enseignement bien que le pouvoir s’évertuent, dans une ultime tentative, de l’occulter.

Enfin, il y a lieu de rappeler qu’à chaque fois qu’un Etat s’est engagé et endurci dans l’entêtement, usant de politique de l’autruche et d’antivaleur, il s’en est retrouvé esseulé et abandonné sous l’effet de l’usure. Le moment est venu, contrit, de reconnaître tous nos maux, corriger les tares, libérer les énergies et, au-delà du racisme d’Etat et de l’exclusion rampant et plombant, rebondir encore plus loin et de plus belle.

 

Sous-développement en Afrique : l’économie de la Françafrique
Une analyse d’Emmanuel Martin, économiste
La commémoration du cinquantenaire des indépendances africaines est l’occasion pour revenir sur les facteurs à l’origine du sous-développement en Afrique. Parmi les facteurs principaux cités on trouve la Françafrique. Les études menées par des associations, comme Survie, ont eu le mérite de mettre en lumière les effets pervers de cette nébuleuse, mais leurs conclusions étaient parfois anticapitalistes et antimondialistes. Dans cette contribution, Emmanuel Martin, analyste sur unmondelibre.org, nous propose une analyse originale de la Françafique basée sur l’approche du Public Choice. Il y montre comment la convergence d’intérêts privés entre politiques (africains et occidentaux), bureaucrates et d’hommes d’affaires, bloque le développement de l’Afrique en créant un verrouillage institutionnel, avortant ainsi toute réforme.

Les relations opaques entre la France et ses anciennes colonies en Afrique depuis les indépendances sont désormais qualifiées par le terme de « Françafrique », sans doute popularisé par François-Xavier Verschave. L’étude de la Françafrique est généralement cantonnée à des articles ou ouvrages d’associations telles Survie en France. Leur travail, important, peut parfois avoir des conclusions anticapitalistes et antimondialistes et reste essentiellement historique.

Il est cependant possible, d’une part, de fournir une critique non pas du capitalisme et de la mondialisation, mais du système de capitalisme d’État, corrompu et anticoncurrentiel qui est au cœur de ces pratiques et, d’autre part, de se servir de la théorie économique pour systématiser l’analyse.

Premièrement, le capitalisme suppose l’état de droit et notamment le respect de la propriété justement acquise, des contrats, des droits individuels, et l’égalité devant la loi. Qu’on le veuille ou non, c’est le système qui a permis le développement économique d’une bonne partie de la planète en quelques siècles. Le rôle premier de l’État est de faire respecter l’état de droit pour qu’une saine concurrence libre puisse jouer. Le capitalisme de copinage, le fameux crony capitalism, voit au contraire des décideurs politiques favoriser certains intérêts, qui le leur rendent bien, au détriment de l’état de droit et de la concurrence libre. La relation Françafrique semble tenir de ce crony capitalism, et même d’une stratégie d’État.

Deuxièmement, si l’on se tourne vers les chiffres du commerce international de l’Afrique, il est difficile d’y voir un continent mondialisé. En 2008 par exemple, le stock d’investissement direct étranger entrant en Afrique est de 3,4% du stock mondial soit un peu plus que la moitié de ce que la France à elle seule reçoit en investissements. Les exportations africaines de biens et services représentaient respectivement 2,87% et 2,52% du commerce mondial. L’Afrique, continent d’un milliard d’âmes, semble souffrir du manque de mondialisation, et des opportunités qui vont avec.

Une partie de l’explication du sous-développement africain a trait aux institutions peu propices à l’échange et à l’entreprise. Les nations se trouvent dans ce qui est parfois appelé un verrouillage institutionnel de mauvaise qualité dans lequel le changement, notamment vers un climat propice aux affaires et donc au développement économique, semble impossible. L’analyse économique des relations de type Françafrique peut-elle expliquer à son tour ce verrouillage ?

Depuis une cinquantaine d’années bon nombres d’économistes se sont intéressés au fonctionnement du marché politique et des bureaucraties, faisant tomber l’hypothèse de bienveillance et d’esprit de service public des acteurs qui les composent. Cette théorie dite du Public Choice, applique l’hypothèse de la recherche de l’intérêt personnel également dans ces sphères, et a ainsi pu expliquer nombre de « défaillances de l’État ». Cette théorie repose aussi sur le fait qu’il est peu coûteux pour des petits groupes aux intérêts similaires de se coaliser pour faire pression sur le politique et obtenir avantages et protections. Il est en revanche coûteux pour les millions de contribuables de se coaliser pour se protéger des privilèges très variés qui sont accordés aux lobbies.

Le tableau de la Françafrique

Sur la base de ces hypothèses, il serait possible de reconstruire le tableau de la Françafrique, en termes de recherche d’intérêts de la part de groupes coalisés et d’hommes politiques (une théorie n’éclairant bien sûr qu’un aspect de la réalité) :

- Quelques grandes entreprises françaises bien implantées et jouissant d’un quasi-monopole d’exploitation, sans doute avec des prix d’achats très faibles, ou bien bénéficiant d’un marché privilégié où elles peuvent vendre très cher leurs services, n’auraient aucun intérêt à voir émerger la concurrence du fait d’un meilleur climat des affaires.

- Quelques autocrates africains et leurs clans souhaitent, et c’est humain, conserver le pouvoir et les richesses qu’il leur procure. Ils n’auraient aucun intérêt au développement de leur pays et donc au développement d’une classe moyenne et d’entreprises qui pourraient financer l’opposition et menacer leur accès aux revenus des industries extractives. Ils pourraient aussi bénéficier de l’argent de l’aide publique qui leur permettrait de rester au pouvoir et de « boucler les fins de mois » pour payer les fonctionnaires.

- D’ailleurs, les bureaucrates des agences publiques d’aide auraient aussi un intérêt dans ce système, puisque leurs revenus, leurs emplois, leur influence en dépendent. Leurs actions seraient en outre légitimées par un prétendu système d’aide au développement qui en réalité contribuerait en premier lieu à « acheter », avec de l’argent des contribuables, des autocrates africains, pour la stabilité qu’ils fourniraient à quelques lobbies.

- L’État français n’aurait aucun intérêt dans la concurrence de compagnies étrangères puisqu’elle donnerait la possibilité aux autocrates africains de réduire leurs privilèges, concessions, prix préférentiels ou marchés aux quelques intérêts français. De ce point de vue le pétrole bon marché africain serait une aubaine pour l’État français qui peut accroître sa marge de taxation sous le prix socialement tolérable en France (un taux de taxation de l’ordre de 200%, ça ne se refuse pas). Si en plus ce pétrole permettait des fuites de cash qui pourraient financer les partis politiques français...

- Par ailleurs, d’un point de vue stratégique, la dépendance énergétique aux « caprices » des marchés internationaux n’est pas tolérable pour une puissance respectable comme la France. Les approvisionnements énergétiques sont une stratégie d’État. Si en outre, un de ces approvisionnements constituait le socle de la politique d’expansion des marchés énergétiques de la France (et donc de sa géostratégie en tant que grande puissance) dans le secteur où elle est leader mondial, son intérêt évident serait de protéger coûte que coûte cet approvisionnement.

- Bien sûr avec la nouvelle concurrence internationale, notamment de la Chine, les autocrates pourraient gagner en pouvoir de négociation : la France devrait donc en théorie se montrer plus tolérante sur le non-respect des droits de l’homme en Afrique, ou plus « amicale » quant au traitement de plaintes pour corruption par exemple.

La théorie est-elle loin de la réalité ?

 

Second tour de la présidentielle en Guinée : le 10 octobre déjà compromis ?
Le gouvernement de transition guinéen devrait valider cette date dans les prochains jours
 
Alors que la Commission électorale indépendante (CENI) a statué mercredi sur la date du second tour de la présidentielle, prévue désormais le 10 octobre prochain, la classe politique reproche au nouveau président de la Céni sa partialité. Désigné le 22 septembre à la tête de la commission, Louncény Camara est déjà mis en cause par l’ancien Premier ministre guinéen, Sydia Touré, qui l’accuse de militer pour le candidat Alpha Condé. Des accusations qui pourraient compromettre les prochaines élections.

La Guinée pourrait être bientôt fixée sur son sort. La Commission électorale indépendante (Céni) a demandé mercredi que le second tour de la présidentielle, initialement prévu le 19 septembre, soit organisé le 10 octobre prochain. Cette nouvelle date, révélée par le responsable du calendrier au sein de la Céni, Boubacar Diallo, devra être approuvée par le gouvernement de transition guinéen.

Cette annonce intervient dans un climat politique tendu. L’ancien Premier ministre guinéen Sidya Touré, partisan du candidat Cellou Dalein Diallo aux élections, a récusé l’élection du syndicaliste Louncény Camara à la tête de la Commission électorale, suite au décès de Ben Sékou Sylla. Il l’accuse de militer pour l’autre candidat, Alpha Condé. « L’élection de M. Camara est un non évènement, une décision illégale qui s’est tenue nuitamment en l’absence de plusieurs membres de la Céni, notamment de la présidente intérimaire de la Commission Hadja Aminata Mame Camara », a déclaré devant la presse M. Touré, au nom de "l’Alliance Cellou Dalein Diallo président".

Une situation à couteaux tirés

Des accusations qui pourraient une nouvelle fois compromettre le déroulement de la présidentielle. Depuis quelques jours, la Céni se trouve au centre d’un grave conflit entre les deux candidats, Cellou Dalein Diallo (43% au premier tour) et Alpha Condé (18%). Au cours du week-end précédent, des violences entre les partisans des deux candidats rivaux avaient fait un mort et 54 blessés. Pour sortir de cette crise politique, le président de la transition, le général Sékouba Konaté, avait « exigé » mardi qu’une date soit fixée pour ce second tour.

La semaine dernière, la Céni avait annoncé le report, d’au moins deux semaines, du second tour de l’élection présidentielle, invoquant des problèmes techniques d’impression et d’acheminement du matériel électoral. Les partisans de Cellou Dalein Diallo redoutent que le gouvernement de transition ne prenne prétexte des affrontements du week-end pour retarder le deuxième tour, qui a déjà été reporté à plusieurs reprises depuis le premier tour en juin.

La tension ne cesse de monter en Guinée à l’approche du deuxième tour de l’élection présidentielle, la première depuis l’indépendance en 1958.

 

talie : Pour éviter d'être arrêté et expulsé, un sénégalais mord deux policiers italiens

Italie : Pour éviter d'être arrêté et expulsé, un sénégalais mord deux policiers italiens
Un jeune sénégalais âgé de 25 ans a été arrêté en iItalie et placé sous surveillance en attendant son expulsion. L'homme est accusé d'avoir mordu deux policiers lors d'un contrôle de routine dans le train sur la ligne Turin-Imperia. Ne voulant pas faire l'objet d'un contrôle, le sénégalais en situation irrégulière, n'a pas trouvé mieux que de mordre les hommes en tenue, l'un au niveau de la main, l'autre sur la jambe. Les deux policiers ont été finalement internés dans un hôpital. Le sénégalais décrit comme grand et robuste a été arrêté pour rébellion contre des agents de la force publique et placée en détention à la prison de Cuneo en attendant son jugement et son expulsion.
 

 

Afrique : abolir le mythe de la surpopulation
Une tribune de Ndaba Obadias, Directeur Régional de l’Alliance Mondiale des Jeunes d’Afrique
Depuis longtemps s’est imposée l’idée que la population constitue un frein au développement des pays africains. Selon la thèse malthusienne, la croissance démographique dépassant celle des ressources, la population sera condamnée à une économie de subsistance. Le seul moyen de briser ce cercle vicieux et de sortir les pays africains de la pauvreté est de réduire la population. Qu’en est-il vraiment ? Ndaba Obadias, Directeur Régional de l’Alliance Mondiale des Jeunes d’Afrique, relance le débat sur la question en proposant des arguments n’allant pas dans le sens de la pensée dominante, remettant ainsi en cause la pertinence de la thèse de la surpopulation comme responsable du sous-développement en Afrique.

La politique de développement en Afrique suppose que « moins de population signifie davantage de développement ». Cette idée est née en Occident et a été répétée à plusieurs reprises par les dirigeants africains et les médias, à tel point que tout le monde semble l’accepter sans remettre en cause sa pertinence.

Récemment, l’Organisme de Coordination National pour la Population et le Développement (NCAPD) du Kenya a averti que « la population du Kenya s’accroît trop rapidement, et peut devenir intenable dans un futur proche ». Il s’agit d’une déclaration typique qui révèle la mentalité d’un grand nombre de personnes, en particulier les décideurs des pays en développement et de l’Afrique.

L’idée derrière cette déclaration est trop simpliste pour être valable : au moins il y a d’habitants dans un pays, au mieux le gouvernement peut prendre soin d’eux. Les êtres humains ont donc été réduits à ce que les gouvernements respectifs peuvent gérer, à une population « gérable ». En d’autres termes, les personnes sont perçues en termes de problèmes et de bouches à nourrir. Elles ne sont pas perçues comme des esprits capables de penser et d’innover pour un avenir meilleur.

Selon le rapport de l’ONU « La population mondiale en 2008 » il y a 170 habitants au kilomètre carré en Europe occidentale comparativement à 33 h/Km² en Afrique. Le Royaume-Uni par exemple, a 253 h/ Km² tandis que le Kenya a seulement 69 h/km².

Où est la surpopulation ? En Afrique ? Au Kenya ? Même si la population de l’Afrique augmente de cinq fois par rapport à ce qu’elle est actuellement, les pays d’Europe occidentale comme la France, l’Allemagne ou la Suisse seront toujours davantage « surpeuplés » que les pays africains. Malgré ces chiffres, le mythe continue d’associer la taille de la population au développement en Afrique et dans d’autres régions en développement.

Ce qui est prêché aujourd’hui en Afrique l’a été à Hong Kong dans les années 1950, quand elle était encore pauvre. Les prévisions indiquaient qu’une Hong Kong surpeuplée sans ressources naturelles avait un avenir sombre. Un journal a même proclamé que le pays était « mourant ». Son gouvernement a déploré que « le problème de la croissance rapide de la population est au cœur des problèmes que connaît le pays ».

Aucune relation entre la taille de la population et le développement

L’apocalypse prédite ne s’est jamais concrétisée. Au lieu de cela, Hong Kong a réalisé un miracle économique, et aujourd’hui, se targue d’une population de 7.026.400 d’habitants avec 6.460 habitants par km² (estimation de 2009). En outre, selon les estimations du FMI en 2009, le revenu par habitant y est de 42 748 $ US (soit le pays ayant le huitième revenu le plus élevé dans le monde, s’il est séparé de la Chine continentale). Pourtant, sa population a augmenté d’environ six fois par rapport à son niveau des années 1950, quand on disait qu’elle avait une population au-delà de sa capacité de prise en charge.

Il n’existe aucune relation entre la taille de la population et le développement. Quand les gens sont instruits et gagnent un revenu élevé, le développement authentique se produit. Cependant, aujourd’hui, on enseigne aux personnes analphabètes dans les villages à travers les pays en développement, par le biais des différents programmes financés par le gouvernement ou par des donateurs, que le contrôle des naissances est la voie vers le développement. On détourne malheureusement l’attention de là où il faudrait.

Lorsque les gens sont peuvent s’éduquer, bénéficient de sécurité, ont accès aux soins de santé de qualité permettant de réduire la mortalité infantile, et aux opportunités d’exercer leurs talents, ils feront des choix libres. Et comme l’histoire l’a montré ailleurs, leurs enfants pourront avoir accès à leurs besoins, leurs désirs, leurs espoirs et leurs rêves.

Cette mentalité de « gestion de la population » a détourné l’attention des questions plus urgentes comme l’éducation, les services de santé et le transfert de technologie qui pourraient relancer les économies des pays pauvres. Cela est facilement réalisé en associant croissance de la population avec d’autres problèmes , des pénuries alimentaires à la dégradation de l’environnement. Bien que la population mondiale ait plus que doublé depuis 1950, les disponibilités alimentaires ont plus que triplé au niveau mondial pendant la même période.

Dans les pays développés, la vie de chacun a été améliorée grâce à l’éducation et aux services de soins médicaux, et cela a été suivi par une tendance ou une préférence pour les familles de petite taille. En fait, le boom économique exige une importante main-d’œuvre pour décoller. Si les tendances actuelles se poursuivent, l’Afrique peut se retrouver avec une croissance démographique négative. Si cela se produit, l’Afrique aura le double problème d’une main d’œuvre réduite et du sous-développement.

 

Dieynaba Bakiri et Cécile Abric : duo pour beauté noire
Les deux jeunes femmes sont à l’origine de la chaîne de magasins Colorii
 
Leur démarche est inédite dans la distribution des produits cosmétiques destinés aux femmes noires et métissées en France. Grâce à Dieynaba Bakiri et Cécile Abric, ces consommatrices disposent depuis 2007 en région parisienne, pour l’heure, de boutiques dédiées où elles sont des clientes reconnues et conseillées à qui tous les choix s’offrent.

« C’est difficile de faire son shopping (beauté) parce qu’il manque toujours un produit ». Dieynaba Bakiri, Sénégalaise d’origine, sait de quoi elle parle. Mais surtout elle a trouvé la solution en s’associant à une amie caucasienne, Cécile Abric. Deux trentenaires, tentées par l’aventure de l’entrepreneuriat "utile", cela donne Colorii, enseigne « spécialisée dans la beauté ethnique » créée en 2007 dans l’Hexagone. « On voulait toutes les deux monter notre boîte », se souvient Cécile Abric. Elle sera très vite détournée par sa copine Dyenaba, rencontrée au sein de la multinationale Schlumberger où elles étaient collègues, de son idée de vendre des vêtements pour enfants. Oubliés les marmots, les jeunes femmes ont décidé de réconcilier leurs mamans, surtout quand elles ont la peau ébène et dérivés, avec la cosmétique en innovant dans sa distribution sur le territoire français.

Afin de convaincre Cécile, Dieynaba l’emmène faire son shopping beauté. Et c’est "dur dur" d’être une femme noire quand on veut acheter des produits de beauté. « En tant que femme blanche, souligne Cécile Abric, si je passe du temps dans les magasins, c’est pour choisir la marque de mon produit et non pas pour le trouver. Une femme noire doit presque poser une journée de RTT parce qu’il lui faut traverser tout Paris à la recherche de ses produits. J’étais très étonnée que dans une parfumerie généraliste, Dieynaba n’ait le choix qu’entre deux marques ». « Il faut prévoir à l’avance », renchérit Dieynaba. Les deux femmes font le test à Strasbourg Saint-Denis, le "haut-lieu" de la beauté noire dans la capitale française où la question de savoir si le produit désiré n’est pas une contrefaçon se pose parfois. Le défi est majeur. Mais quand on est une jeune femme noire, Dieynaba, qui commence sa carrière professionnelle sur une plateforme pétrolière Outre-Manche, rien ne vous effraie vraiment. D’autant qu’on trouve avec qui, Cécile donc, partager sa solitude d’entrepreneur. Le projet que les anciennes cadres supérieures soumettent aux banques est bien ficelé. Il ne laisse entrevoir que sa faisabilité et la compétence de ses promotrices diplomées d’école de commerce et dotées d’une solide expérience en vente et en marketing.

Toute la France bientôt aux couleurs de Colorii

Fiche technique Colorii (source Colorii)

Colorii a mijoté dans les marmites de Cécile et de Dieynaba, respectivement directrice générale et présidente de la société, pendant un an. Elle prend forme non sans difficulté. « C’est très drôle. Les marques étaient réticentes quand on leur exposait notre idée. On les suppliait presque de nous communiquer leurs prix. C’était une révolution pour eux. » La première boutique Colorii ouvre ses portes aux Halles marquant symboliquement la fin des « corners ethniques » ou le règne des produits de beauté qui se cachent entre le « piment et le manioc ». Ce qui renvoie les peaux noires et métissées au rang de consommatrices de seconde zone en matière de beauté. De la tête au pied, Colorii se charge de tout. La marque propose des produits grand public qui oscillent entre le moyen et le haut de gamme, tout en étant accessible à toutes les carnations : 36 teintes pour les peaux noires et métissées, 10 autres pour les peaux mates et blanches. Les cheveux frisés, défrisés, crépus ou plats ne sont pas en reste.

Les clientes manifestent et disent leur satisfaction depuis l’ouverture de l’enseigne. « Elles nous remerciaient, se souvient Cécile Abric. Nous avons pris toute la mesure du fait que nous répondions à un véritable besoin ». Les Parisiennes ont été gâtées cette été avec l’ouverture des BeautyBox Colorii à la Défense et à Argenteuil. Cette dernière porte à cinq les points de vente (Forum des Halles, Rosny 2 et Evry 2) de la marque. Aux Halles et à Rosny 2, des espaces soins et coiffure sont disponibles. La province, elle, patientera jusqu’en 2011. En attendant, le site de Colorii propose des livraisons partout en Europe. Au moins quinze mille personnes jouissent déjà d’une carte de fidélité Colorii dans l’Hexagone. Ce n’est qu’un début, semble-t-il. Dyenaba voudrait aussi que Colorii voit le jour dans son pays d’origine, le Sénégal. De même, une fondation éponyme apporterait son aide aux femmes et aux enfants du continent africain. « Les femmes portent l’Afrique, rappelle-t-elle ». Dieynaba Bakiri et Cécile Abric, quant à elles, portent la beauté des "femmes Colorii".

 

Angel Africa : la force du réseau
L’association réunit des entrepreneurs africains afin de mettre en commun leurs compétences
Une conférence réunissant de jeunes entrepreneurs africains a lieu samedi à New York, aux Etats-Unis. Ce séminaire est organisé chaque année par Angel Africa, une association dont la volonté principale est de favoriser la création de partenariats entre les chefs d’entreprises africains new-yorkais afin de promouvoir le secteur privé en Afrique.

« L’union fait la force ». Ce pourrait être le slogan de l’association américaine Angel Africa. Elle organise samedi 18 septembre sa troisième conférence annuelle à New York. Cette année, le thème de cette rencontre est l’Afrique Australe. Au cours d’une journée marathon de conférences sur des sujets variés (tourisme, technologie, éducation, agriculture…), ce séminaire réunira des entrepreneurs africains afin de leur prodiguer conseils d’affaires, encadrements, et faciliter la création de partenariats.

Angel Africa est l’acronyme de "Association of New Generation of Leaders for Africa" (traduire par "Association des jeunes entrepreneurs pour l’Afrique"). C’est un organisme à but non lucratif dont la mission de base est de construire un réseau de dirigeants d’entreprises et de professionnels africains afin de promouvoir la croissance économique en Afrique.

Depuis sa création en 2006 sous l’initiative d’entrepreneurs africains vivant à New York, l’association, qui compte aujourd’hui plus de 400 adhérents, cherche à regrouper les talents individuels pour encourager l’entrepreneuriat et le développement du secteur privé de manière collective. Ainsi, grâce à Angel Africa, les professionnels africains œuvrant dans de multiples secteurs, industries et régions géographiques, se mettent en contact et travaillent ensemble afin de développer une connaissance approfondie des questions qui ont un impact en Afrique. L’association vise à la création de partenariats qui sont à l’origine d’initiatives et de programmes cherchant à améliorer les conditions de vie sur le continent via le secteur privé.

Au fil des ans, l’association dirigée par Nvalaye Kourouma (président) et Amini Kajunju (vice-présidente), a ainsi su créer une plate-forme pour encourager et aider les entrepreneurs et les petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique à se rapprocher. Grâce à ce système de mise en réseau, l’association est convaincue qu’une économie prospère pourra voir le jour en Afrique, en permettant la création d’emplois, de biens et de services nécessaires à un développement économique durable.

Trois questions à Amini Kajunju, Vice-présidente d’Angel Africa Amini Kajunju, vice-présidente de Angel Africa

Afrik.com : Comment s’est déroulée la création d’Angel Africa ?
Amini Kajunju :
Nous avons créé l’association en 2006. Au départ, nous sommes tous des Africains vivant à New York. Il y a beaucoup d’Africains ici et à l’époque nous n’avions pas vraiment d’opportunité pour nous rencontrer et travailler ensemble. En créant Angel Africa, nous voulions créer une plate-forme qui nous permettrait d’échanger nos contacts et de mettre en commun nos compétences. Nous pensons que le secteur privé peut jouer un rôle essentiel dans le développement de l’Afrique. Nous avons beaucoup de talents ici, et ce talent doit être regroupé et exporté pour aider l’Afrique à se développer. Nous n’habitons pas en Afrique mais nous avons le sentiment que nous pouvons aider notre continent, même de New York.

Afrik.com : Qui adhère à votre association ?
Amini Kajunju :
Il y a plus de 400 adhérents à Angel Africa. Tout le monde vit à New York. Beaucoup d’Africains de toutes les nationalités (Ghana, Sénégal, Afrique du sud, Kenya, Ouganda…) viennent travailler ici après leurs études dans le secteur financier, informatique, etc. L’association se fait essentiellement connaître grâce au bouche à oreille, car tous les adhérents en parlent autour d’eux. De plus, nous organisons régulièrement des réunions pour nous rencontrer. Sans parler de notre conférence annuelle. Ça fait maintenant 3 ans que nous organisons ce genre de manifestation. La première fois c’était l’Afrique de l’Est, l’année dernière l’Afrique de l’Ouest, et cette année c’est l’Afrique centrale.

Afrik.com : Quels sont vos résultats les plus remarquables ?
Amini Kajunju :
A ma connaissance, au moins trois entreprises ont été créées grâce au networking engendré par Angel Africa. Leurs créations ont été permises par le partenariat de plusieurs entrepreneurs qui ne se seraient sûrement pas connus sans l’association. C’est une évidence, trois entreprises réunies sont plus fortes qu’une seule isolée. Parmi les membres de l’association les plus en réussite, je peux citer sans conteste Fred Swaniker. D’origine ghanéenne, il a fondé une Académie du leadership africain à Johannesburg. Fred a participé au Forum des jeunes leaders africains en août dernier et a même eu la chance de discuter avec le président Barack Obama pendant près d’une heure. Nous sommes très fiers de lui, c’est un grand exemple de réussite pour l’association.

Amini Kajunju est également présidente de Workshop in Business Opportunities (WIBO). WIBO aide les entrepreneurs à améliorer leurs compétences avec des ateliers, des séminaires et des conseils.

 

Afrique : difficile ascension vers les Objectifs du millénaire pour le développement
L’ONU organise un sommet sur ce thème du 20 au 22 septembre à New York
Selon plusieurs rapports de l’ONU notamment, l’Afrique fait face à d’importants défis dans ses efforts en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Globalement les statistiques ne sont pas reluisantes, mais dans certains pays les indicateurs sont très encourageants. Tour d’horizon.

OBJECTIF 1 :

Réduire l’extrême pauvreté et la faim

Même si certains pays africains devraient atteindre l’objectif de réduction de la pauvreté de moitié d’ici à 2015, la pauvreté et la faim s’étendent sur le continent, aggravées par la récente crise économique mondiale. Sur la base de projections établies par la Banque mondiale, l’Afrique subsaharienne n’est pas en bonne voie pour réduire le taux d’extrême pauvreté de moitié d’ici à 2015. Rien n’indique une baisse des taux de chômage ni du nombre d’ "emplois vulnérables" (les activités des travailleurs indépendants et des membres d’une famille qui travaillent sans être rémunérés.)

De 2001 à 2007, le Nigéria a doublé sa production alimentaire. Au Ghana le nombre de personnes souffrant de malnutrition a été réduit de 74 % entre 1991 et 2004. Grâce à un programme national de subvention des intrants agricoles, le Malawi a obtenu un surplus de 53 % de sa production alimentaire en 2007. En 2005, la production agricole du pays connaissait un déficit de 43 %.

OBJECTIF 2 :

Assurer l’éducation primaire pour tous

L’Afrique subsaharienne a enregistré ces dernières années la croissance mondiale la plus rapide du nombre d’inscriptions à l’école primaire, passant de 58 % en 1999 à 76 % en 2008. Le continent a cependant toujours du retard sur les autres régions en développement et la cadence des progrès est insuffisante pour que d’ici à 2015, toutes les filles et tous les garçons soient en mesure d’achever un cycle complet d’études primaires. En 2008, on comptait 69 millions d’enfants non scolarisés dans le monde. Près de la moitié (31 millions) vivaient en Afrique subsaharienne.

Au Kenya, l’abolition des frais de scolarité en 2007 a fait augmenter le nombre d’élèves du primaire de près de 2 millions. Au Burundi, une mesure similaire a multiplié par trois, depuis 1999, les inscriptions à l’école primaire qui ont atteint 99 % de la population scolarisable en 2008. EnTanzanie, la mesure, mise en œuvre en 2001, a permis d’obtenir en 2006 un taux de scolarisation de 98 % dans le primaire, soit une augmentation de 97 % par rapport aux chiffres de 1999. La Zambie a également dépassé le seuil des 90 % d’accès à l’école primaire.

OBJECTIF 3 :

Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

Même si l’on note quelques progrès, les inégalités entre les sexes restent importantes en Afrique, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi. Dans la région subsaharienne, le nombre de garçons dans l’enseignement universitaire dépasse de loin celui des filles. On ne compte à ce niveau que 76 filles inscrites pour 100 garçons. Au primaire la différence est de 91 filles pour 100 garçons. Quatre-vingt-quatre pour cent des femmes travaillent à leur compte ou au sein de leur famille sans être rémunérées contre 71 % des hommes.

Le Rwanda a élu en 2008 une majorité de femmes (56 %) à la chambre basse de son parlement. C’est aussi le pays qui compte le plus de femmes au sein de sa représentation nationale. En Tanzanie, les lois sur la propriété foncière votées en 1999 garantissent aux femmes la possibilité d’en hériter en déclarant notamment illégales toute discrimination fondée sur le genre.

OBJECTIF 4 :

Réduire la mortalité des enfants

Depuis 1990 la mortalité des enfants de moins de cinq ans a baissé de 22 % en Afrique subsaharienne. La région a ainsi obtenu certains des meilleurs résultats dans ce domaine. En 2008, 76 % des enfants âgés d’un an étaient vaccinés contre la rougeole en Afrique, alors qu’en 1990 le pourcentage était de 58 %. En 2008 cependant, les plus hauts taux de mortalité infantile dans le monde restaient concentrés en Afrique subsaharienne où l’on dénombre la moitié du total mondial de 8,8 millions de décès. Les 36 pays qui ont des taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans supérieurs à 100 pour 1000 naissances se trouvent en Afrique subsaharienne, à l’exception de l’Afghanistan et du Myanmar.

L’Erythrée a réduit son taux de mortalité infantile d’au moins 50 % depuis 1990. Au Malawi, ce taux de mortalité a baissé de 56 % entre 1990 et 2008. Au cours de la même période la mortalité infantile a chuté de 25 % en Guinée équatoriale et de 14 % en Zambie. Depuis 1990, l’Éthiopie, le Mozambique et le Niger ont vu des réductions en chiffres absolus de plus de 100 décès pour 1000 naissances. La moyenne annuelle de la baisse des décès parmi les enfants de moins de cinq ans à progressé de plus de 4 points de pourcentage au Botswana, au Ghana, au Lesotho, au Rwanda et au Swaziland.

OBJECTIF 5 :

Améliorer la santé maternelle

Bien que l’objectif de réduction de la mortalité maternelle soit celui sur lequel on constate le moins de progrès, des gains remarquables ont été obtenus en Afrique du Nord où le pourcentage de femmes ayant vu au moins une fois un travailleur de la santé qualifié au cours de leur grossesse a augmenté de 70 %. En Afrique subsaharienne, le pourcentage de femmes en zones urbaines ayant reçu des soins anténatals au moins une fois est passé de 84 % en 1990 à 89 % en 2008. Pour les femmes des régions rurales, les pourcentages correspondants sont respectivement de 55% et de 66 % — ce qui indique que la couverture s’est améliorée plus rapidement dans les campagnes.

Au Rwanda, la proportion d’accouchements en présence de personnels qualifiés est passée de 39 à 52 % entre 2005 et 2008 ; et l’utilisation de contraceptifs parmi les femmes mariées âgées de 15 à 49 ans a fait un bond de 9 à 26 % entre 2005 et 2008. L’utilisation de contraceptifs parmi les femmes mariées âgées de 15 à 49 ans au Malawi a plus que doublé depuis 1992 pour atteindre 33 % en 2004. Entre 1990 et 2009, des gains de plus de 20 points de pourcentage ont été enregistrés au Burkina Faso en ce qui concerne les naissances en présence d’assistants qualifiés.

OBJECTIF 6 :

Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies

Des années de campagnes d’information et de sensibilisation ont contribué à une baisse du nombre annuel de nouvelles infections en Afrique subsaharienne (25 % depuis le milieu des années 1990). Fin 2008, on estimait que 2,9 millions de personnes recevaient un traitement antirétroviral en Afrique subsaharienne, contre 2,1 millions en 2007. Cependant l’Afrique subsaharienne reste la région la plus gravement touchée et comptait 72 % de toutes les nouvelles infections par le VIH en 2008. Les actions de prévention du paludisme s’élargissent et dans 26 pays d’Afrique l’utilisation de moustiquaires pour les enfants est passée de 2 % à peine en 2000 à 22 % en 2008.

En Ouganda, le taux de prévalence du VIH chez les adultes est tombé de 8 % en 2001 à 5,4 % en 2007. Au Botswana, le nombre de nouvelles infections parmi les enfants a considérablement baissé passant de 4600 en 1999 à 890 en 2007.

OBJECTIF 7 :

Préserver l’environnement

L’Afrique enregistre une perte nette de superficie forestière, 3,4 millions d’hectares de forêts ayant disparu chaque année au cours de la période 2000-2010. Bien que les émissions de dioxyde de carbone par habitant restent faibles en Afrique subsaharienne par rapport à celles des autres régions, des habitats clés pour la préservation d’espèces menacées ne sont pas adéquatement protégés et le nombre d’espèces menacées d’extinction augmente tous les jours. Entre 1990 et 2008, l’accès à l’eau potable a progressé de 22 % en Afrique subsaharienne mais jusqu’à présent seulement 60 % de la population en bénéficie. L’Afrique du Nord a pour sa part déjà atteint la cible concernant l’accès à l’eau.

En 2006, 80 % de la population rurale du Ghana avait accès à une source d’eau potable améliorée. Au Mali, le pourcentage de la population qui bénéficie d’au moins un point d’accès à un assainissement amélioré est passé de 35 % en 1990 à 45 % en 2006. Au Sénégal, le pourcentage de gens vivant dans les villes qui ont accès à une source d’eau potable améliorée a atteint 93 % en 2006.

OBJECTIF 8 :

Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

L’aide publique au développement (APD) reste inférieure à la barre de 0,7 % du revenu national brut des donateurs fixée par l’ONU. En 2009, les seuls pays ayant atteint ou dépassé cette barre étaient le Danemark, le Luxembourg, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède. Le déficit touche plus particulièrement l’Afrique. Au sommet des pays industrialisés de Gleneagles de 2005, les membres du Groupe des 8 avaient prévu que leurs engagements, combinés à ceux des autres donateurs, permettraient de doubler l’APD vers l’Afrique à l’horizon 2010. Pourtant, en 2010 l’Afrique ne recevra que 11 des 25 milliards de dollars supplémentaires annoncés à Gleneagles.

Les espoirs du continent de mieux profiter des échanges internationaux restent hypothétiques, faute d’avancées dans le cycle de négociations de Doha à l’Organisation mondiale du commerce. La conclusion de ces négociations permettrait d’améliorer l’accès aux marchés internationaux des produits africains. Mais certains avertissent cependant que leur issue pourrait aussi éroder les avantages préférentiels dont bénéficient actuellement les pays les moins avancés dont beaucoup se trouvent en Afrique.

 

Sénégal : l’affaire du sable contaminé s’enlise
Les autorités peinent à offrir une solution satisfaisante aux habitants de Mont-Roland
Les habitants de Mont-Roland, localité située à 85 km au nord de Dakar, s’insurgent contre la présence depuis fin juin début juillet de 2 000 m3 de sable contaminé au plomb à quelques kilomètres de leurs villages. Le gouvernement avait promis, il y a deux mois d’enlever le sable, une promesse réitérée fin août. Mi-septembre, le matériau est toujours là. Les autorités envisagent de l’envoyer en Chine, selon les déclarations faites lundi par le directeur de l’Environnement et des Etablissements classés du Sénégal, Cheikh Ndiaye Sylla. Mais débloqueront-elles effectivement les 200 M de francs (CFA) nécessaires à l’opération ?

Mont Rolland est une paisible bourgade de la région de Thiès, avec ses dix huit villages et ses 15 000 habitants. Un charme indéniable se dégage de ses vallons verdoyants. Mais, ce paysage de carte postale est en passe d’être terni par une menace insidieuse. Les autorités ont en effet stocké 2 000 m3 de sable contaminé au plomb à quatre kilomètres de cette localité, dans un centre d’enfouissement de déchets. Ce sable contaminé est issu d’activités de recyclage de batteries de véhicules pour en récupérer le plomb revendu à des clients Indiens.

Dix-huit enfants décédés

En 2008, ce sable contaminé au plomb avait déjà défrayé la chronique en causant la mort de dix-huit enfants atteints de saturnisme, dans le quartier Ngagne Diaw de Thiaroye-sur-mer dans la banlieue de Dakar. Le saturnisme, maladie liée à l’intoxication par le plomb, est plus grave chez les jeunes enfants, car de 40 à 50% du plomb ingéré par un enfant passe directement dans son sang, contre 5 à 10% pour un adulte. Lorsque le plomb entre dans l’organisme, il se dépose sur les os à la place du calcium, et également dans certains organes et dans les tissus. Une fois présent en grande quantité, les symptômes se déclenchent : maux de tête, troubles rénaux, troubles neurologiques et convulsions pouvant entraîner des troubles cardiaques et un décès. Des traitements sont possibles, mais les coûts sont hors de portée de la bourse du Sénégalais moyen. Alertées, les autorités ont alors décidé de transférer, début juillet 2010, ce sable contaminé au plomb de Thiaroye-sur-mer vers un centre d’enfouissement créé à Mont Rolland.

Les habitants de Mont Rolland se révoltent

Echaudés par les décès survenus à Thiaroye-sur-mer, les habitants de Mont-Rolland ont alors immédiatement exprimé leur vif mécontentement. Interrogé sur le sujet, le ministre de l’écologie Djibo Kâ avait déclaré : « le site est sécurisé. Le sable en question a fait l’objet d’une étude d’impact environnemental. Donc, toutes les conditions de sécurité sont réunies ici ». Par ailleurs, toujours selon Djibo Kâ, le sable stocké à Mont Roland avait été traité et ne comportait plus que 1% de plomb contre 10% dans le sable d’origine issu de Thiaroye-sur-mer. Mais face à la levée de bouclier, le ministre de l’écologie a finalement fait machine arrière et donné des instructions pour que ce sable contaminé soit sécurisé avec des bâches, puis enlevé.

Devant la lenteur des opérations d’enlèvement, les villageois avaient prévu de manifester lundi 6 septembre 2010 à Thiès, avant d’y renoncer au dernier moment suite à la visite du directeur de l’environnement Cheikh Ndiaye Sylla. « Le ministère est à la recherche de 200 millions de francs CFA (305.000 euros) pour transporter le sable en Chine où il sera traité » a d’ailleurs déclaré Mr Sylla pendant sa visite.

Ce sable contaminé étant à ciel ouvert, avec l’hivernage, la pollution de toutes les nappes phréatiques environnantes est quasiment inévitable. En effet, à partir du plateau de Thiès les eaux de ruissellement contaminées au plomb vont se déverser dans le Lac Tanma tout proche, et dans la nappe phréatique qui ravitaille 13 forages alimentant en eau potable la ville de Dakar et ses environs. Et cela, sans compter la contamination potentielle du bétail et les risques importants de pollution par voie atmosphérique.

En attendant de trouver ces hypothétiques « 200 millions de francs CFA », il faut espérer que ce sable contaminé ne sera pas transféré en catimini de Mont Rolland vers une autre localité. Car, après Mont-Rolland, à qui le tour ? En l’absence d’une vraie politique gouvernementale de traitement des déchets industriels et domestiques, cette « affaire Mont-Rolland » risque fort de n’être que la première d’une longue série de scandales écologiques.

 

Guinée : Ben Sékou Sylla s’est éteint
Président de la Ceni, il venait d’être accusé de fraude éléctorale
Le président de la Commission électorale électorale indépendante (Ceni) en Guinée, Ben Sékou Sylla, est décédé ce mardi matin à Paris. Il avait été hospitalisé à plusieurs reprises dans la capitale française et était sous le coup d’une accusation de fraude électorale suite au scrutin présidentiel du 27 juin dernier en Guinée.

Ben Sékou Sylla, le président de la commission électorale guinéenne, est mort ce mardi à Paris, rapporte Guinéenews qui cite des sources familiales. « Mon mari est décédé ce matin ici à Paris, à l’hôpital Saint-Louis », a notamment confié à l’AFP son épouse, Siré Keïta Sylla. Ben Sékou Sylla, 57 ans, était suivi à Paris depuis plusieurs mois. Il avait été hospitalisé en mars dans la capitale française, était revenu dans son pays pour le scrutin du 27 juin, avant d’être de nouveau transféré en France.

Le président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), avait été condamné le 9 septembre dernier suite à une plainte déposée pour fraude électorale par le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) d’Alpha Condé. L’opposant historique sera confronté le 19 septembre, date prévue du second tour de l’historique présidentielle guinéenne, à Cellou Dallein Diallo, le leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Ben Sékou Sylla, tout comme le chargé de planification et suivi du processus électoral, El Hadj Boubacar Diallo, a été ainsi condamné à un an de prison ferme et à une amende de deux millions de francs guinéens. Ils devraient être également déchus de leurs droits civiques pendant deux ans.

Le second tour compromis ?

La Ceni a fait appel du jugement du tribunal de Conakry II et indiqué dans un communiqué daté du 13 septembre, publié sur son site, qu’« en attendant la réaction de l’instance sollicitée sur ce verdict, M. Ben Sékou Sylla et M. Boubacar Diallo continuent de travailler pour l’institution dans les règles de l’art et dans la stricte neutralité ». Et la Ceni précisait qu’en l’absence de son président pour cause de maladie, la présidence par intérim était assurée par Hadja Aminata Mame Camara, actuelle vice-présidente de la Ceni.

Le décès de Ben Sékou Diallo vient conforter les doutes sur la tenue du second tour des présidentielles. Ces derniers jours ont été marqués par des affrontements entre les partisans d’Alpha Condé et de Cellou Dallein Diallo. Ils ont fait au moins une cinquantaine de morts.

 

Guinée : week-end mouvementé à Conakry
Les partisans des deux candidats au second tour de la présidentielle se sont affrontés dans des émeutes urbaines
Samedi et dimanche dans la capitale guinéenne, des émeutes ont opposé les partisans des deux candidats au second tour de la présidentielle, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé. Une personne au moins a été tuée et des dizaines d’autres blessés. Le président par intérim, le général Sékouba Konaté, a annulé sa visite de quatre jours au Liban. Le gouvernement a suspendu la campagne électorale mais n’entend pas reporter le vote prévu dans une semaine.

L’entre deux tours de la présidentielle guinéenne tourne à l’émeute à Conakry, la capitale. Ce week-end, les affrontements entre les partisans de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et son rival Alpha Condé du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG) ont fait au mois un mort et plusieurs dizaines de blessés, obligeant le gouvernement à suspendre la campagne électorale.

Selon Guinée Conakry Info, samedi et Dimanche, « Des vandales armés de machettes, des loubards munis de fusils et des jeunes aux lance-pierres se sont attaqués aux résidences, aux voitures, aux boutiques et enfin aux personnes, dans une furie vengeresse, au nom de l’UFDG ou du RPG . » Le militant tué dimanche par balle serait un membre du RPG, dont un bureau situé à Hamdallaye, un quartier de Conakry, a été mis à sac. Les forces de police ont dû intervenir en plusieurs points de la capitale pour disperser les manifestants à coups de gaz lacrymogène.

Ces violences ont commencé après l’incarcération du président de la commission électorale guinéenne (Ceni) Ben Sekou Sylla, et de son adjoint chargé de la planification, El Hadj Boubacar Diallo. Les deux responsables ont été condamnés jeudi à un an de prison, suite à une plainte du RPG qui les accusait d’avoir manipulé les résultats du premier tour du 27 juin. A l’issue de ce scrutin, Cellou Dalein Diallo était arrivé en tête avec 43,69% contre 18,25% pour son adversaire Alpha Condé.

La Ceni nie avoir manipulé les résultats du premier tour

La Ceni a nié avoir manipulé les résultats du premier tour de l’élection. Ce samedi à Conakry, l’organisme a tenu une session extraordinaire consacrée à la condamnation de ses deux responsables. Interrogée à cette occasion par Guinée News, un de ses membres a déclaré sous anonymat que l’affaire n’était qu’une « manipulation politique dont le seul but serait de reporter le second tour de l’élection présidentielle prévu le 19 septembre 2010. » A l’en croire, l’incarcération de Ben Sekou Sylla et d’El Hadj Boubacar Diallo est illégale. « La CENI a été mise en place par décret du Président Lansana Conté suite au soulèvement populaire de janvier et février 2007. Il est donc impossible de démettre un membre de la CENI à plus forte raison de le condamner sans que son immunité ne soit levée. Un juge s’assoit dans son bureau pour condamner des membres de la CENI. Sans que ni les accusés ni leurs avocats n’aient été entendus (...) Nous jouissons d’une immunité », a-t-elle déclaré.

Bien qu’ayant suspendu la campagne électorale, le gouvernement provisoire de Guinée n’entend pas reporter la date du second tour de la présidentielle. « Nous ne remettons pas en question la date du 19 septembre », a déclaré à Reuters, le porte-parole du gouvernement, Aboubacar Sylla. De son côté, le président par intérim, le général Sékouba Konaté, a décidé dimanche d’annuler un voyage prévu au Liban, pays dans lequel il envisageait de séjourner jusqu’à ce mercredi.

Depuis la mort du président Lansana Conté en décembre 2008, la Guinée est en proie à des troubles majeurs. La junte militaire qui s’est emparée du pouvoir après le décès du vieux dictateur a consenti sous la pression internationale, à remettre le pouvoir à des civils via l’élection présidentielle.

 

Pêcheur au Sénégal, une profession sans avenir ?
Un secteur d’activité qui s’essouffle
C’est la bérézina pour les pêcheurs sénégalais. Leur secteur d’activité prend l’eau de toute part. Mais leur détermination ne faiblit pas. Rassemblés en associations et comités, ils prennent les choses en main pour que la pêche reste une profession d’avenir. Un avenir pour l’instant compromis par de nombreuses difficultés écologiques, économiques et sociales. Focus sur le quotidien des travailleurs de la mer.

Les pêcheurs sénégalais font naufrage. Malgré les efforts fournis par bon nombre d’entre eux pour sauvegarder leur gagne-pain, le secteur de la pêche s’essouffle. CNPS (Comité national des pêcheurs artisanaux du Sénégal), FENAGIE (Fédération nationale des groupements d’intérêts économique de pêche du Sénégal), ADEPA (Association ouest-africaine pour le développement de la pêche artisanale) tentent de s’allier pour répondre aux besoins de leur profession, non sans difficultés. « Nous souffrons d’un gros manque de communication entre les diverses organisations. L’information ne circule pas comme nous le souhaitons et il est indispensable qu’il y ait une cohérence entre nos actions », raconte Samba Gueye, directeur du CNPS et secrétaire général de la FENAGIE.

Or, dans un pays comme le Sénégal où l’on produit prés de 500 000 tonnes de poisson par an et en exporte en moyenne 115 000, sauvegarder le secteur de la pêche est fondamental. Les produits halieutiques constituent la première branche exportatrice du pays avec 185, 5 milliards de FCFA de recettes. Mais ces chiffres vont-ils résister à la conjoncture actuelle ?

Premier obstacle rencontré par les pêcheurs, la baisse des ressources halieutiques. « La cherté de la vie, la rareté du poisson et la surexploitation industrielle et artisanale sont fatales à notre profession », explique Samba Gueye.

Un gros manque à gagner

Autre problématique, le coût du carburant. « Il n’est plus à la portée des pêcheurs. Il faut un bidon de 60 litres pour partir en pêche et à plus de 500 Fcfa, le litre, de nombreux pêcheurs n’ont plus les moyens de se le payer », explique Mamadou Diop Thioum, porte parole du forum national du Sénégal, mis en place par l’ADEPA. Prix de l’essence donc, mais aussi manque de matériel sur les quais de pêche. Souvent mal équipés, ils manquent de chambres frigorifiques, pourtant nécessaires à la conservation du poisson lors de son débarquement. « Les quais de pêche devraient posséder des frigos capables de tout contenir. Or, là, quand les pêcheurs reviennent tous en même temps, le poisson ne rentre pas et nous sommes obligés de rejeter les sardinelles à la mer. Cela représentes d’énormes pertes », s’insurge Samba Gueye. Dans un pays où le poisson vient à manquer, cette absence de matériel interpelle.

Pour les pêcheurs sénégalais, un seul responsable, l’Etat. « L’Etat instrumentalise la pêche et les pêcheurs. Les politiques ne sont pas impliqués dans nos problématiques. Ils s’enrichissent et prétendent ne disposer d’aucun moyen pour nous aider », affirme Adama Sall, pêcheur dans la ville de M’bour, située à quelques kilomètres au sud de Dakar. Un budget trop restreint et personnel trop peu nombreux, deux éléments qui nuisent gravement au secteur professionnel de la pêche.

Pas de moyens, pas d’avenir ?

A la question, quel avenir pour la profession ? Mamadou Diop Thioum répond : « Je suis un peu confus quant à l’avenir de notre profession. Elle existera toujours en tant que tradition et activité commerciale, mais nous sommes en train de demander à la mer ce qu’elle ne peut nous fournir ». Depuis toujours, la profession de pêcheur se transmet de père en fils. Mais le processus tend à s’essouffler.

Désireux d’offrir un avenir brillant à leurs enfants, de plus en plus de parents s’opposent à la transmission du flambeau. « Nous voulons procurer une chance de s’en sortir à nos enfants. Une chance d’être éduqués, d’avoir d’autres alternatives que la pêche. D’ici quelques années, il n’y aura plus de poisson si nous ne faisons rien. Je ne souhaite pas que mes enfants y soient confrontés », explique Mamadou Diop Thioum. Un désir d’autant plus justifié que, chaque année, des centaines de jeunes pêcheurs fuient leur destin et risquent leur vie en migrant vers l’Europe à bord de leur pirogue. « S’il n’y a pas moyen d’aider nos enfants à améliorer les conditions du secteur de la pêche, leur demander de reprendre notre profession, ce serait les tuer ! », déplore Samba Gueye. Un appel au secours malheureusement peu entendu.

 

Pas de pèlerinage à la Mecque pour les Marocaines
Les internautes fustigent la décision des autorités saoudiennes
Les accusations pleuvent sur internet. Les blogueurs marocains et étrangers multiplient les attaques contre l’Arabie Saoudite. En ligne de mire, l’interdiction faite début août aux jeunes marocaines de se rendre à la Mecque pour accomplir la Omra (le petit pèlerinage). Selon les autorités saoudiennes, ces femmes chercheraient à avoir des visas pour s’adonner à la prostitution clandestine.

Sur la toile, les blogueurs se déchaînent. En Europe et en Afrique, les internautes critiquent le comportement des autorités saoudiennes et en appellent au respect de la dignité de la femme marocaine. Cette levée de boucliers fait suite au refus de la part de l’Arabie Saoudite de délivrer un visa aux jeunes marocaines pour qu’elles se rendent en terre sainte. Motif invoqué : celles-ci feraient commerce de leurs corps. Une explication qui a fortement déplu à certains internautes qui n’ont pas hésité à proposer des solutions radicales pour contrer l’Arabie Saoudite.

C’est le cas du blogueur de Big Brother qui écrit : « Si cela ne dépendait que de moi, j’aurais décidé de ne plus partir à la Mecque, mon pays économisera les millions de dollars au lieu de les transférer vers l’Arabie saoudite à travers les pèlerinages de Marocains, j’imposerai le visa aux Saoudiens et je commencerai à corriger ce qui est à corriger dans mon pays ». La journaliste soudanaise Nesrine Malik, sur la rubrique Comments are free du Guardian, considère que l’Arabie Saoudite, par sa réaction, manque à ses obligations religieuses envers les musulmans. « L’Arabie Saoudite a pour obligation de faciliter le pèlerinage à La Mecque à tous les musulmans du monde. Je suggère donc pour mitiger le problème et dans un esprit de diffamation générale, que les Saoudiens soient interdits d’entrée au Maroc, dans l’hypothèse où ils utiliseraient leur visa touristique pour des “raisons autres” », explique-t-elle.

La sulfureuse marocaine

Sur internet comme dans les rangs du parlement marocain, l’affaire a créé la polémique. Le Parti de la justice et du développement (PJD) a dénoncé avec vigueur l’exclusion des Marocaines. Dans un communiqué de presse, paru début août, le groupe, présidé par Mustapha Ramid, a précisé que les services consulaires de Rabat ont refusé de délivrer des visas à des jeunes femmes accompagnées de leurs parents. « Certaines familles se sont retrouvées face à l’exclusion des autorités saoudiennes qui se sont obstinées à ne pas donner suite aux demandes de visas formulées de la part de leurs filles, sœurs ou petites-filles, malgré la régularité de leurs dossiers de candidature », souligne le document. Selon certaines familles, l’explication avancée par ces services consulaires pour justifier ce refus serait « que les candidates sont jeunes ou qu’elles veulent faire ce voyage pour une autre raison que la Omra ».

A demi-mots, les autorités pointent du doigt la prostitution clandestine des Marocaines en terre sainte. Perçues comme des filles légères en Arabie Saoudite, elles sont sujettes à de virulentes critiques. Une image fausse considérée par le parti comme « un affront à la dignité de la femme ». « Nous sommes parfaitement conscients que certaines femmes pourraient agir de façon inappropriée, mais ceci ne peut être généralisé sur l’ensemble des Marocaines. Certains jeunes Saoudiens se comportent au Maroc de manière obscène et pourtant personne ne réprimande leur droit de circuler au Royaume car nous savons qu’il s’agit bel et bien d’une minorité. Ils sont loin de représenter la jeunesse saoudienne que nous respectons », explique Mustapha Ramid. Dans ce sens, le Parti de la justice et du développement invite les autorités marocaines à intervenir pour « faire cesser un tel abus dans le traitement des Marocaines ainsi que de rendre la dignité aux familles touchées par cette exclusion ».

Pour sa part, l’ambassade d’Arabie Saoudite à Rabat a réfuté l’accusation du « traitement par intentions » des dossiers de visa niant toute « discrimination » entre les hommes et les femmes. Selon un article publié par la chaîne arabe Al Jazeera, l’institution aurait indiqué que les décisions de délivrance de visa seraient les mêmes pour les ressortissants, qu’ils soient Marocains ou non.

Un dessin animé koweitien diffusé en août dernier avait déjà provoqué l’ire des internautes. Les Marocaines avaient été représentées là encore comme des prostituées et des voleuses de maris. Une image sulfureuse que certains pays de Golfe se plaisent à véhiculer au-delà de leurs frontières.

 

Les présidentielles ivoiriennes enfin en route ?
L’adoption définitive de la liste électorale devrait permettre la tenue des élections tant attendues
Le président de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, a signé, jeudi, le décret portant validation de la liste électorale indépendante de 5,7 millions d’électeurs. Cet acte devrait permettre la tenue des prochaines élections présidentielles du 31 octobre.

Les élections ivoiriennes pourraient bien avoir lieu le 31 octobre ! Quoi qu’il en soit, toutes les conditions semblent réunies. Le président ivoirien Laurent Gbagbo a signé jeudi en début d’après-midi une liste électorale définitive, levant ainsi le dernier obstacle pour l’organisation d’une élection maintes fois reportée, qui pourrait mettre fin à huit ans de crise politique dans le pays. « Nous sommes à la fin de nos peines » et désormais « chacun peut aller faire campagne pour les élections », a commenté le président ivoirien, qui a toutefois ajouté qu’« il reste du travail ».

La signature du décret validant la liste électorale indépendante des 5,7 millions d’électeurs ivoiriens consacre la fin d’une longue opération d’identification qui aura duré trois ans. Grâce à cette liste, « des millions de personnes recevront des cartes d’identité pour la première fois de leur vie », a déclaré Young-Jin Choi, chef de la force de maintien de la paix de l’ONU en Côte d’Ivoire.

Dans ce pays de forte et ancienne immigration, la question de la citoyenneté et de la nationalité est au cœur de la crise née en 2002 du putsch manqué de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui a coupé la Côte d’Ivoire en un sud loyaliste et un nord tenu par les FN.

Une des principales revendications de la rébellion portait justement sur la délivrance de papiers d’identité et de cartes d’électeur, notamment pour les populations majoritairement musulmanes du nord qui s’estimaient stigmatisées. Des accords de paix signés en 2007 avaient abouti à un partage du pouvoir entre les deux camps, et des élections devaient être organisées la même année. Mais des désaccords concernant les personnes susceptibles de voter, liés à des problèmes de citoyenneté, avaient conduit le processus de paix dans une impasse. Plusieurs fois, l’élection présidentielle avait été repoussée. Fait le plus récent, cette liste électorale avait donné lieu à une grave crise et à des violences meurtrières en février dernier, le camp présidentiel dénonçant la présence de « fraudeurs » étrangers sur la liste. Finalement, seules quelque 50.000 inscriptions litigieuses ont été retirées.

Dans un communiqué, les FN ont salué la signature officielle de la liste électorale comme « l’aboutissement de (leur) long combat ».

Place aux problèmes d’ordre pratique

Cette adoption définitive de la liste électorale porte la marque du consensus auquel sont arrivés les principaux leaders politiques, membres du Cadre Permanent de Concertation (CPC) : le président Laurent Gbagbo, le Premier ministre Guillaume Soro ainsi que les opposants Henri Konan Bédié du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et Alassane Ouattara, président du Rassemblement des républicains (RDR).

Un travail technique « énorme » reste cependant à faire : il s’agit de la confection des cartes d’électeurs, bulletins de vote, enveloppes et autres imprimés. Le président, conformément à la loi électorale, a souhaité que ce soit l’Imprimerie nationale qui imprime les documents cités. Il a donné instruction à cet effet au Premier ministre afin que cela soit fait dans les délais.

Le second problème réside dans les questions de sécurité et notamment le problème du désarmement des milices. Interrogé à ce sujet par RFI, le ministre de la Défense Michel Amani N’Guessan admettait devoir encore régler cette question.

 

Les USA ne seront "jamais en guerre contre l'islam" (Obama)

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Barack Obama à Washington, le 11 septembre 2010. © AFP

WASHINGTON, 11 sept 2010 (AFP) - Les Etats-Unis ne sont et ne seront "jamais en guerre contre l'islam", a assuré samedi le président Barack Obama, appelant ses compatriotes à la "tolérance" lors d'une cérémonie marquant le neuvième anniversaire des attentats du 11-Septembre près de Washington.
Après la polémique entourant le projet d'un pasteur extrémiste de brûler des exemplaires du Coran, M. Obama a répété que les instigateurs du 11-Septembre "peuvent bien essayer de nous séparer, mais nous ne cèderons pas à leur haine et à leurs préjugés".
"Les Ecritures nous enseignent d'abandonner amertume, ressentiment et colère, bagarre et insulte, et toute autre forme de méchanceté", a encore dit le président lors d'une courte cérémonie près du Pentagone, sur lequel les pirates de l'air d'Al-Qaïda avaient dirigé l'un des quatre avions détournés il y a neuf ans.
"Ils peuvent bien essayer de provoquer des conflits entre nos croyances, mais en tant qu'Américains, nous ne sommes pas et ne serons jamais en guerre contre l'islam. Ce n'est pas une religion qui nous a attaqués en ce jour de septembre. C'était Al-Qaïda. Un groupe pitoyable d'hommes qui pervertissent la religion", a encore dit M. Obama.
"Et tout comme nous condamnons l'intolérance et l'extrémisme à l'étranger, nous respectons notre essence de pays de diversité et de tolérance", a développé le président, qui avant de se rendre au Pentagone, dans la banlieue sud de Washington, s'était recueilli à la Maison Blanche, à l'heure précise (8H46, 12H46 GMT) à laquelle un des avions avait frappé la première tour du World Trade Center à New York.

 

Loi de la relativité des sensations
Nul n’est censé ignorer la loi, est-il dit ; quand bien même ce serait une nouvelle loi de plus
A la lumière de l’histoire des migrations et des colonisations, il peut apparaître que toute forme d’assimilation sociale est en fait un processus de destruction et qu’il n’est de bons assimilés que transparents ou identiques à « Soi ». Et c’est bien ce qui se passe quand le « Soi » - le locuteur - n’est pas évolutif ; et quand il l’est, au lieu d’assimilation, on peut alors parler d’intégration, et encore !… Pour qui, de qui ?

L’immutabilité n’est pas un caractère humain, et rien de vivant sur terre n’est immuable : une queue qui bondit, un nerf qui saille, une raie qui frémit, un homme qui pleure, une femme qui hurle, un tableau de Kandinsky, une errance de Mahler, un solo de Miles Davis, un poème de Césaire, une élégie de Rilke, une sonate de Pavese... modifient un regard, une pensée, un sentiment, varient sous ce regard, mille pensées, maints sentiments, et s’acheminent ainsi d’un homme à une femme, d’une personne à un groupe, d’un groupe à tout un peuple, suivant le temps qu’il fait, le temps qui passe, l’espace qui moule, le sentiment qui précède, accompagne, l’objet qui entoure, la rumeur qui pousse, les épines qui fouaillent, roses qui attristent. Rien de vivant n’est immuable et n’échappe à la réciprocité des influences, à la relativité des sensations - de la même façon qu’une chose, qu’un objet, quel qu’il soit, est modifié par le regard ou le doigt qui s’y pose. Rien de vivant n’est immuable. Et une Nation est un corps vivant.

Alors, de deux choses l’une : ou on n’admet pas qu’un élément étranger soit intégré dans un ensemble, ou on l’admet. Et si on l’admet, il faut bien se rendre à certaines lois et savoir que cet élément non seulement se modifiera, modifiera tous les autres éléments de l’ensemble, mais que l’ensemble lui-même en sera modifié. En d’autres termes, un étranger qui s’intègre dans un groupe, une nation par exemple, doit s’adapter, et par les efforts de sa volonté et de son organisme, et par les influences inévitables ; de même devront s’y adapter les autres membres de cette société ; et la nation elle-même devra s’adapter à ce nouvel élément étranger, s’adapter non seulement à son corps mais aussi à son histoire et à son imaginaire, faute de quoi elle courra à la sclérose, à la mort, et au mieux elle aura sans cesse à faire face à des crises, à des « fractures ». Les efforts d’adaptation ne peuvent provenir du même et seul sens, mais doivent être réciproques, équitablement réciproques. Une véritable politique d’intégration sociale ne peut s’instaurer que dans une telle optique corrélationnelle. C’est cela aussi qui fonde l’identité, l’unité et la cohésion d’un groupe, d’une Nation – entité capable d’assumer et de synthétiser ses contradictions, à l’image « du grand artiste qui accueille en lui toutes les voix » (Walt Whitman).

Prendre garde à l’intégrisme culturel

Et s’il est fortement souhaitable qu’une Nation repose sur certains principes et sur des valeurs dans lesquelles se reconnaissent et doivent, par consentement et contrat, se reconnaître tous ses membres ; s’il est légitime qu’elle veille à l’intégrité de son territoire ; il devient par contre utopique, voire absurde, qu’elle pense son identité comme immuable et relevant de l’intégrisme culturel – ce qui n’est pas incompatible avec « la part de spécificité, de noyau irréductible, que comprend toute culture. » (Jean-Paul Sartre, Orphée noir)

Une Nation est un corps vivant dont l’identité ne peut se décréter ni se mesurer seulement à l’aune de ses points fixes et ensoleillés, de ses nostalgies et masturbations, en évacuant toute la part lunaire et toutes les influences, intrusions, inconnus, imaginaires, variables et autres transversalités qui la constituent à chaque instant – amant d’une nuit ou de toujours. Une Nation ne peut s’arrêter à être que « ça », mais toujours « ça et autre chose », « ça et ceci et ailleurs ». Une nation ne se fige que par cela même qui la fixe et la suspend au bout d’une corde. Son identité ne relève ni du fini ni du définitif, mais d’évolution perpétuelle : point de tension doué de propriétés actives, lieu de dialogue et de copulation entre le fixe et le mobile, le dedans et le dehors, l’inné et l’acquis, l’acquis et le désiré, le rêve et la réalité, le su et l’insu, le miroir et l’inouï, le visible et l’invisible, entre ce qui a été et ce qui sera, et qui en fera sa richesse ou… son effondrement. Pour exister, et comme toute personne, une nation a besoin d’au moins deux amours : « Mon pays et… ». Aussi n’est-il que pure et fatale illusion de penser qu’on marchera et avancera mieux sans l’Autre, sans un pied levé, sans l’inconnu, sans le risque, sans le tremblement, sans l’incertitude, sans cette part exogène et d’angoisse productrice de rythme et donc de sexe, sans cet élément « kitsch », étranger, qui nous gêne réellement aux entournures - à l’image de la colombe de Kant « laquelle, parce qu’elle vole bien dans l’air léger estime qu’elle peut mieux voler dans le vide », ainsi que le rappelle Fernando Pessoa dans L’heure du diable.

Dans cette optique, être Français c’est assimiler cette loi de la relativité des sensations ; c’est assumer ce mouvement de va-et-vient entre les constantes et les variables ; c’est accepter entièrement ce qui a été, prendre en compte ce qui est et y apporter ce qui sera. En somme, être Français au présent, c’est être vivant ; c’est hériter et contribuer - en bien ou en mal.

 

L’ONU impuissante devant les viols en RDC
Le phénomène persiste malgré la présence des troupes internationales
Le sous-secrétaire général de l’ONU chargé des opérations de maintien de la paix, Atul Khare, n’a pas caché son désarroi mardi devant le Conseil de sécurité. Plus de 500 viols ont été perpétrés depuis juillet dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC) alors que la base des Casques bleus est dans le secteur. Son constat est sans appel : l’ONU n’a pas été à la hauteur.

« Les casques bleus ont failli à leur mission en se montrant incapables d’empêcher les viols systématiques dont ont été victimes des femmes et des enfants début août en République démocratique du Congo » a déclaré mardi, devant le Conseil de sécurité, Atul Khare, sous-secrétaire général de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix. Entre le 30 juillet et le 2 août, 242 femmes et enfants ont été violés à Luvungi, localité de 2200 habitants située à une trentaine de kilomètres de la base des Casques bleus, ce à quoi viennent s’ajouter 267 viols supplémentaires de femmes et d’enfants parfois âgés de 7 ans perpétrés en août dans les villages du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Plus de 500 viols dont les forces de la Mission de Stabilisation des Nations Unies en République Démocratique du Congo (MONUSCO) n’ont entendu parler que deux semaines plus tard. Même si le représentant onusien a rappelé que le gouvernement de la RDC était le premier responsable de la sécurité de ses citoyens, il a fait amende honorable. « Nous avons clairement échoué également. » a-t-il précisé. Et d’ajouter : « Je me sens personnellement coupable envers les personnes qui ont souffert de ces brutalités. »

Envoyé à la fin du mois d’août sur le terrain par Ban Ki-moon, secrétaire général des Nations Unies, Atul Khare avait pour mission de collecter des informations sur les circonstances de ces viols de masse. Devant les 15 membres du Conseil de sécurité, il expose à quel point le viol est devenu une véritable arme de guerre : « L’une des principales conclusions de ma visite est que le viol est la seule violence pour laquelle les communautés tendent à stigmatiser la victime plutôt que de poursuivre les responsables. Les victimes sont victimes deux fois : d’abord par les auteurs et ensuite par leurs communautés. »

Impunité totale

Les auteurs de ces viols collectifs perpétrés à Luvungi étaient près de 350, selon le chef du village, en majorité des membres des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Parmi eux, des rebelles Maï-Maï, milice tribale congolaise, et hutus ayant participé au génocide de 1994 au Rwanda. Toutes les femmes du village ont été agressées sexuellement à plusieurs reprises sous les yeux de leurs enfants et de leur mari et sans distinction d’âge. Margot Wallstrom, émissaire des Nations unies contre les violences sexuelles, a rapporté devant le Conseil de sécurité un témoignage recueilli auprès d’une des villageoises : « Elle a décrit comment les hommes armés sont passés de maisons en maisons en forçant les portes, et comment les habitants ne pouvaient pas s’échapper, le village étant encerclé. Elle a décrit comment les hommes armés ont inséré leurs mains dans les parties génitales des femmes à la recherche d’or. De nombreuses femmes se sont faites violées en groupe par cinq ou six hommes à la fois. »

Atul Khare, sous-secrétaire général de l’ONU pour les opérations de maintien de la paix, a demandé à ce que des sanctions contre les chefs du mouvement rebelle des FDLR soient prises, soulignant l’importance que devait revêtir la fin de l’impunité pour ces hommes. « Il est essentiel que les responsables de ces crimes odieux soient rapidement arrêtés et traduits en justice » a-t-il souligné. Même condamnation du côté de Margot Wallstrom, émissaire des Nations unies contre les violences sexuelles, qui a relevé le caractère systématique de ces atrocités : « Il est évident que le viol est progressivement devenu « l’arme de choix » à l’est de la RDC, atteignant des proportions endémiques », a-t-elle déploré devant le Conseil de sécurité. Selon les chiffres des Nations unies, 27 000 viols ont été décomptés en 2006 pour la seule province du Sud-Kivu. Le chiffre est évidemment beaucoup plus élevé dans l’ensemble du pays. Selon les estimations du gynécologue congolais Denis Mukwenge, spécialisé dans la « reconstitution » des vagins mutilés, on dénombrerait plus de 500 000 femmes violées dans la région des grands lacs depuis 15 ans, dont 45 000 rien qu’en 2007.

Atul Khare a déjà annoncé mardi que des patrouilles supplémentaires avaient été mises en place dans l’Est de la RDC pour éviter que ces atrocités ne se reproduisent. De plus, depuis le 1er septembre, la MONUSCO a lancé une opération, Shop Windows, en soutien aux forces de sécurités congolaises pour interpeller les agresseurs des villageoises. Trente-un seraient déjà hors d’état de nuire selon le représentant onusien. A présent c’est au système judiciaire congolais de sanctionner les auteurs de ces crimes, une justice qui peine à s’installer.

 

Une dizaine de pays africains menacés de famine
La société anglaise Maplecroft a établi un classement des pays en fonction du risque de crise alimentaire
Le continent africain demeure le plus touché par les différentes formes d’insécurité alimentaire. Selon le rapport annuel effectué par la société privée britannique Maplecroft, une dizaine de pays africains seraient aujourd’hui exposés à des risques élevés d’insécurité alimentaire. Les critères choisis par les auteurs de l’étude portent notamment sur le PIB par habitant, les risques d’évènements climatiques extrêmes, les conflits ou encore la qualité des infrastructures du pays.

Doit-on craindre une crise alimentaire africaine ? Après les émeutes déclenchées par la hausse des prix du pain, qui ont fait treize morts en quelques jours au Mozambique, le spectre d’une crise alimentaire continentale est omniprésent.

Une crainte qui semble confirmée par le rapport annuel de la société Maplecroft qui a établi le 19 août, un classement de 163 pays suivant leur insécurité alimentaire. Dix pays sont classés en risque « extrême », l’Afghanistan en tête, suivi par la République démocratique du Congo, le Burundi, l’Erythrée, le Soudan, l’Éthiopie, l’Angola, le Libéria, le Tchad et le Zimbabwe. Dans l’ensemble, les pays africains représentent 36 des 50 nations les plus à risque.

L’étude porte sur 12 critères, élaborés en collaboration avec le Programme alimentaire mondial (PAM), notamment la production céréalière, l’état nutritionnel et sanitaire des populations, les importations, le PIB par habitant, les risques d’événements climatiques extrêmes, les potentiels conflits, l’efficacité du gouvernement ou encore la qualité des infrastructures du pays.

La crise alimentaire frappe durement l’Afrique

L’Afrique sub-saharienne est particulièrement vulnérable à l’insécurité alimentaire et environ 30% de la population souffre de malnutrition. Parmi les causes de la faim, la surexploitation des ressources naturelles et l’insuffisance des infrastructures agricoles, y compris les réseaux routiers et de télécommunications, qui diminuent les capacités de production et de distribution. Mais la fréquence des événements météorologiques extrêmes, des taux élevés de pauvreté et la présence de conflits sont aussi des facteurs déterminants. La poursuite des violences, notamment en République démocratique du Congo, est en grande partie responsable de la situation alimentaire précaire dans le pays.

Plusieurs causes profondes expliquent également une possible crise alimentaire. Notamment, la hausse des prix du blé. L’annonce de la Russie -qui pourrait ne plus exporter de blé d’ici à l’été 2011 -nourrit une certaine anxiété sur les marchés et les cours sont à leur plus haut niveau depuis deux ans. Parallèlement, le manque d’investissement depuis plusieurs années en agriculture et la spoliation des terres arables par le secteur du biocarburant contribuent à une diminution de la production locale des denrées alimentaires. En effet, au lieu d’utiliser les terres pour nourrir la population, plusieurs pays africains les ont sacrifiées pour produire plus de ressources pour les biocarburants.

Enfin, l’aide internationale est en baisse constante. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies a publié des chiffres démontrant qu’en 2008 elle a atteint son plus bas niveau depuis près de quarante ans, alors que la situation mondiale, est de plus en plus précaire. Toujours selon le PAM, l’aide au développement en matière d’agriculture est passée de 20 % de l’aide totale en 1980, à seulement 3 % en 2008.

Rappelons quand même que lors de la crise financière de 2008, des centaines de milliards de dollars avaient été débloqués pour sauver les banques en faillite tandis que « seulement » 30 milliards de dollars par an permettraient d’éradiquer la faim dans le monde.

 

AMATH DANSOKHO : «Je ne voterai jamais pour le Ps »

AMATH DANSOKHO : «Je ne voterai jamais pour le Ps »
Depuis quelques semaines, des responsables du Ps et ceux du Pit se tirent dessus. Ce malaise entre ces deux formations politiques a toujours existé. L’explication est simple. Le Pit a toujours été au devant de tous les combats pour le départ d’Abdou Diouf de la tête du pays. Amath Dansokho, Abdoulaye Wade, Abdoulaye Bathily et Landing Savané ont toujours combattu le régime socialiste dont Ousmane Tanor Dieng était le numéro deux. Aujourd’hui, le Ps et le Pit se retrouvent dans l’opposition. En dépit de tout cela, Amath Dansokho et ses proches n’entendent pas travailler pour le retour du Ps aux affaires. Ceci a été réaffirmé par l’ex-leader du Pit lors de sa dernière audience avec le président Wade. Devant le président, Me Ousmane Seye, Avocat, Mamadou Bamba Ndiaye Ministre et Abdoul Aziz Sy Junior, Amath Dansokho a déclaré : «Jamais je ne travaillerai pour le retour du Ps au pouvoir. J’ai passé toute ma vie à combattre ce parti et ses pratiques. Je ne serai pas cohérent si aujourd’hui je travaillerai pour son retour». C’est la raison pour laquelle en 2007, Amath Dansokho et son parti avaient voté pour Moustapha Niasse. Le Pit est toujours sur cette logique. Talla Sylla et le Jëf Jël aussi…
 

 

Présidentielle en Guinée : vers un second tour apaisé ?
Coup d’envoi de la campagne dimanche
 
Les deux candidats au second tour de la présidentielle guinéenne, Cellou Dalein Diallo et Alpha Condé, ont signé vendredi un « protocole d’entente » où ils s’engagent à respecter les résultats du scrutin prévu le 19 septembre. Après s’être mutuellement accusés de vouloir truquer les élections, les deux protagonistes se disent aujourd’hui disposés à jouer le jeu. La campagne démarre officiellement ce dimanche.

La présidentielle en Guinée se déroulera-t-elle dans la sérénité ? Les deux candidats au second tour, prévu le 19 septembre, se sont engagés vendredi à mener une « campagne politique apaisée » et à se conformer « scrupuleusement » au verdict des urnes, dans un accord singé à Ouagadougou, sous la houlette du président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la crise guinéenne. Le document, intitulé « protocole d’entente pour une élection apaisée en Guinée », invite en outre l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo, candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), et son adversaire Alpha Condé, le leader du Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), à respecter l’« indépendance » de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni). La Commission faisait jusqu’ici l’objet d’une intense querelle entre les deux hommes qui s’accusaient mutuellement de velléités de fraude. Se disant victime d’une « gigantesque fraude » au premier tour, Alpha Condé souhaitait que le ministère de l’Administration du territoire, le Matap, participe à l’organisation du second tour, au motif que Cellou Diallo avait noyauté la Ceni pour truquer les élections. Le leader de l’UFDG n’a pas été emballé par l’idée, soupçonnant à son tour son Alpha Condé de vouloir utiliser le Matap à son profit. Avec le « Protocole » de Ouagadougou, les deux candidats donnent aujourd’hui l’impression d’être revenus à de meilleurs sentiments.

Pas de duel télévisé

A l’approche du coup d’envoi de la campagne, dimanche 5 septembre, les choses s’accélèrent. Le ministère de la Communication a convié jeudi les représentants des deux camps pour les informer du temps d’antenne qui sera accordé sur la télévision et la radio publique à leurs candidas respectifs. Il a été ainsi retenu pour chacun d’entre eux dix minutes dans le journal de campagne, rapporte guineenews.org. Selon la même source, Cellou Dalein Diallo a convié son adversaire à un duel télévisé, mais son responsable de la Communication, son épouse Martine Condine, a décliné, assurant qu’« Alpha Condé n’a pas besoin de débats pour se faire élire ».

Le temps des alliances

Cellou Dalein Diallo est arrivé en tête des suffrages lors du premier tour, organisé le 29 juin, avec un score de 43,69%, contre 18,25% pour l’opposant historique Alpha Condé. Le chef de l’UFDG bombe le torse : « Je suis confiant, je sais qu’il n’y a aucun risque pour moi de perdre ce second tour », a-t-il déclaré vendredi à l’AFP. « J’ai réalisé une performance de 44% des voix, j’ai conclu des alliances avec des partis qui ont réalisé au total 18%. Je pense que (...) j’ai toutes les chances de l’emporter et de manière éclatante », a-t-il ajouté. A la surprise générale, Alpha Condé a, lui, scellé, début août, une union avec le leader du Parti de l’espoir pour le développement national (PEDN), l’ancien Premier ministre Lansana Kouyaté. Les deux hommes sont pourtant considérés comme des ennemis de longue date. L’outsider Condé et son allié espèrent que se réédite la faible participation du premier tour (seuls 1,8 millions de Guinéens sur 4,2 millions d’électeurs potentiels) pour démentir les pronostics. Rien n’est encore joué.

 

Espèces africaines d’eau douce en danger
Un moyen de subsistance en péril
Un rapport de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a dévoilé ce jeudi que 21% des espèces d’eau douce d’Afrique continentale seraient menacées d’extinction, ce qui mettrait en péril les moyens de subsistance de millions de personnes. Cette étude devrait permettre d’aider à mieux gérer les eaux intérieures du continent et les richesses biologiques qu’elles abritent.

L’extinction d’une seule espèce peut déséquilibrer tout un écosystème et être à l’origine d’une catastrophe écologique. En Afrique, plus d’un cinquième des espèces d’eau douce seraient menacées d’extinction. Dans le cadre d’une étude menée par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), 5 167 espèces africaines d’eau douce (dont tous les poissons, mollusques, crabes, et libellules connus, ainsi que quelques familles de plantes aquatiques) ont été évaluées par 200 scientifiques sur une période de cinq ans. La pêche intensive, l’agriculture, l’extraction d’eau, les barrages et les espèces exotiques envahissantes sont les principales menaces qui pèsent sur ces espèces.

L’étude, rendue publique hier, met en lumière l’état menacé de l’environnement naturel et comporte des informations essentielles pour les décideurs en vue de l’exploitation et la gestion des ressources en eau douce sur le continent africain. Les résultats sont particulièrement importants pour les gestionnaires, puisque les espèces ont été cartographiées et rattachées à leurs bassins hydrographiques respectifs.

Au lac Malawi (Mozambique), un groupe de poissons connu localement sous le nom de « chambo » est une source d’alimentation importante. Considérablement surpêchée, Oreochromis karongae, une espèce menacée appartenant à ce groupe, a vu sa population diminuer de 70% depuis dix ans. Au lac Victoria (Kenya, Ouganda, Tanzanie), le déclin de la qualité de l’eau et l’introduction de la perche du Nil a entraîné une importante réduction des populations d’espèces endémiques depuis trente ans, mettant en danger la pêche traditionnelle. Ayant évalué 191 espèces de poissons du lac Victoria, cette récente étude a trouvé que 45% étaient menacées ou considérées comme éteintes.

7,5 millions de personnes dépendent directement de la pêche en eau douce

Dans la région africaine des grands lacs (Afrique de l’Est), le poisson est la principale source de protéines et de revenus pour de nombreuses populations comptant parmi les plus pauvres du continent. Il est estimé qu’en Afrique sub-saharienne, 7,5 millions de personnes dépendent de la pêche en eau douce. Cette étude devrait être un outil précieux permettant de sauvegarder la pêche, ainsi que l’approvisionnement en eau douce.

« L’Afrique abrite une diversité étonnante d’espèces d’eau douce, dont un grand nombre ne se trouve nulle part ailleurs », explique William Darwall, directeur du projet et chef de l’Unité de la biodiversité d’eau douce de l’UICN. « Si nous n’enrayons pas l’extinction de ces espèces, le continent va perdre irréversiblement de sa biodiversité, mais également des millions de personnes vont perdre une source essentielle de revenus, d’aliments et de matériaux. »

Les poissons sont bien évidemment importants pour les populations humaines, en tant que source d’aliments et de revenus. Cependant, d’autres espèces d’eau douce, comme les mollusques, les libellules, les crabes et les plantes aquatiques, jouent aussi un rôle essentiel dans l’écosystème des zones humides. Dans les chutes du cours inférieur du Congo, 11 espèces de mollusques, vivant sur une étendue de 100 km, sont très menacées en raison de la pollution en amont. Or, ces mollusques filtrent l’eau et assurent d’autres fonctions importantes, essentielles à l’équilibre environnemental.

« Cette nouvelle étude nous permet de sensibiliser les promoteurs et les autorités gouvernementales envisageant des projets d’infrastructures en eaux douces, qui sont encore peu développées dans la plupart des pays africains », dit Anada Tiéga, Secrétaire général de la Convention de Ramsar [1]. « Jusqu’à présent nous n’avions pas les informations nécessaires sur les espèces et les menaces auxquelles elles sont confrontées, mais, grâce à ces évaluations de l’UICN, nous espérons que les décideurs africains feront maintenant les bons choix en vue de l’exploitation durable de leurs ressources en eau, tout en protégeant et valorisant la biodiversité mondiale. »

 

Afrique : petits pas vers l’égalité pour les femmes
Analyse
Les indépendances ont-elles profité aux Africaines ? L’activiste Kenyane Muthoni Wanyeki examine les tendances et le chemin à parcourir.

En Afrique, l’accession à l’indépendance politique s’est accompagnée d’appels en faveur de l’élimination de la pauvreté, de l’analphabétisme et de diverses maladies. Cinquante ans après la fin du colonialisme, pour les femmes africaines, la marche des Africaines vers la liberté a permis de lents et laborieux progrès.

Au plan continental, l’Union africaine (UA) a adopté un protocole qui réaffirme les droits de la femme au sein de sa Charte africaine des droits de l’homme et des peuples. L’UA a par ailleurs publié une Déclaration sur l’égalité des sexes en Afrique.

Au niveau national, de nombreux pays africains s’orientent vers une meilleure protection des femmes. Les 20 dernières années ont vu l’émergence de législations contre la violence sexuelle notamment.

Représentation politique

Cette évolution s’est accompagnée d’améliorations dans la représentation politique. L’UA a fixé un quota de 50% de représentation féminine, quota respecté par sa Commission.

En Afrique du Sud, en Tanzanie et en Ouganda 30% des sièges au parlement sont désormais réservés aux femmes. Au Rwanda la représentation féminine atteint 50%, l’une des plus élevées au monde. Au Nigéria, des femmes ont occupé des postes ministériels importants, comme la défense et les finances. En élisant Ellen Johnson-Sirleaf, le Libéria est devenu le premier pays africain à élire une femme au poste de chef d’État.

Les progrès sont évidents, notamment dans les pays dotés de systèmes électoraux entièrement ou en partie proportionnels. Dans les pays dotés de scrutins majoritaires de liste à un tour, l’évolution est plus compliquée. Cependant, la présence accrue des femmes dans les cercles du pouvoir favorise-t-elle davantage l’égalité ? Si les statistiques sont flatteuses dans certains cas, tout n’est pas rose pour autant.

Au cours des 20 dernières années, les mouvements de femmes en Afrique ont modifié leurs objectifs et stratégies ; passant de la priorité accordée au développement des capacités des femmes comme moyen d’accéder aux ressources à la priorité accordée à la prise de décisions par les femmes comme moyen de contrôler ces ressources. Ce passage a été rendu possible par les réels progrès suscités par les politiques de renforcement des capacités.

Éducation, pauvreté, santé

Les progrès sont les plus manifestes dans l’éducation des femmes du continent. Les taux d’inscription dans l’enseignement primaire sont à présent identiques pour les filles et les garçons. L’écart diminue dans l’enseignement secondaire. Le défi se situe au niveau des études supérieures.

Les progrès réalisés par les femmes pour sortir de la pauvreté sont toutefois plus difficiles à mesurer. Depuis l’indépendance les investissements dans le microcrédit et les petites entreprises ont permis d’améliorer l’existence des femmes et de leurs familles. Les femmes africaines s’étant montrées dignes de la confiance des prêteurs, le microcrédit leur est désormais accordé non seulement par les organismes de développement et de micro-financement, mais aussi par les institutions financières commerciales.

Pourtant les investissements de cette nature ont fait l’objet de critiques, surtout dans les années 1980, lorsque les gouvernements se sont retirés des domaines sociaux après l’adoption de politiques d’ajustement structurel. La fin de cette période a vu l’émergence de la budgétisation favorisant l’égalité des sexes, dont la principale priorité a été d’assurer que les subventions et dépenses publiques contribuaient à renforcer la situation économique des femmes. Cette approche a incité les gouvernements africains à investir à nouveau dans les services sociaux.

Les pays d’Afrique ont convenu d’investir de 15% de leurs budgets dans le domaine de la santé. Pour les mouvements de femmes, l’augmentation devrait toucher la santé procréative et sexuelle et les droits de la femme. Ces domaines constituent un sujet de préoccupation particulièrement sensible pour les femmes en raison de l’impact du VIH/sida, de la mortalité maternelle et de la violence envers les femmes, notamment dans les zones de combat. Le fait que les femmes du continent ne peuvent toujours pas faire de choix en matière de procréation et de sexualité est une source de grande inquiétude.

Scénario du futur

Que faire des 50 prochaines années ? Forts de l’expérience acquise, les mouvements de femmes africaines s’intéresseront non seulement à la représentation politique, mais aussi à ce que cette dernière signifie pour la progression de l’égalité des sexes et des droits des femmes. Ils s’intéresseront également à la démocratie, à la paix et la sécurité, c’est-à-dire à la nature même du système politique plutôt qu’aux seuls moyens de l’intégrer.

D’un point de vue économique, les femmes continueront de porter leur attention sur les activités macroéconomiques, mais de manière plus approfondie. Les efforts de budgétisation tenant compte des différences entre hommes et femmes ont permis de se rendre compte de la nécessité d’examiner les dépenses budgétaires de manière détaillée. Il importe également d’accorder une attention prioritaire aux cadres macroéconomiques des politiques budgétaires et monétaires. Enfin, les mouvements de femmes s’intéresseront davantage aux questions de santé et de droits en matière de procréation et de sexualité. La lutte pour la liberté de choisir (notamment en ce qui concerne l’identité sexuelle et l’orientation sexuelle) est à présent entamée dans de nombreux pays africains.

La résurgence de courants politiques conservateurs (ethnique et religieux) attise les polémiques sur le continent. Ce phénomène est dangereux pour les femmes. Il a une grave incidence sur leur autonomie, leur liberté de choix et leur intégrité physique. Raison pour laquelle ils doivent être combattus. La longue marche des femmes africaines vers la liberté ne fait que commencer.

August

Une bibliothèque africaine à Berlin
Quelque 2010 ouvrages, films et CDs attendent le public
La capitale allemande a sa bibliothèque africaine. Depuis mi-août, 2010 livres, CDs et DVDs dédiés au continent sont à la disposition des lecteurs et autres curieux des cultures africaines.

Le nombre des Africains et Afro-Allemands résidant à Berlin augmente, surtout dans le quartier Wedding qui est devenu la « Klein-Afrika » (Petite Afrique). Mais, malgré cela, la culture du continent est mal connue et souvent limitée à la musique et la danse. Le Camerounais Hervé Tcheumeleu, éditeur du magazine africain Lonam et instigateur de la bibliothèque africaine, explique : « Jusqu’à aujourd’hui, en Allemagne, il était difficile de se procurer un roman écrit par un auteur africain. Les livres connus sur l´Afrique sont écrits par des auteurs européens. Et, certains ne ressassent que des clichés. De nos jours, il n’y a aucune bibliothèque spécialisée sur l´Afrique, mis à part les bibliothèques universitaires réservées à un public restreint. Avec notre bibliothèque, nous voulons faire sortir de l’ombre les auteurs africains et leurs œuvres. Nous voulons dire que si l´Afrique est reconnue pour sa musique et sa danse, elle l’est aussi pour ses écrivains ! ».

Pour promouvoir la culture africaine, des livres, des ouvrages sur le continent, des journaux et des magazines ont été mis à la disposition du lecteur. Les livres peuvent être lus sur place ou empruntés pour une durée de quatre semaines. Des rencontres littéraires sont également prévues. Outre des CDs de musique, sont présents également des films qui témoignent de l’industrie cinématographique florissante en Afrique. Si la majorité de ces œuvres a été achetée depuis le lancement du projet, il y quatre mois, certains des abonnés de Lonam ont offert des livres à la bibliothèque. Au total, celle-ci compte désormais 2010 ouvrages et autres médias.

2010 : une année charnière

Un nombre qui n’a pas été choisi au hasard. « 2010 fait allusion à l’année 2010 qui a été importante pour le continent. Beaucoup de pays africains ont fêté le cinquantenaire de leur indépendance et pour la première fois le Mondial de football s’est déroulé sur le sol africain », souligne l’éditeur.

L’idée d’ouvrir une telle bibliothèque africaine, officiellement nommée « Afrika Medien Zentrum e.V. », (centre des médias africains) remonte à 2005. Faute de moyens, il aura fallu cinq ans à Hervé Tcheumeleu pour réaliser son rêve. C’est grâce à l´aide de l´Union Européenne et de l´Etat allemand qu’il a réussi à mettre en place cette bibliothèque consacrée à l’Afrique. « Nous avons eu une petite aide financière dans le cadre du programme “Zukunftsinitiative Stadtteil” (une initiative pour l’avenir des quartiers de la ville) ».

 

France : deux amendements sur la déchéance de nationalité remis au gouvernement
Plusieurs juristes jugent cette loi inapplicable
 
Brice Hortefeux a remis mercredi au gouvernement deux amendements destinés à déchoir de leur nationalité des Français naturalisés et condamnés. Le premier concerne notamment les faits de polygamie, le second les atteintes à la vie d’un policier ou d’un gendarme. Pour les spécialistes, ces amendements semblent inapplicables.

Après les annonces, les actes : députés et ministres s’emploient à trouver des moyens d’inscrire dans la loi la possibilité, souhaitée par Nicolas Sarkozy, de déchoir de la nationalité française une personne "d’origine étrangère" coupable de polygamie ou d’une agression sur un dépositaire de l’autorité publique.

En bon élève, Brice Hortefeux a déjà apporté ses propositions. Selon Libération, le ministre de l’Intérieur a remis mercredi dernier au gouvernement deux amendements destinés à concrétiser les annonces présidentielles. Le premier texte crée un "délit de polygamie de fait/escroquerie/abus de faiblesse". Il détaille ainsi : "le fait, pour une personne engagée dans les liens du mariage, de tirer profit ou de partager le produit, de manière habituelle, de prestations sociales indûment perçues par un tiers avec lequel il a contracté une union de fait", rapporte Libération. La peine maximum serait de 7 ans de prison, 100 000 euros d’amende et la déchéance de la nationalité.

Le second texte permettrait de déchoir de leur nationalité les étrangers naturalisés depuis moins de dix ans, et condamnés à "une peine d’au moins cinq années d’emprisonnement" pour "acte qualifié de crime ou délit" visant une personne dépositaire de l’autorité publique. C’est ce que Nicolas Sarkozy avait annoncé lors du discours controversé de Grenoble, fin juillet. Mais l’amendement va plus loin : il propose que les atteintes à la vie des sapeurs-pompiers, gardiens assermentés d’immeubles, jurés, avocats, ainsi que de "leur conjoint, leurs ascendants, leurs descendants" entraînent également la déchéance de la nationalité.

Ces dispositions ne sont pas applicables si la personne déchue de la nationalité devient apatride, et requièrent l’agrément du Conseil d’État. Le site d’information Rue89 rappelle également que la France est signataire, sans l’avoir ratifiée, de la convention européenne de la nationalité de 1997, qui stipule que "nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité", sauf en cas de "comportement portant un préjudice grave aux intérêts essentiels de l’État". En clair, on ne peut prononcer de déchéance pour des cas de droit pénal général.

Une proposition anticonstitutionnelle ?

La proposition de Brice Hortefeux a ainsi été jugée "inconstitutionnelle" par plusieurs juristes confirmés. « La République assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine » avait déclaré le 3 août aux Echos, l’ancien garde des Sceaux Robert Badinter suites aux déclarations de Nicolas Sarkozy à Grenoble. En effet, l’article 1 de la Constitution française définit la France comme une "République indivisible, laïque, démocratique et sociale", qui "assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion".

Pourtant, la loi française fait déjà un distinguo concernant les cibles de la déchéance de nationalité. L’article 25 du code civil précise quatre cas où la déchéance est possible, uniquement si la personne a acquis la nationalité française depuis moins de dix ans : un Français peut se voir déchu de sa nationalité en cas de condamnation pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation" ou pour terrorisme ou s’il s’est livré "au profit d’un État étranger à des actes incompatibles avec la qualité de Français et préjudiciable aux intérêts de la France". Une personne naturalisée peut également perdre sa nationalité française si elle a été acquise par "mensonge ou par fraude".

Les amendements proposés par Brice Hortefeux seront donc discutés dans les prochains jours, avant d’être éventuellement intégrés au projet de loi sur l’immigration qui doit être examiné par le parlement à partir du 27 septembre.

Finalement, si elle est votée, la loi sera destinée à régler le cas de Français qui ont acquis la nationalité par mariage qui auraient tué ou blessé un policier, un gendarme ou un autre dépositaire de l’autorité publique, et qui possèdent également une autre nationalité. Une situation qui ne devrait concerner que de rares personnes. La polémique de l’été pourrait donc déboucher sur une loi bien minime. En attendant, elle aura tout de même réussi à masquer les troubles parallèles du gouvernement français, notamment l’affaire Woerth.

 

 

UN FILM DOCUMENTAIRE ET DEUX COMPILATIONS : Le menu des 25 ans de carrière de Baba Maal

En plus d'un documentaire intitulé « The blues of the Rivers» qui sera produit à l'occasion de la célébration de ses 25 ans de présence sur la scène musicale, le 23 octobre prochain, le lead vocal du Daandé Lenol, Baba Maal va mettre sur le marché deux compilations alliant le traditionnel au modernisme.

UN FILM DOCUMENTAIRE ET DEUX COMPILATIONS : Le menu des 25 ans de carrière de Baba Maal
25 ans de carrière, ça se fête ! Et pas de n'importe quelle manière. Ainsi, pour marquer un demi-siècle de carrière musicale, le lead vocal du Daandé Lenol va mettre les petits plats dans les grands. Prévu pour le 23 octobre prochain au Sénégal et à travers le monde, ce 25e anniversaire va être une occasion pour l'artiste de marquer d'une Pierre blanche un quart de siècle de musiques d'engagement aux côtés de la population pour la promotion de l'intégration et du développement.

Ainsi, pour ce demi-siècle de présence sur la scène musicale, il sera produit un documentaire sur les traces de Baba Maal et de Mansour Seck. Intitulé «The Blues of the Rivers», d'après le compte rendu tenu à l'occasion de la réunion tenue pour décliner les axes majeurs de la célébration des 25 ans du Daandé Lenol, le projet est réalisé avec plusieurs partenaires. «Notamment le producteur Chris Blackwell d'Island Records et Bluemountain», lit-on dans le compte rendu. Cette production verra aussi la participation de plusieurs autres sommités de la musique qui ont participé dans l'œuvre que Baba Maal va sortir en différentes versions dont un coffret de Dvd et des Cd, mais aussi un livre et en photos durant les festivités du 25e anniversaire du Lenol.

En plus du documentaire, il est prévu la sortie de deux compilations allant du traditionnel au moderne. «Une façon de mettre au goût du jour d’anciens succès de sa discographie», précise le compte-rendu de la réunion tenue par le staff de Baba Maal.

L'autre activité-phare de la célébration de ces 25 ans de l'anniversaire du Daande Lenol créé en 1985, c'est l'organisation d'une tournée internationale qui va démarrer par un périple africain. Cette étape va cibler particulièrement le public africain et les ressortissants sénégalais au Congo, au Gabon, au Mali, en Guinée, en Côte d’Ivoire et en Mauritanie. Le lancement de ce périple est prévu le 23 octobre prochain, la date même de la célébration et se poursuivra, après le Festival mondial des Arts Négres, en France et aux Etats-Unis.

En outre, le lead vocal du Daandé Lenol a indiqué que le vécu de son groupe durant ce quart de siècle va être mis en contribution pour la réussite du festival Mondial des Arts Nègres. Et pour mieux le justifier, son festival «Les Blues du fleuve» organisé depuis 2006 sur les bords du fleuve Sénégal va être délocalisé dans le cadre de cet événement majeur de la culture noire.
 

 

RDC : des victimes des viols collectifs de Luvungi racontent leur calvaire
La localité était sous occupation des rebelles hutus FDLR et Maï-maï
Début aôut, près de 180 personnes ont été violées à Luvungi, au Nord Kivu, en République démocratique du Congo (RDC). Le gouvernement et la mission des Nations Unies ont ouvert une enquête. Témoignages de deux victimes : Espé, 20 ans, et Mizuta, 19 ans.

Le gouvernement de Kinsahsa et la mission des Nations-Unies ont ouvert chacun une enquête sur les viols collectifs survenus au début du mois dans la localité de Luvungi, au Nord Kivu. Près de 180 personnes ont été violées pendant quatre jours alors que la localité était sous occupation des insurgés FDLR et des miliciens maï-maï alliés. Les rebelles hutus FDLR ont nié toute implication dans cette affaire.

Fatouma Kalala a pu recueillir le témoignage de quelques victimes qu’elle a jointes à Luvungi.

Témoignage d’Espé :

« Mon nom est Espé, je suis de Luvungi. Je n’ai pas de bonnes nouvelles. Ces événements qui se sont passés… Jusqu’à présent, d’autres cas s’ajoutent encore. Nous allions au champ lorsque nous avions rencontré nos assaillants dans la forêt. Ils nous ont violées ; certains avaient des armes et d’autres, pas, mais tous nous ont violées.

Moi, j’étais dans le champ quant tout cela est arrivé. Ils m’ont demandé d’où j’étais, et je leur ai répondu que j’étais de Luvungi et que j’étais à la recherche du manioc. C’est en ce moment qu’ils m’ont pris à trois. Ils m’ont attaché avec une corde, puis m’ont violée, explique Espé, 20 ans.

Actuellement, il y a une association, ADPA, qui nous prend en charge, nous procure des vivres, des vêtements et aussi des médicaments. Je suis âgée de 20 ans et je me sens vraiment très mal. »

Témoignage de Mizuta :

« Mon nom est Kizuta ; tout ceci s’est passé au septième mois de cette année. C’était en pleine journée. Nous avions remarqué la présence des rebelles alors au retour de nos activités quotidiennes. Il y a certains que nous avions facilement reconnus comme étant des rebelles, mais nous avons peur de dire qui ils sont.

Lors de cette rencontre, ils nous ont arrêtées ; nous avons discuté avec eux… toute une histoire. Certains parlaient kirundi et nous ne comprenions pas ce qu’ils disaient. Nous étions très nombreuses dans le village de Mirunga.

Je suis âgée de 19 ans et je suis encore élève. »

 

Etats-Unis : l’islam diabolisé
A l’approche du 11 septembre, les appels à brûler le Coran et à boycotter la mosquée du « Ground Zero » se multiplient
 
Les tensions s’intensifient aux Etats-Unis. Avec la polémique autour de la construction d’une mosquée près de Ground Zero et l’appel à brûler le Coran lancé par le pasteur Terry Jones, l’Amérique découvre les limites de la liberté de religion, garantie par sa Constitution. Dix ans près les attentats du World Trade Center, la confusion entre terrorisme et islam est plus que jamais présente.

Les dix ans des attentats du 11 septembre 2001 promettent d’être agités. Entre les opposants à la construction de la mosquée près de « Ground Zero » [1] et les partisans de Terry Jones, un pasteur américain décidé à brûler le Coran, les Etats Unis vacillent. Une agitation qui met le président américain dans une mauvaise passe. A l’initiative d’un plan d’installation, le centre culturel musulman - avec une mosquée - sur un terrain privé, Barack Obama est boudé par le peuple américain. Il a beau invoquer la liberté de culte garantie par la Constitution et être soutenu par le maire de New York et le Conseil municipal, rien n’y fait. Plus de la moitié (61%, ndlr) de la population désapprouve son projet. Pour eux, l’islam reste le seul responsable de ces attentats.

Ces amalgames entre le terrorisme et la religion représentent une aubaine pour l’opposition puritaine qui s’est engouffrée dans la brèche. Sous son impulsion, les manifestations se sont multipliées devant le « Ground Zero » donnant lieu à des débordements. Dimanche dernier, lors d’un rassemblement contre la construction de la mosquée, un Afro-Américain s’est fait insulter. Le jeune homme, pris par erreur pour un musulman, a été traité de « lâche ». Il a été emmené par les organisateurs sous les huées de la foule qui scandait : « Non à la Mosquée » et « Mohammed (nom du prophète) est un porc ! ».

A coups de pancartes, les partisans criaient leur haine envers cette religion. Ainsi pouvait-on lire lors de cette marche de protestation : « N’oubliez jamais le 11 septembre, et ne permettez pas à l’islam de marquer d’une mosquée sa victoire », ou encore : « Vous pourrez construire votre mosquée à « Ground Zero » lorsque nous pourrons construire une synagogue à La Mecque ». Les drapeaux américains et les haut-parleurs diffusant « Born in the USA » de Bruce Springsteen étaient aussi de la partie. Et, petit détail de bon goût, des écriteaux portant l’inscription « Sharia » (loi islamique) en lettres rouges dégoulinantes étaient distribués à la foule.

Journée internationale pour brûler le Coran

Des propos islamophobes repris en chœur par les adeptes de Terry Jones. Rattaché à l’église baptiste de Floride, Dove World Outreach Center, ce pasteur invite les Américains à brûler le 11 septembre prochain des exemplaires du Coran à Gainesville, à quelque 500 km au nord-ouest de Miami.

Il souhaite entraîner dans son sillon d’autres centres religieux pour se souvenir des victimes des attentats. « L’islam appartient au diable et ses milliards de croyants iront en enfer. C’est une religion basée sur le mensonge. C’est une religion violente, ceci a été prouvée », fulmine-t-il, dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN. Plusieurs groupes Facebook se sont formés pour s’opposer à l’action du pasteur.

Cette escalade de la violence tend à devenir monnaie courante aux Etats-Unis. Une enquête du magazine américain Time, parue le 19 août, révèle que 46% des Américains interrogés estiment que l’islam, plus que toute autre religion, est susceptible d’encourager la violence envers ceux qui ne partagent pas cette foi. Un chiffre qui en dit long sur la société américaine actuelle.

 

La Guinée ne doit pas échouer de si près... !!!
Suspens autour du deuxième tour des présidentielles

Prévu pour le 19 septembre 2010, le deuxième tour des présidentielles en guinée s’annonce encore plus palpitant que le premier, si au départ 24 candidats étaient sur la liste, ce second tour mettra respectivement au prise l’ancien premier : Mr Diallo Cellou Dalein(Union de Forces Démocratiques de guinée, UFDG), et son challenger, l’opposant éternel le professeur Condé Alpha (Rassemblement du Peuple de Guinée,RPG).

Aujourd’hui, le climat est électrique entre les deux camps , les partis, perdants du premier scrutin se sont regroupés autour des deux derniers partis vainqueurs pour une victoire finale.

A les voir s’agiter dans leurs camps respectifs sur « l’arène guinéenne » ! On a l’ impression d’assister au combat des titans, ou` le perdant va mourir et le vainqueur porté a` « l’’hôtel des Olympes » pour y être immortalisé. Mais non !

Ce peuple qui assistera au combat est-il aussi conscient de toutes les difficultés endurées pendant une demi siècle pour éviter d’hypothéquer son avenir ,en réduisant simplement et purement un candidat à une ethnie ? Pourtant,la guinée n’est pas un pays en guerre civile, ou pis n’a pas été plongé dans une de ces guerres de rapine qui ravage l’Afrique.

Mais un pays ou la misère et la désolation cohabitent : le pays est sous perfusion…. Encore faudra-t-il éviter les errements du passé : la recherche perpétuelle d’un ou des boucs émissaires endogènes et exogènes, voire allogènes pour justifier encore le retard de ce pays de 10 millions d’habitants..

Plus grave, le folklore ethnique interdit de faire face à l’adversité consensuelle de l’ un ou de l’ autre camp pour que ce pays ’’singulier’’ réapprend à vivre décemment comme ces voisins qui lui ont emboitées le pas à l’avènement des indépendances.

Qu’ est ce qui se passera encore si elle rate ce rendez vous historique du 19 septembre 2010 après celui de 1958 ?

La célébration dans un climat de morosité, les cinquantenaires de son indépendance en 2008 démontrait déjà toute la fragilité d’ un pays exsangue et l’ échec de tout le système jusque-là mis en place.

Couvée en 2005, la guinée a traversé une succession de crise politique, économique, et sociale – notamment les tensions internes au sein des différents gouvernements successifs, entre l’ opposition et les forces vives, le blocage du dialogue social et économique, l’ aggravation des déséquilibres macro-économiques et financiers, mais surtout la dégradation de la vie de ses populations.

Déjà sur la sellette de la communauté internationale, c’est la crise du 28 septembre 2009 au stade du même nom ,qui fera déborder le vase, entrainant des pertes en vies humaines et une grave atteinte aux droits de l’homme.

La guinée de Camara Dadis sera vivement sanctionnée et interdite au sein des instances et activités de toutes les organisations internationales( CEDEAO,UA,UE,ACP, et les institutions de Bretton Woods), à cela s’ajoute une sanction ciblée de certains membres de ce gouvernement et les personnes proches du pouvoir de l’époque.

Dans ce contexte hardi ! Ce pays qui nous avais habitués à ces genres de scénarios,le temps était grave ! il fallait trouver une solution de sorti de crise.

Ainsi le 15 janvier 2010 dans la capitale Burkinabé, sous la houlette du médiateur Blaise Compaoré, ’’les accords de Ouagadougou’’ sont signés . L’ accent est mis sur la tenue rapide des élections présidentielles libres,transparentes,et crédibles. Même si une période transitoire doit être observé pour mettre en place les organes qui l’ accompagnent (conseil national de transition, conseil national de communication, conseil économique et social, cour des comptes et la cour suprême).

A ce jour, un groupe international de contact pour la guinée(GICG), sorte de ’’parrain’’ auprès de la communauté internationale a vu le jour – briser l’ isolement dont la guinée fait l’ objet depuis 2005, et entamer avec les autorités de ce pays une offensive diplomatique en direction des partenaires au développement.

Faut il rappeler que ce pays est fortement dépendant de l’aide et des subventions de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux.

La primauté a été de réorganiser les forces de défense et de sécurités qui commencent à prendre goût aux délices du pouvoir depuis un 3 avril 1984 – pour leur assigner leur mission première : garantir la paix et la défense des institutions.

Ce marketing diplomatique , cher à la communauté internationale,a permis à la Guinée jusqu’à nos jours de bénéficier les bonnes grâces de ses partenaires au développement :

- D’abord la levée des mesures conservatoires des programmes et projets du 9ieme FED et les précédents autres ,ainsi que leurs contributions financières au budget des élections présidentielles. Ce sont des signes positifs qui démontrent que ce pays est de retour sur la scène internationale.

Le premier tour de l’élection du 27 juin passé ,a été salué par la communauté internationale, même si il y a eu des imperfections, l’espoir est permis pour les millions de guinéens de sortir ce « géant géologique aux pieds d’argiles » dans l’ impasse.

Le 19 septembre 2010, la guinée sonnera t- elle le glas de son passé médiocre, de Sekou Touré à Lansana Conté – cinquante deux ans d’histoire sombre avec ses corollaires de souffrances -

Serait- elle possible de ne plus répéter cette partie de l’histoire du pays ? avec le premier président civil démocratiquement élu ?

Ce serait une catastrophe si ce « pays essoufflé » échoue de si près, certes ! sa singularité en fera encore d’elle une exception.

Il n’y a pas de « terre maudite » ou d’« iles maudites », de malédiction de l’homme noir.

 

Et le pays africain où il fait le mieux vivre est… la Tunisie
Selon une étude de Newsweek, la Tunisie est classée 65ème meilleur pays mondial
La Tunisie sacrée meilleur pays africain. L’hebdomadaire américain a publié le 16 août dernier un rapport sur les meilleurs états du monde. Les enquêteurs ont pris en considération dans l’ordre : l’éducation, la santé, la qualité de vie, le dynamisme économique et enfin l’environnement politique de 100 pays.

Le « meilleur pays » d’Afrique serait la Tunisie. Avec une note de 58,9 sur 100, le pays apparaît au 65ème rang mondial du classement effectué par l’hebdomadaire américain Newsweek. S’agissant des divers scores, la Tunisie est la mieux classée dans le secteur de la santé : 42e, pour un score de 75,85 avec une espérance de vie de 66 ans (le meilleur score dans ce domaine étant de 100 pour le Japon). Au classement général, la République tunisienne précède le Maroc (67e), Égypte (74e), l’Afrique du Sud (82e), l’Algérie (85e), le Ghana (86e) et le Kenya (87e). Parmi les onze dernières places, dix états africains : Madagascar, le Sénégal, la Tanzanie, l’Éthiopie, le Mozambique, l’Ouganda, la Zambie, le Cameroun, le Nigeria et enfin le Burkina Faso.

Pour la première fois, Newsweek affirme que son enquête, publiée la semaine dernière, est la plus complète jamais réalisée. Le magazine américain explique qu’il a utilisé et recoupé de nombreux chiffres macro et micro-économiques pour réaliser son classement en se basant sur cinq aspects jugés primordiaux : la qualité de vie (qui intègre la richesse et les jours de repos), le dynamisme économique (qui mêle à la fois la croissance économique en elle-même et le nombre de gens vivant sous le seuil de pauvreté), l’éducation, la santé (qui allie la qualité intrinsèque des soins, leur accès et leur coût) et l’environnement politique.

Pour cette enquête spéciale, Newsweek a effectué un travail de plusieurs mois. L’hebdomadaire a reçu l’aide d’un conseil consultatif composé, entre autres, du prix Nobel d’économie Joseph E. Stiglitz, de la directrice de l’Institut de l’Université McGill pour la santé et la politique sociale Jody Heymann, ou encore de Geng Xiao économiste spécialiste de l’Asie de l’Est.

Ces petits pays qui montent

Les auteurs de l’enquête soulignent que les petits pays ont des conditions de vie meilleures. « Si on ne peut nier la vitalité de géants émergents comme la Chine, le Brésil ou la Turquie, ceux-ci sont souvent devancés par les petites nations comme la Slovénie ou l’Estonie, simplement parce qu’il leur faut moins d’effort pour améliorer leur niveau global de bien-être », lit-on dans la présentation de cette enquête.

Enfin, les concepteurs de cette étude signalent qu’il ne s’agit là que d’un simple travail d’information qui n’a pas de visées politiques ou idéologiques. « Cet exercice (enquête) a surtout renforcé l’idée qu’il n’y a pas de modèle unique de réussite nationale », ont pris la précaution de mentionner les auteurs dans la note de présentation.

 

Abdoulaye Wade pouvait-il se présenter à la présidentielle de 2012 ?
La presse sénégalaise mène l’enquête
Au Sénégal, on ressort les vieux dossiers. Depuis le début de la semaine, les quotidiens se penchent sur une déclaration du président Abdoulaye Wade qui avait affirmé en 2007 qu’il était « impossible » pour lui de se représenter car il avait « bloqué le nombre de mandats à deux ». Pourtant, le chef de l’Etat avait annoncé en 2009 qu’il serait candidat aux élections de 2012.

Depuis lundi, une polémique fait rage au Sénégal. Plusieurs quotidiens dakarois remettent en cause la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de 2012. Le site d’informations, Sud Quotidien, n’a pas hésité à fouiller dans ses archives pour ressortir une interview datant de 2007 où le chef d’Etat dit ne pas pouvoir se présenter aux élections. « J’ai bloqué le nombre de mandat à deux », expliquait à cette époque Abdoulaye Wade lors d’une conférence de presse. Le quotidien Le Populaire, cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS), lui emboîte le pas et titre : « Je ne peux pas me présenter parce que la Constitution me l’interdit ». Des paroles qu’aurait prononcées le président. Pour le journal, « les responsables de la mouvance présidentielle, à l’image du Premier ministre Me Souleymane Ndéné Ndiaye (…) qui défendent la recevabilité de la candidature de Me Wade en 2012, ont tout faux ».

Le Quotidien accorde lui aussi une large place au sujet. Il critique le président qui « semble aujourd’hui pris dans le piège de ses déclarations et des actes qu’il avait naguère posés par rapport à son mandat et à sa succession ». Une vision différente de celle du président de la Commission des lois à l’Assemblée dans les colonnes de L’Office, cité par l’APS. « Wade a piégé l’opposition depuis 2008 », déclare Abdoulaye Babou. Selon lui, « les constitutionnalistes sénégalais qui arguent, à tort et à travers, que la Constitution empêche le président de pourvoir à sa propre succession en 2012, n’émettent que des opinions politiques, car la loi est claire et sans ambiguïté à ce propos ».

Le sauveur d’Abdoulaye Wade

Le chef de l’Etat devra compter pour se sortir de cette mauvaise passe sur l’aide de Cheikh Tidiane Diakhaté. L’ancien président de la Cour d’appel, favorable à Abdoulaye Wade, a été nommé à la tête du Conseil constitutionnel. Il pourrait à ce titre être amené à se prononcer sur la légalité d’un troisième mandat du président. Une nouvelle qui indigne le Parti socialiste (PS). Dans un communiqué publié samedi, il dénonce la « grave lacune » que constitue la nomination d’un nouveau président du Conseil constitutionnel. « Si l’objectif est de mettre l’homme qu’il faut à la place qu’il faut, il y a lieu de s’étonner de cette grave lacune qui, à elle seule déjà, est grosse d’hypothèque sur la garantie d’une bonne administration de la justice », écrit le PS.

Le président sénégalais avait annoncé en septembre 2009 sa candidature à la présidentielle de 2012 en vue d’un troisième mandat. Une décision contestée par l’opposition qui estime qu’Abdoulaye Wade ne doit plus se représenter après ses deux mandats légaux, 2000-2007 et 2007-2012. Mais pour le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir), le décompte doit se faire à partir de 2007, date d’entrée en vigueur du quinquennat, et non en 2000.

 

Serigne Abdoul Aziz Sy Dabbâkh : itinéraire et enseignements » , Mémoires d’un soufi et régulateur social

Le Pr Abdoul Aziz Kébé a présenté au public, hier au Warc, son livre intitulé : « Serigne Abdoul Aziz Sy Dabbâkh : Itinéraire et enseignements ». L’ouvrage est édité par l’Harmattan Sénégal. Il s’agit d’une œuvre de 227 pages consacrées à la vie, l’œuvre et au parcours exceptionnel d’un érudit de Dieu, avec des illustrations photos.

 
Les grands hommes ne meurent jamais. Ils survivent toujours à travers leurs bienfaits légués à la postérité. Le Pr Abdoul Aziz Kébé vient d’immortaliser un pan non négligeable du vaste et riche héritage du deuxième Khalif général de Maodo Malick Sy.

Les porales s’envolent, dit-on, mais les écrits demeurent. Affectueusement appelé Mame Abdou, il a été un modèle accompli du disciple de la tijânia, consumé par l’amour du Prophète et tendu vers la proximité avec Dieu par le biais de l’élégance morale au sein des hommes. Enseignant-chercheur au département d’arabe de l’Université de Dakar et responsable du laboratoire Islam, sociétés et mutations de l’école doctorale « Etudes sur l’homme et la société (Ethos) », le Pr Abdoul Aziz Kébé a porté son regard d’expert sur l’œuvre d’un personnage qui n’a jamais rien fait d’ordinaire, même s’il ne s’est jamais aventuré dans l’extraordinaire.

En effet, précise l’auteur : « La motivation essentielle pour cette œuvre a été l’amour. L’amour des sénégalais et sénégalaises, dont moi-même, à l’endroit de ce parangon de la paix et de l’harmonie des cœurs. L’amour et rien d’autre ».

L’amour lui a permis de présenter à travers cet ouvrage le « régulateur social hors pair » dans toute sa dimension spirituelle qui constitue, plus que jamais, un bréviaire pour les générations montantes. Le message du Saint de Diacksao (lieu de naissance de Mame Abdou) est intemporel. N’est ce pas lui qui disait que la « diversité des minarets n’altère pas l’unicité du message d’Allah » ? En présentant son ouvrage, le Pr Kébé a soutenu que Mame Abdou fut un grand homme qui a marqué le Sénégal par son enseignement sur le plan religieux, spirituel et politique. Il a assaini les mœurs politiques avec la mise en place des institutions de régulation, des facteurs de dialogue entre les différents partis politiques du pays. « C’est pourquoi, a-t-il poursuivit, je dis qu’il a été la diagonale qui relie deux points qui semblent être opposés, alors que justement, il a une possibilité de rencontre entre ces deux points par une ligne diagonale ». L’auteur n’a pas voulu présenter seulement El hadji Abdoul Aziz Sy comme un homme politique même s’il est convaincu que ce dernier est un homme politique, dans le sens où il s’est toujours intéressé à ce qui pouvait assurer la sécurité, l’équilibre et l’entente dans la société sénégalaise. Toujours est-il que tous les Sénégalais savaient cette dimension politique du sage de Diacksao.

En outre, l’intérêt de l’auteur réside ailleurs : la dimension spirituelle de Mame Abdou et surtout ce qui l’a fasciné jusqu’à ce qu’il allie admirablement sa mission prophétique (si on considère que les érudits sont les héritiers du Prophète) et la conscience citoyenne dont il incarnait durant toute sa vie.

Pour se faire, le Pr Kébé a interrogé d’abord la mort. C’est après le rappel à Dieu de Mame Abdou que l’auteur s’est posé la question suivante en même temps que tous ses concitoyens : « les Sénégalais auront-ils quelqu’un qui prendrait la place de l’illustre disparu ? Est-ce que sa mort est une fin à son œuvre » ? Dès lors, il s’est résolument engagé à revisiter les enseignements de certains soufis. Abdoul Aziz Kébé s’est rendu compte que la mort est plutôt une révélation qu’un anéantissement. En ce qui concerne Mame Abdou, il s’agit d’une révélation dans une nouvelle existence qui constitue une somme d’efforts émanant de sa famille, de ses frères, de son père et de la société sénégalaise.

« Mame Abdou a été le symbole vivant de la dignité à toutes les circonstances. Il pouvait être très familier avec les gens sans être banal. Il a suivi les enseignements de ses ancêtres en se disant que l’homme digne ne vole pas, ne ment pas, ne fait pas du trafic d’influence pour occuper un poste, entre autres ». En plus, le saint homme avait mis la loyauté au cœur de la dignité humaine. Car, la loyauté reste un élément important dans nos amitiés, engagements et compagnonnages. Toutefois, le manque de loyauté entre les hommes délie la société parce que du jour au lendemain, les repères bougent et c’est la décadence. L’auteur a exploré l’autre grande qualité d’El hadji Abdoul Aziz Sy qui était, sans nul doute, la pureté de son cœur d’où l’appellation « dabbâkh » qui signifie « il est bien » en langue wolof. Le cœur est l’organe le plus important de perception des grandes réalités. Il est aussi le siège des sentiments et ressentiments. Mame Abdou était parvenu, avec l’appui d’Allah, à purifier son cœur dans la spiritualité. Car, le manque de loyauté, la jalousie, la méchanceté, la médisance et l’hypocrisie sont, plus que jamais, les fruits d’un cœur impur et malade qu’aucun médecin ne peut guérir. L’auteur a analysé dans l’ouvrage comment Mame Abdou avait porté son attention sur le cœur pour le purifier de façon à ce que cet organe vital puisse être habité par les grandes vertus notamment l’éthique. Il s’y ajoute que le salut de toute société dépend du comportement de ses gouvernants et oulémas. Ils sont les deux ventricules de ce cœur que Mame Abdou s’était toujours battu à purifier. Ainsi, à travers cet ouvrage inédit, le Pr Abdoul Aziz Kébé a le mérite de revivifier le message intemporel d’un érudit de Dieu en l’occurrence, Serigne Abdoul Aziz Sy « Dabbâkh ». Il a ouvert aussi une large fenêtre sur la valeur de la spiritualité des femmes.

 

Souleymane Diouf : « mourir pour dénoncer une injustice »
Le rappeur sénégalais a entamé une grève de la faim pour 45 700 euros réclamés au pouvoir
Depuis le 2 août, Souleymane Diouf ne mange plus et ne boit plus. Il souhaite que pour une fois, le gouvernement se manifeste et lui paye la somme de 45 700 euros pour un disque dédié au président Abdoulaye Wade. En 2007, le rappeur avait pourtant obtenu gain de cause auprès de la justice sénégalaise qui avait exhorté l’Etat à lui payer cette somme. Trois ans après, la situation reste inchangée. Interview d’un acharné.

Nuit et jour, Souleymane Diouf alias « Farah » campe sur la place de l’Indépendance, à Dakar. Les passants intrigués s’arrêtent pour l’encourager. Depuis deux semaines, le rappeur âgé de 39 ans, est en grève de la faim. Il se dit « prêt à mourir » pour obtenir les 45 700 euros que lui doit le Parti démocratique sénégalais (PDS, au pouvoir). Sa voix tremble, il a du mal à s’exprimer. Les mots se font hésitants, lents et douloureux. Malgré son extrême fatigue, Souleymane Diouf ne lâchera pas : « une question d’honneur ». En 2007, la justice sénégalaise lui avait donné raison et avait exhorté l’Etat à lui payer la dite somme, comme convenu, pour un disque dédié au président Abdoulaye Wade. En vain. Le gouvernement est resté sourd à cette demande. Depuis, Souleymane Diouf, marié et père de quatre enfants, se bat pour qu’enfin on l’écoute. Interview.

Afrik.com : Pourquoi avez-vous entamé une grève de la faim ?
Souleymane Diouf :
Je veux qu’on accède à ma demande, qu’on me rende la somme qu’on m’a promis, à savoir 45 700 euros. Au moment de la présidentielle en 2007, j’avais dédié une chanson au président Abdoulaye Wade. Il l’avait écouté et semblait être intéressé. J’ai donc payé des musiciens et il m’a dit qu’il financerait la duplication du disque. (Il cherche son souffle). Voyant qu’il ne le faisait pas, j’ai manifesté sur la voie publique et j’étais emprisonné pendant quinze jours. Quelque temps après, j’ai appris que mon disque avait été piraté et dupliqué à la demande de Farba Senghor, le chargé de la propagande du PDS. Je n’ai jamais reçu l’argent qu’ils avaient fait derrière mon dos. J’ai alors saisi la justice pour qu’ils me payent les 45 700 euros. Le juge m’a donné raison et maintenant, trois ans après, j’attends toujours.

Afrik.com : La justice n’est pas intervenue pour que la situation change…
Souleymane Diouf :
la justice fait ce qu’elle peut. Les forces de l’ordre n’ont jamais été au domicile de Farba Senghor pour procéder à la saisie. Certaines personnes semblent être intouchables.

Afrik.com : Lors d’une interview accordée à l’AFP, le conseiller de communication de Farba Senghor, Yoro Sorr, vous a taxé de « délinquant financier ». Il ajoute que M. Senghor aurait payé plus de 1.524 euros à un producteur sénégalais pour vous aider à dupliquer votre single en 5000 exemplaires mais que contrairement à ce que vous prétendez, ces CD n’ont jamais été utilisés ». Que répondez-vous à cette accusation ?
Souleymane Diouf :
Ce sont des mensonges. Tout est entièrement faux. Ces accusations sont infondées. La justice m’a donné raison. Le débat est clos.

Afrik .com : Jusqu’ou êtes-vous prêt à aller ?
Souleymane Diouf :
(Long silence). Jusqu’à la mort, mourir pour dénoncer une injustice, c’est mon combat aujourd’hui. C’est une question d’honneur. Des amis et les radios ainsi que des gens de la société civile passent me voir, me soutenir. Pour l’instant, de l’autre côté (pouvoir), c’est le silence. Mon avocat a écrit au gouvernement, au ministère de l’Intérieur… Jusque là, il n’a pas obtenu de réponse.

Afrik.com : Que vous disent les personnes qui vous croisent sur la place de l’Indépendance ?
Souleymane Diouf :
Cela dépend des gens. Il y en qui me soutiennent et d’autres qui me disent que le régime va bientôt finir et qui serait préférable pour moi d’arrêter la grève de la faim…

 

Ali Bongo annonce la mort de la Françafrique au Gabon
Le président gabonais promet de diversifier les partenaires de son pays
Affirmant vouloir prendre ses distances dans ses relations avec la France, le président gabonais semble rompre avec l’héritage de son père. A l’issue des festivités de mardi dernier qui accompagnaient la célébration du cinquantenaire de l’indépendance gabonaise, Ali Bongo a déclaré que les « relations exclusives entre le Gabon et la France [faisaient] partie du passé »

« La France a des partenaires, les Etats africains ont aussi des partenaires, ce ne sont pas des relations exclusives. Cela, ça n’existe plus », a déclaré Ali Bongo à l’issue des festivités du cinquantenaire de l’indépendance gabonaise célébré mardi. « Cela ne veut pas dire que nous allons rompre avec d’anciens partenaires, ce qui est important, c’est qu’on puisse développer notre pays », a précisé le président gabonais interrogé sur un possible refroidissement des relations avec la France.

Cette déclaration intervient quelques jours après la signature de près de 3,5 milliards d’euros de contrats avec des multinationales de l’Inde et de Singapour. Les investissements annoncés samedi concernent les infrastructures routières, avec 1000 km de routes, la création d’une zone économique spéciale dédiée à la transformation du bois à Nkok (près de Libreville), des cultures de palme à Mouila, dans la région de Ngounié (centre sud) et à Tchibanga dans la région de Nyanga (sud) ainsi que la construction de 5000 logements sociaux à Libreville.

Ali Bongo a succédé à son père, décédé l’an dernier, et a promis de moderniser et de diversifier l’économie du pays, dont les réserves pétrolières exploitées notamment par le groupe français Total commencent à stagner. Pour certains observateurs, avec cette rupture annoncée des traditionnelles relations franco-gabonaises, le fils serait en train de « tuer » symboliquement le père.

Vers la fin de la Françafrique au Gabon ?

Pendant des décennies, sous la présidence d’Omar Bongo, le Gabon a maintenu des relations très étroites avec l’ancienne puissance coloniale. En effet, le règne sans partage de la famille Bongo est lié au soutien de la France qui avait placé M. Bongo-père au pouvoir en 1967. Jusqu’à sa mort, celui-ci a été l’un des symboles de la « Françafrique », [1]

Même si Ali Bongo peut se targuer de posséder un vaste réseau (depuis 2009, le chef d’état est notamment grand maitre de la franc-maçonnerie au Gabon) lui permettant peut-être de court-circuiter les échanges avec la France, il est clair que dans les faits, les choses changeront difficilement. Même la récente signature de contrats ne prouve pas grand-chose. Omar Bongo lui-même, avait déjà attribué en mai 2008 la concession du gisement de fer de Belinga, à un consortium chinois, au nez et à la barbe de Vincent Bolloré, notoirement proche du président français.

Ainsi, seuls les faits parleront. Les liens entre la France et le Gabon sont plus qu’étroits. Comme l’illustrait Omar Bongo « Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur. La France sans le Gabon, c’est une voiture sans essence ».

 

Diamants de sang : l’aveu du "voleur" de pierres précieuses
Le top-model Naomi Campbell est désormais hors de cause
Jeremy Ratcliffe, le responsable du Fonds d’aide à l’enfance de Nelson Mandela a démissionné mercredi de son poste. Il y a quelques jours, il avait reconnu avoir gardé les diamants remis à Naomi Campbell. Ces pierres précieuses auraient été donné à la mannequin en 1997 par l’ancien président libérien Charles Taylor.

Il était le gardien des diamants offerts à Naomi Campbell par l’ancien dictateur libérien Charles Taylor. Jeremy Ratcliffe, l’ami du top-model et responsable du Fonds d’aide à l’enfance de Nelson Mandela, a avoué mercredi son entière responsabilité dans la disparition des ces pierres précieuses et démissionné de son poste.

Le 5 août dernier, Naomi Campbell avait clairement pointé du doigt Ratcliffe dans le cadre du procès qui s’est tenu au tribunal de la Haye. La mannequin avait reconnu avoir reçu des diamants de la part de Charles Taylor en septembre 1997, en Afrique du sud, et les avoir confié à des fins caritatives au directeur de la fondation Nelson Mandela. « J’ai donné ces pierres à Jeremy. Immédiatement, je suis montée dans le train et je l’ai cherché… J’ai dit ”Prends-les, fais quelque chose de bien avec elles, que ça profite aux enfants, je ne veux pas les garder” ! », explique-t-elle devant le juge en charge du procès contre Charles Taylor pour crimes contre l’humanité. Après avoir nié, Jeremy Ratcliffe se rétracte et avoue le lendemain à la barre : « Trois petits diamants bruts m’ont été remis par Naomi Campbell, dans le petit train bleu le 26 septembre 1997. »

 

Le plus grand musée d’art islamique du Caire rouvre ses portes
Le public va pouvoir redécouvrir près de 12 siècles d’arts islamiques.

Le plus grand musée d’art islamique du monde rouvre ses portes au Caire, après sept ans de travaux. Près de 2500 objets issus des diverses invasions arabes qu’a connu Égypte depuis 12 siècles seront exposés au public dès septembre.

La cérémonie de réouverture du plus grand musée d’art islamique au monde a eu lieu ce samedi au Caire. Le bâtiment rénové a été inauguré par le président égyptien Hosni Moubarak en compagnie de plusieurs de ses ministres. Datant de 1903, ses murs présentaient des fissures à la suite de nombreux tremblements de terre et l’établissement avait dû fermer en 2003. « Notre musée était vieux et risquait de s’effondrer si ses murs n’étaient pas consolidés », a déclaré le directeur général du musée du Caire, Mohammed Abbas Selim. Le musée devrait être accessible au public début septembre.

Environ 10 millions de dollars ont été consacrés à la rénovation de ce bâtiment imposant du centre du Caire, où les trésors du patrimoine islamique, mal étiquetés, étaient autrefois présentés dans des salles aux murs décrépis. Les travaux ont conduit à « un grand changement dans la manière d’exposer les œuvres, de les protéger et de les éclairer », a expliqué le ministre de la Culture, Farouk Hosni. Cette rénovation s’inscrit dans une politique générale de restauration des monuments historiques dans le vieux quartier islamique du Caire.

Le musée islamique du Caire se prévaut d’abriter l’une des plus importantes collections d’art islamique du monde. Parmi les pièces les plus remarquables, il y a une clé incrustée d’or de la Kaaba, l’édifice central de la grande mosquée de la Mecque et le plus ancien dinar islamique connu, datant de l’an 697. Plusieurs manuscrits rares du Coran sont également exposés, ainsi que des tapis persans, des céramiques ottomanes, des vases, des moucharabiehs (persiennes de bois ouvragé devant les fenêtres à travers lesquelles on peut observer sans être vu) et des tissus rares.

Des instruments anciens d’astronomie, d’architecture ou de chimie, témoignant de la très ancienne maîtrise des sciences et des techniques des savants du monde arabe sont également présents en grand nombre.

Ainsi, quelques 25 galeries rénovées accueillent plus de 2 500 objets sur les 100 000 pièces de la collection du musée. D’une grande valeur artistique et historique, la richesse et la diversité des ces œuvres provient des artistes et artisans des dynasties musulmanes – omeyyade, abbasside, fatimide, mamelouk et ottomane – qui ont dominé l’Égypte au fil des différentes invasions arabes depuis le VIIème siècle. Parmi ces objets se trouvent également des pièces venant de Perse, d’Afrique du Nord, d’Andalousie, de Turquie, d’Inde ou de Chine.

Un musée centenaire

L’idée de construire un musée d’art islamique naquit vers 1869. Le musée du Caire avait été conçu à l’origine pour préserver le patrimoine égyptien des pilleurs d’antiquités qui ont écumé le pays au XIXème siècle et au début du XXème.

L’architecte allemand Franz Pacha qui était à l’époque responsable des waqf [1], avait alors rassemblé toutes les pièces anciennes et intéressantes se trouvant dans les monuments de la ville du Caire et dans les ruines de Fostat. Il eut alors l’occasion de recueillir de nombreux objets, précieux témoins des époques fatimide et mamelouke, ainsi que de nombreuses pièces sculptées en bois ou en pierre.

A l’époque, ces quelques 3 000 pièces étaient conservées dans la cour de la Mosquée Al-Hakim. Cependant, ces locaux devinrent vite étroits. C’est vers 1899 que la construction du bâtiment de style néo-arabe, qui allait devenir le Musée d’art islamique débuta, pour finalement être inauguré au cours de l’année 1903.

Longtemps oubliés ou intégrés dans l’archéologie orientale, les arts islamiques connaissent depuis quelques années un regain d’intérêt. Avec le musée de Doha ou encore l’ouverture prochaine du nouveau département d’art islamique du Louvre, l’histoire des Arts de l’Islam commence à acquérir ses lettres de noblesse au même titre que l’égyptologie ou la peinture occidentale.

 

AFFAIRE GLOBAL VOICE : La guerre Sonatel /Artp fait rage

L’arrivée de Global Voice ne finit pas de mettre sur le qui vive les travailleurs de la Sonatel, bras armé de leur direction. Réunis en assemblée générale hier, dans les locaux de Sonatel -Médina, ils ont décidé d’en découdre avec les autorités pour, disent ils, « constituer un mur contre ce mauvais destructeur ».

AFFAIRE GLOBAL VOICE : La guerre Sonatel /Artp fait rage
Pour rien au monde, les travailleurs de la Sonatel ne donneront un avis favorable au projet de Global Voice. En assemblée générale hier dans leurs locaux de la Médina, ils ont encore une fois, montré qu’ils sont contre ce projet qu’ils qualifient de « destructeur et mauvais ». Une assemblée générale qui « a mobilisé tous les salariés de la boite » a indiqué notre source. Ayant reçu durant le week-end des informations selon lesquelles l’Artp devrait effectuer une mission d’étude hier à dix heures à la Sonatel pour voir comment installer les équipements de Global Voice, le syndicat a convoqué une assemblée générale à la Médina.

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils campent sur leur position et ont décidé de « constituer un mur contre ce projet » car, déclare Mamadou Aïdara Diop, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la Sonatel, « il est mauvais, il est destructeur ». D’ailleurs, « les autorités de la Sonatel ont attaqué le décret présidentiel instituant l’arrivée de Global Voice auprès des juridictions compétentes » ajoute t-il.

Pourtant, à un moment donné, la situation semblait être maîtrisée, mais c’était sans compter avec la pugnacité des autorités, Mamadou Aïdara Diop qui ajoute : « au sortir de notre audience avec la chef de l’Etat, nous avions noté un semblant d’apaisement. Nous avions demandé au chef de l’Etat d’organiser ou de faire organiser une concertation entre tous les acteurs du secteur des télécoms (Tigo, Expresso et Orange) et les autres experts qui sont dans le secteur comme les Tics, avec l’Artp pour qu’on expose les problèmes et qu’ensemble, on cherche les solutions qui sécurisent les intérêts du pays ». Mais semble t-il, de concertations il n’yen aura point.

Par ailleurs, selon des sources, l’Agence de régulation des télécommunications et postes (Artp) est décidé à ce que force reste à la loi. Aussi, l’Agence, selon nos informations devrait convoquer dans les heures qui viennent son Conseil de surveillance pour se donner les moyens de faire appliquer le décret présidentiel et pouvoir ainsi permettre à « Global Voice » d’installer son matos et commencer ses opérations. Artp - Global Voice - Sonatel, c’est probablement le feuilleton de l’hivernage. Avec les inondations et les délestages de la Senelec, les vacances seront tout sauf délicieuses.

 

 

SEYDOU GUEYE, PORTE-PAROLE DE L’APR : « La transition politique proposée à Bennoo n’est pas démocratique »

L’Alliance pour la République (Apr) estime que la transition politique proposée par des responsables de Bennoo siggil Senegaal « n’est pas démocratique ». Dans l’entretien qu’il nous a accordé, le porte-parole de l’Apr, Seydou Guèye, réitère les réserves de son parti sur cette proposition. Il revient également sur les raisons qui ont poussé l’Apr à opter pour une candidature plurielle de l’opposition à la présidentielle de 2012.

SEYDOU GUEYE, PORTE-PAROLE DE L’APR : « La transition politique proposée à Bennoo n’est pas démocratique »
Comment se porte l’Alliance pour la République dans l’échiquier politique sénégalais ?

L’Apr est aujourd’hui une réalité politique incontournable, et son président, Macky Sall, est un leader national incontestable. Après un an et demi d’existence, l’implantation et la massification du parti, deux axes stratégique et organisationnel autour desquels nous travaillons sans relâche, nous valent une présence significative dans toutes les communes et communautés rurales du pays. Au quotidien, les comités de base du parti sont montés dans ces zones. Cette dynamique de maillage et de présence forte est également en cours dans les pays d’accueil de la diaspora sénégalaise avec, naturellement, le même succès. Nous le constatons tous les jours, les Sénégalais accordent un intérêt de plus en plus croissant à notre plate-forme qui leur semble le siège d’une nouvelle offre politique crédible, d’une alternative porteuse d’espoir face à la gouvernance actuelle du pays. Sur un autre plan, l’Apr est une composante majeure de Bennoo siggil Senegaal, où nous tenons toute notre place et jouons pleinement notre rôle, avec le souci constant de nous ouvrir aux autres, sans perdre de vue notre identité. Sous ce rapport, nous n’avons jamais manqué d’énoncer avec force et conviction nos positions sur les différentes questions à enjeu dans le cours politique de notre pays. En un mot, au-delà de son apport dans le succès électoral de l’opposition lors des élections locales du 22 mars 2009, l’Apr qui a réussi son entrée dans l’échiquier politique national, confirme jour après jour son ancrage dans l’opposition et travaille résolument à la construction d’une alternative au régime en place.

Votre leader a entamé des tournées à l’intérieur du pays depuis un certain temps. Quel bilan tirez-vous de ces mobilisations ?

D’abord, un bilan extrêmement positif et encourageant. L’accueil des populations dans toutes les localités visitées est toujours très chaleureux. La liesse populaire qui rythme ces tournées est proportionnelle à l’espoir suscité par l’Apr et son leader. En vérité, en visitant le pays village par village, Macky Sall est en train de réussir la fusion avec les populations, qui le comptent incontestablement parmi les hommes politiques qui honorent les valeurs auxquelles elles croient, et avec lesquelles elles souhaiteraient construire un meilleur avenir pour le Sénégal.

Quel discours nouveau apportez-vous ?

Le parler qui réconcilie l’éthique et la politique. Une analyse politique qui refuse les idées simplistes et les idées venues d’ailleurs. Mais au-delà des discours, nous voulons faire advenir un autre mode de présence en politique, structuré autour d’une réconciliation entre politique et éthique, une pratique qui fait de la politique ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être dans notre pays, c’est-à-dire, un engagement au service de la collectivité et une recherche inlassable des meilleures solutions au profit de tous. Notre appel pour la République enjambe les considérations triviales et partisanes, très courantes dans notre pays, mais peu utiles à la prise en charge des préoccupations multiformes des citoyens sénégalais. Il ambitionne d’ouvrir des perspectives nouvelles en mobilisant toutes les compétences et toutes les expériences autour du projet Sénégal. Pour nous, il convient de doter notre pays d’institutions solides et crédibles pour assurer l’équilibre des pouvoirs, une fonction vitale dans une République qui se respecte, d’établir un nouvel ordre de priorité dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques afin que celles-ci résolvent les préoccupations des Sénégalais en promouvant un développement soutenable, plus riche en emplois et en contenu social. A l’heure où l’urgence est de résoudre les nécessités de premier ordre des populations, c’est une gageure que de se glorifier de travaux pour l’embellissement de Dakar au détriment du reste du pays. Même si quelque part, nous pouvons admettre leur utilité, les scandales qui les accompagnent en altèrent l’opportunité et l’acceptabilité sociale.

Pourquoi l’Apr choisit-elle de se démarquer des options politiques du gouvernement alors que votre leader était dans le camp présidentiel en 2007 ?

Pour une raison simple et évidente. L’Apr, en tant que réalité politique postérieure à l’élection présidentielle de février 2007, n’est en rien concernée par les options du candidat Abdoulaye Wade, encore moins par le bilan ou les orientations mises en œuvre par le Premier ministre choisi par le président de la République à l’issue de ces élections. Il est vrai, par ailleurs, que Macky Sall était un militant du Pds, mais l’Apr est composée pour l’essentiel, d’hommes et de femmes venus d’autres horizons et, pour les plus nombreux d’entre eux, ils se sont engagés en politique pour la première fois dans l’Apr, avec la détermination, d’une part, d’apporter une rupture qualitative dans la pratique politique en cours dans notre pays depuis fort longtemps et, d’autre part, faire advenir la transformation sociale qui redonnera au citoyen sénégalais toute sa dignité et à la politique ses lettres de noblesse dans notre pays. Quant au bilan du président Wade depuis 2000, Macky Sall a assumé très clairement sa part de responsabilité, dans le contexte précis de la distribution des pouvoirs telle que la Constitution l’organise au Sénégal, au niveau de l’Exécutif, notamment entre le président de la République et son Premier ministre.

Quel plus votre parti a-t-il apporté dans Bennoo siggil Senegaal ?

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